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Théâtre du Capitole : POLIEUKT, création française de l’opéra contemporain de Zygmunt Krauze

25 Oct Publié par dans Opéra | Commentaires

Opéra en cinq actes – ou tableaux –  sur un livret d’Alicja Choinska et Jorge Lavelli d’après le  Polyeucte de Pierre Corneille, créé le 20 octobre 2010 à l’Opéra de chambre de Varsovie.

L’opéra Polieukt est une commande de l’Opéra de chambre de Varsovie au compositeur Zygmunt Krauze et au metteur en scène et co-auteur du livret Jorge Lavelli, Lavelli que les toulousains connaissent pour avoir réalisé un Fidelio (1977) et un Simon Boccanegra (2009) à la Halle aux grains. Après la création dans la capitale polonaise en octobre 2010, le Théâtre du Capitole offre à l’ouvrage sa création française en accueillant cette production et les artistes polonais de la création mondiale, le Sinfonietta de Varsovie, les solistes et le chœur de l’Opéra de chambre de Varsovie.

Polieukt est un appel à la liberté et à la tolérance inspiré du Polyeucte de Corneille, l’une des deux pièces du dramaturge français, qui aborde de front le sujet du martyre chrétien dont la foi inébranlable va conduire à la mort.

Polyeucte, seigneur d’Arménie, vit sous le règne de l’empereur Décius (IIIe siècle après Jésus-Christ) et s’oppose aux lois incarnées par le sénateur romain Félix.

Fasciné par ce « drame des grandes passions et des  conflits humains », Zygmunt Krauze et Jorge Lavelli ont réalisé un Polieukt destiné à l’opéra, chanté dans une langue moderne dialoguée, mettant ainsi en valeur l’esprit de tolérance qui sous-tendait le texte en alexandrins de Corneille.

De parties vocales solistes qui « portent tout le contenu émotionnel », jaillit une mise en tension des « relations passionnelles des protagonistes, qui se cherchent comme couples (couples multiples : Polyeucte/Néarque ; Polyeucte/Pauline ; Pauline/Sévère), tous soumis à l’épreuve du fanatisme religieux, de la légalité romaine, de l’interdit moral et de l’ambition politique » (Jorge Lavelli).

A propos des voix et de la musique :

« Dans cet opéra, la voix est ce qu’il y a de plus important. Les parties solistes, celles des personnages principaux de la pièce, portent tout le contenu musical émotionnel. L’orchestre soutient les solos, enclenchant de manière occasionnelle un changement d’atmosphère. Polieukt partage certaines caractéristiques avec mes opéras précédents La Star, Balthazar et Yvonne, Princesse de Bourgogne, c’est-à- dire une préférence pour les petits intervalles, l’accent sur la première syllabe ou la première note dans un même ensemble, ou encore des motifs récurrents qui ne sont pas propres à un sentiment ou une situation.

La musique de cet opéra a été conçue pour exprimer par-dessus tout le caractère des protagonistes et leurs états émotionnels. Pour moi, l’expression adoptée par chacune des parties solistes était l’aspect le plus excitant de la composition. La recherche de la nouveauté s’est ainsi concentrée sur la découverte d’un mode inhabituel de traduction d’un mot ou d’une situation. Car Polieukt est d’abord un opéra dominé par le dialogue entre les personnages. La structure de l’œuvre, conforme aux principes du drame classique, respecte l’unité de temps et de lieu. Cela m’a obligé à intensifier les événements de manière « naturelle », en mettant en exergue les tensions entre les protagonistes. C’est pour cette raison que l’aria, comme moyen de traduire la réflexion personnelle d’un personnage, apparaît rarement. »  Zygmunt Krause

Et, note de Jorge Lavelli : « La musique de l’ouvrage est la sève qui irrigue toutes ces directions. Elle empreinte les voies de la sensibilité, de la violence et de l’émotion, dans un parcours peuplé de transitions, de ruptures et de revers. La théâtralité de sa démarche s’inscrit aussi dans une dramaturgie musicale qui multiplie les voies expressives avec l’ambition de souder en profondeur littérature dramatique et musique.

C’est dans cette union féconde que peut naître la cohérence sensible de l’histoire que l’on raconte et, en liberté, le style de sa représentation. »

Spectacle présenté dans le cadre du cycle Présences vocales par le collectif éOle, Odyssud,  le Théâtre du Capitole et le Théâtre Garonne

Théâtre du Capitole

4 et 5 novembre 2011 à 20h

6 novembre à 15h

Durée : 1h20

Spectacle en langue polonaise surtitré en français

Michel Grialou

Réservation

 

 

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