Entretien avec Julien Martineau, directeur artistique
Si son histoire est encore jeune, le Festival de Toulouse passe un cap important à l’occasion de sa 5e édition, du 30 juin au 11 juillet. Pour la première fois depuis sa création, la manifestation fondée et dirigée par le mandoliniste Julien Martineau bénéficie de la Halle aux Grains où vont se produire des têtes d’affiche telles que Calogero, Axelle Red et Pomme. Au même endroit le 2 juillet, une soirée exceptionnelle donne lieu au retour longtemps espéré de Michel Plasson à la tête de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse. C’est donc avec optimisme et enthousiasme que le directeur artistique du festival aborde cette 5e programmation, riche de nombreux autres grands rendez-vous.

Julien Martineau © Pierre Beteille
L’an dernier, vous organisiez la 4e édition du Festival de Toulouse : quel bilan en tirez-vous ?
Le Festival de Toulouse 2025 a été un véritable succès, tant sur le plan artistique que dans les retours du public et de la presse. Il a marqué une nouvelle étape dans son développement, en proposant davantage de créations orchestrales. Conformément à une volonté affichée depuis la 1ère édition, les artistes toulousains et d’Occitanie y ont été souvent à l’honneur, comme ce fut le cas par exemple dans notre production du Requiem de Mozart.
Nous avons aussi profité d’une belle visibilité nationale et internationale. La soirée d’ouverture, captée par Mezzo et Medici.tv, a été au cœur d’une journée spéciale consacrée au festival sur France Musique, avec la retransmission du concert ainsi qu’une matinale réalisée en direct depuis les studios toulousains de Radio France. Enfin, nous ressentons un attachement de plus en plus fort du public à la manifestation, qui vient souvent nous voir à la fin des spectacles, ce qui est sans doute la plus belle récompense pour toute l’équipe.
Quels ont été les chiffres de fréquentation du festival 2025 ?
La 4e édition du Festival de Toulouse a rassemblé près de 8 500 spectateurs, le taux de remplissage ayant été de 87,5 %. Nous enregistrons également une progression du nombre moyen de spectateurs par concert, en hausse de 4 % par rapport au festival 2024.
Avez-vous retenu quelques moments forts de cette 4e édition ?
Peut-être le concert de Pierre de Maere avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, ainsi que celui d’Arthur H accompagné par les musiciens de l’Orchestre de Chambre de Toulouse dans une version symphonique inédite. Ces projets incarnent pleinement l’esprit du festival, fondé sur la rencontre entre les esthétiques musicales et la création de formats originaux spécialement conçus pour l’occasion.
Est-ce que cela vous conforte dans la ligne artistique, très éclectique, que vous avez conçue dès le premier festival ?
Oui ! C’est aussi ce qui donne à chaque édition une coloration un peu différente d’une année sur l’autre, et qui permet de créer une identité forte.
Quelles sont les têtes d’affiche et les grands rendez-vous de l’édition 2026 ?
L’édition 2026 accueille de grandes personnalités de la scène musicale, notamment Calogero, Pomme, David Fray ou encore Axelle Red. Cela étant, cette édition est surtout marquée par un rendez-vous que l’on peut qualifier d’historique : le retour de Michel Plasson à la tête de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse lors du concert du 2 juillet. Je pense que plus grand monde n’y croyait et je suis très heureux d’avoir contribué, aux côtés de Jean-Baptiste Fra, délégué général de l’ONCT, à ce que ce chef emblématique dirige de nouveau l’ensemble symphonique toulousain à la Halle aux Grains.

Cette année, vous présentez donc plusieurs concerts à la Halle aux Grains, ce qui était impossible lors des éditions précédentes, la salle étant en travaux durant l’été. Qu’est-ce que cela change pour vous d’avoir accès à ce lieu cher au coeur du public toulousain, et pouvant accueillir plus de deux mille personnes ?
Depuis le lancement du festival, nous avons eu la chance d’organiser des concerts dans de magnifiques salles toulousaines, mais avec une jauge bien moins élevée que celle de la Halle aux Grains. Pouvoir bénéficier désormais d’une salle de grande capacité nous donne une liberté supplémentaire pour y présenter des projets plus coûteux à produire.
Le mécénat tient une place importante dans le financement du festival. Le but est-il de poursuivre son développement afin de réduire la dépendance au soutien des institutions publiques, qui, on le sait, est en baisse et pourrait se restreindre encore à l’avenir ?
Le développement du mécénat est bien sûr un élément essentiel pour l’avenir du festival. Il est à craindre que la conjoncture économique ne s’améliore pas dans les prochaines années et que les financements publics soient de plus en plus contraints. Le mécénat nous offre donc la possibilité de poursuivre une programmation ambitieuse, riche en créations et en projets artistiques d’envergure, tout en maintenant une réelle et nécessaire sobriété budgétaire.
À ce jour, qui sont les partenaires privés et institutionnels qui soutiennent le festival ?
La mairie de Toulouse demeure notre grand soutien institutionnel. Concernant les autres partenaires, le festival est soutenu par des mécènes aux profils très variés, allant de donateurs privés à de grandes entreprises nationales. Au-delà de leur diversité, tous partagent un même engagement en faveur de la culture et de la création. Depuis maintenant cinq ans s’est aussi constitué autour du festival un véritable esprit de famille, avec des partenaires fidèles qui accompagnent dans la durée son essor et son ambition artistique.
Pour finir, que diriez-vous à celles et ceux qui ne connaissent pas encore le Festival de Toulouse, pour les amener à pousser les portes des salles où vos concerts ont lieu ?
Si vous aimez la musique sous toutes ses formes et la découverte, le Festival de Toulouse, en faisant dialoguer le classique, le jazz, la pop et les musiques du monde, devrait vous plaire ! Nous tenons aussi à ce que notre manifestation reste accessible à tous, entre autres aux familles, grâce à une politique tarifaire très attractive et à la gratuité pour les moins de 13 ans. L’idée est simple : permettre au plus grand nombre de vivre des moments de musique mémorables dans les plus belles salles de Toulouse. Soyez curieux, vous ne serez pas déçus !
Entretien réalisé par Éric Duprix
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