Daniel Day-Lewis fait son retour cinématographique devant la caméra de son fils Ronan avec un film raté, en salles à partir du 25 mars.

Photo : Condor Distribution
Cela faisait huit ans que Daniel Day-Lewis avait pris sa retraite cinématographique et le retour aux affaires du comédien anglais, lauréat à trois reprises de l’Oscar du meilleur acteur, aurait pu être un événement si Anemone, les racines du mensonge n’était si décevant. La star y campe un ancien soldat britannique, Ray Stoker, qui vit en ermite dans une cabane perdue au cœur d’une forêt du nord de l’Angleterre. Il reçoit la visite d’un homme, Jem, qui vient tenter de le convaincre de rencontrer son fils, adolescent perturbé par l’absence de ce père qu’il n’a jamais connu. Car Ray avait abandonné sa femme enceinte pour vivre coupé du monde et Jem, qui se révèle être son frère, a par la suite épousé sa belle-sœur…
Ennui et pesanteur
Long, esthétisant et contemplatif, Anemone déploie au fil de scènes confuses un scénario emberlificoté et gorgé de clichés. Les traumatismes de la guerre (Ray et Jem servirent dans l’armée britannique en Irlande du Nord), un prêtre pédophile et les inévitables mélodrames familiaux s’invitent avec une pesanteur rare. Puis, il y a Daniel Day-Lewis, l’un des plus grands cabotins de son époque (Timothée Chalamet est prêt pour prendre la relève) dont l’absence n’était pas désagréable.
A son habitude, il roule des yeux, il éructe, il gesticule. De longs monologues alternent avec des silences que l’on devine lourds de sens. Tout cela est d’un ennui mortel en dépit de l’hystérie ambiante. Les deux heures et cinq minutes du film s’étirent interminablement. Certains plans ressemblent à des tableaux, ce qui s’explique lorsque l’on sait que le fiston, Ronan Day-Lewis, est peintre. Anemone, les racines du mensonge nous délivre une autre information : il n’est pas un cinéaste.

