Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Z de Costa-Gavras
Dans les années 1960, dans un pays d’Europe qui n’est pas nommé (mais que l’on reconnaît comme étant la Grèce), le leader d’un parti de gauche d’opposition, prônant le pacifisme et l’indépendance à l’égard des Etats-Unis, est renversé par un triporteur à la sortie d’un meeting marqué par des violences et des provocations de la part de nationalistes d’extrême droite. Il décède peu après de ses blessures et dès lors deux thèses vont s’affronter au fil de l’enquête menée par un juge : celle d’un « accident », défendue par les autorités, et celle d’un assassinat délibéré, selon les partisans de la victime.

Pour son troisième long-métrage, coproduction franco-algérienne sortie en 1969, le réalisateur franco-grec inaugure le genre du « film politique » qui fera son succès et sa notoriété au gré de films – L’Aveu, Etat de siège, Section spéciale, Missing… – emblématiques d’un cinéma engagé (à gauche). Dans Z, adapté du roman de Vassilis Vassilikos et dont le scénario coécrit par Jorge Semprun évoque les événements ayant conduit à l’avènement de la dictature des colonels en Grèce en 1967, le spectateur est d’emblée informé du complot criminel ourdi par un groupe clandestin d’extrême droite avec la complicité de l’armée, de la police et de politiques au pouvoir. Le suspense réside alors dans l’enquête du juge et la révélation – ou pas – du complot.
Manichéisme
Ayant débuté sa carrière par un polar efficace (Compartiment tueurs), Costa-Gavras met en scène son propos (dénonciation d’un « Etat profond » fascisant) en empruntant au thriller et au film noir. Ainsi, un rythme et une efficacité très hollywoodiens servent cette œuvre de combat ancrée dans son temps. Quant au casting, il réunit des vedettes (Yves Montand, Jean-Louis Trintignant, Irène Papas) et une formidable galerie d’acteurs confirmés jusque dans les moindres seconds rôles : Jacques Perrin, Charles Denner, Bernard Fresson, Jean Bouise, François Perier, Pierre Dux, Marcel Bozzuffi, Renato Salvatori, Julien Guiomar, Magali Noël…

En dépit de ses qualités, Z souffre d’un certain manichéisme qui sera souvent la marque du cinéma de Costa-Gavras. L’ambiguïté, la nuance, la complexité n’ont pas leur place devant sa caméra. Les méchants sont très méchants (ici une superbe brochette de crapules caricaturales) et les gentils très gentils. Comme dans un film de propagande hollywoodien, il y a le Bien et le Mal. Nulle surprise de fait que Z, énorme succès en France comme aux Etats-Unis, ait remporté l’Oscar du meilleur film étranger en 1970.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS


























































































































































































































