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Maboul par le Théâtre de la Cavale : du Printemps dans l’Imaginaire !

16 Mar Publié par dans Théâtre | Commentaires


Connaissez-vous la légende du petit oiseau blanc ? On dit qu’à la naissance les enfants sont de petits oiseaux blancs qui en grandissant perdent leurs ailes, tout en conservant le désir d’un impossible envol. Le Théâtre de la Cavale (une des meilleures compagnies de marionnettes, de formes animées, de Midi-Pyrénées avec Créature et le Tara Théâtre) donne des ailes à l’imaginaire de nos chères têtes blondes ; et réveillent en nous, les grands, l’enfant qui sommeille. Avec eux, c’est toujours le Printemps dans l’Imaginaire ! Ce n’est pas un hasard s’ils ont beaucoup tourné, y compris au-delà de nos frontières, et s’ils interviennent depuis plus d’une décennie auprès des enfants hospitalisés avec les merveilleux « Jardins secrets d’Adèle ».

Leur dernière création, Maboul, c’est l’histoire sans queue ni tête d’une petite boule rouge qui roule, saute, tombe, vole et virevolte, au pays des marionnettes ; elle y rencontre un marin-musicien nain (avec un pompon rouge bien sûr), une mouette couveuse et criarde, un pirate-prestidigitateur, un jardinier géant, un arrosoir au long nez enrhumé, un cuisinier italien coquin comme il se doit, une sirène de conte de fées etc. Tout ce joli monde se croise en chansons et bruits divers sur une barque qui deviendra la tête d’un géant. Mais ne déflorons pas davantage, car il s’agit d’une déambulation poétique au Pays de l’Imaginaire où les enfants jamais, oh jamais, ne deviennent des grands ; et il fallait entendre les grands rires heureux dans le théâtre Jules Julien pour réaliser que dans ce jardin merveilleux, dans ce jardin de Poésie (R.L.Stevenson), aucun de leurs instincts ludiques n’est réduit au silence, ni culpabilisés (ce qui inquiète d’ailleurs certaines maitresses). Et comme eux, nous retrouvons le droit de rêver.

Les marionnettes de Pierre Cazalé et Isabelle Paget, manipulées par celle-ci et Jacky Lecannellier, outre qu’elles sont belles, sont vraiment vivantes : il ne leur manquent même pas la parole ! La musique électro-acoustique de Fabrice Guérin, également comédien, nous balade de Bretagne en Afrique en chansons et sons : c’est un excellent viatique.

La petite boule rouge devenue ballon, libérée de sa boite magique par un heureux jeune spectateur, finira par s’envoler à l’air libre et nous la suivrons tous longuement du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans les nuages.

Merci, le Théâtre de la Cavale : avec vous, c’est toujours le printemps ; comme disait Jacques Brel, un enfant, c’est le dernier poète d’un monde qui s’entête à devenir grand.

Et je suis reparti dans ce monde d’adultes en chantonnant cette berceuse écrite pour mes fils Romain et Thibault :

Je suis l’enfance, je suis la joie,

Je vole comme les sauvages oies ;

Je ne suis pas un elfe, li un farfadet,

Mais un enfant qui pour toujours s’est évadé.

Au Pays de l’Imaginaire, les enfants

Jamais, oh jamais, ne deviennent des grands.

Vivement que j’ai des petits enfants pour la leur chanter et les amener aux spectacles du Théâtre de la Cavale !

E.Fabre-Maigné
Chevalier des Arts et Lettres

 


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