Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Le Jour se lève de Marcel Carné
Après Drôle de drame, Hôtel du Nord et Le Quai des brumes et avant Les Visiteurs du soir et Les Enfants du paradis, Le Jour se lève, sorti en 1939, fait partie des grandes œuvres de Marcel Carné. On y découvre un homme, François, qui vient de tirer mortellement sur un individu. Reclus dans son petit appartement au dernier étage d’un immeuble de banlieue, François, assiégé par la police, repense aux événements l’ayant entrainé jusqu’à cette issue fatale. Quelques temps plus tôt, cet ouvrier avait fait la connaissance d’une jeune femme, Françoise, dont il était tombé sous le charme. Mais celle-ci semble attirée par un homme plus âgé, Valentin, un dresseur de chiens se produisant dans les cabarets, dont François apprend de son ancienne assistante, Clara, qu’il est un manipulateur et un mythomane…

Le Jour se lève est d’abord entré dans l’histoire du cinéma par son mode narratif, en l’occurrence un recours systématique au flashback, procédé rarement utilisé alors et jamais de façon aussi récurrente. Peu après, Orson Welles s’en souviendra pour Citizen Kane. Le film brille aussi par les talents réunis par Carné : de Jacques Prévert aux dialogues à Alexandre Trauner aux décors en passant par la superbe photo en noir et blanc de Curt Courant (qui avait déjà collaboré avec Fritz Lang, Hitchcock ou Jean Renoir).
Inoubliable Jean Gabin
Parfaite illustration du « réalisme poétique », Le Jour se lève – entre mélodrame amoureux et film noir – est porté par un trio d’acteurs inoubliables. Jean Gabin, entre douceur et violence, amour et désespoir, livre l’une de ses plus belles compositions dans une filmographie qui en compte tant. Arletty, par son charisme, occulte l’héroïne interprétée par Jacqueline Laurent tandis que Jules Berry campe une créature authentiquement maléfique. Nulle surprise d’ailleurs quand Carné le retrouvera pour Les Visiteurs du soir en lui confiant le rôle du… diable.

Sur les écrans en juin 1939, le film est interdit en décembre, trois mois après le déclenchement de la guerre, par le gouvernement d’Edouard Daladier. Jugée trop sombre et démoralisante, l’œuvre de Carné sera également censurée par le régime de Vichy avant de ressortir en 1942, amputée de certaines scènes. Ces vicissitudes n’ont empêché Le Jour se lève de devenir un classique.
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