Le Diable s’habille en Prada 2 un film de David Frankel
Le premier « Prada » du réalisateur américain David Frankel, en 2006, nous avait franchement séduit. Soulevant les pavés d’un enfer glamour, il nous donnait l’illusion de pénétrer dans l’intimité de la papesse d’alors de la mode, la rédactrice en chef de l’édition américaine du magazine Vogue de 1988 à 2025, Anna Wintour alias Miranda dans le film. Le titre associait déjà le nom d’un ange déchu (le Diable vs Satan) au monde de la mode. Tout un programme. Un programme que le présent opus, toujours de David Frankel, se plaît à répliquer autant dans la distribution que dans les nombreuses scènes de défilés.

Meryl Streep (Miranda) et Anne Hathaway (Andy) – Crédit : 20th Century Studios
Le scénario aborde du bout des lèvres la révolution de la presse papier depuis une vingtaine d’années, confrontée aux réseaux sociaux et aux créateurs de contenu. De New York à Milan pour la Fashion Week de septembre 2025, défilé Dolce&Gabanna en bonus, l’action, si l’on peut dire, est surtout un prétexte à exposer une multitude de vêtements, ce qui, vous en conviendrez, n’a jamais fait un film. Parangons d’égocentrisme et de narcissisme, Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci et Emily Blunt reprennent leurs rôles, au battement de cil près. Et tout cela dans des décors d’un luxe qui finit par écœurer tant il est en décalage avec la vraie vie d’aujourd’hui. L’univers de l’hyper-luxe est en train de s’effondrer et lutte pour sa survie face à des modifications radicales de consommation au niveau planétaire. Ce film effleure ce sujet, il faut le reconnaitre. Il est aussi le reflet nostalgique pour certains d’une époque grandiose qui continue cependant d’éblouir quelques happy few ou autres âmes en perdition. Quant aux relations dites humaines que le scénario exploite jusqu’à l’usure dans leur toxicité, elles ont heureusement évolué, datant dangereusement l’à propos de cette histoire.
Beau, clinquant, artificiel, vain ! Le Diable avez-vous dit ? Dans tous les cas un film sur papier glacé qui ne nous parle plus.

