C’est quoi l’amour ? un film de Fabien Gorgeart
Le réalisateur Fabien Gorgeart n’y va pas de main-morte avec le titre de son dernier opus : C’est quoi l’amour ? A cette question, si tant est qu’il se la soit posée, chacun depuis la nuit des temps a sa réponse. Elle est d’autant plus diffuse que ce sentiment ne se commande pas, il s’impose dans toute une alchimie neurologique dont le cerveau seul à la clé. Courageusement, le cinéaste s’aventure sur ce terrain, épaulé par une poignée de comédiens épatants et dans la droite ligne d’une comédie.

Laure Calamy (Marguerite), Vincent Macaigne (Fred), Mélanie Thierry (Chloé) et Grégoire Leprince-Ringuet – © Manuel Moutier
Situons le débat. Marguerite vit avec Sofiane. Elle est divorcée de Fred qui, lui, a rencontré depuis Chloé, catho exigeant de se marier à l’église. Sauf que pour ce faire, il faut annuler le précédent mariage devant Dieu. A priori la chose est possible. Aussi, Marguerite veut bien se plier à la démarche. Elle s’aperçoit rapidement que cela va ressembler à un parcours du combattant singulièrement intrusif. Après quelques entrevues houleuses, il ne reste plus qu’une solution : le Vatican. Et voilà toute la famille, ancienne et nouvelle, enfants de tous les bords, copains et copines inclus, prenant le chemin de la Cité Eternelle.
Fabien Gorgeart, nous l’avons dit, a pris le parti de la comédie et il ne s’en prive pas. Serait-ce un faux- nez ? Il est permis d’avoir au moins un doute car, en fait, les mille questions que leur assène l’autorité religieuse afin d’instruire le dossier finissent par réveiller autant chez Marguerite que chez Fred comme un sentiment amer. Et si tout cela avait été du gâchis ? Ils se sont tant aimés qu’une erreur de parcours, fortement alcoolisée au demeurant, n’aurait jamais dû faire naître un sentiment de soupçon finalement ravageur. Les regards (é)perdus que se jettent les deux ex-amants, le visionnage d’une vidéo de leur mariage, tout va-t-il basculer à nouveau ? Laure Calamy, Marguerite (un peu en surjeu !), Vincent Macaigne, Fred en format gros ours aux yeux d’enfant, Lyes Salem, Sofiane conscient de la lutte intérieure que se livrent Marguerite et Fred, Mélanie Thierry, Chloé arcboutée sur ses convictions religieuses, forment un quatuor à vrai dire autant irrésistible de drôlerie que particulièrement émouvant dans ces instants de confusion sentimentale.
Une véritable tragi-comédie des sentiments enfouis pétrie d’émotion.

