Des cordes qui vibrent sur scène. Le festival de guitare d’Aucamville revient avec une programmation pensée entre figures reconnues et talents à découvrir. Rencontre avec Lisa Labatte, qui en signe la partition.
Depuis plus de trois décennies, le festival de guitare d’Aucamville et du nord toulousain fait résonner le nord toulousain au rythme des ses musiques. Né en 1990 de la passion de musiciens amateurs, l’événement est devenu un incontournable du secteur accueillant au fil des années plus de 400 artistes. Pour cette nouvelle édition, la programmatrice et directrice Lisa Labatte orchestre une affiche où se croisent noms reconnus et scène émergente.

Lisa Labatte sur scène l’année dernière © Didier Theau FGA 2025
Pour cette nouvelle édition, comment avez-vous décidé et réfléchi à la programmation du festival ?
Tout d’abord, moi, j’apporte avec mon réseau, sur la scène locale émergente en tout cas, et par les découvertes que je peux faire dans l’année. Donc là, ça a été en fait de construire une programmation où les artistes, les têtes d’affiche comme Biréli Lagrène, Kiko Ruiz ou The Cinelli Brothers font la part belle aussi aux artistes un peu plus émergents. Ça incite un peu plus le public à la découverte, qui est un point de valeur centrale dans le festival. Ça nous permet aussi de valoriser la scène locale émergente et nationale. Il y a aussi des opportunités via des tournées, comme Biréli Lagrène qui était en tournée. Donc pour nous, c’était logique de le faire venir. C’est plutôt chouette et on est ravis de l’avoir aussi. Ensuite, on essaie de construire une programmation éclectique, dans la diversité des genres. Moi, je propose des projets aux communes et on choisit ensemble ensuite, en fonction de leur sensibilité et de ce qu’ils ont envie de faire.
En regardant le line-up, on voit vraiment une diversité dans le genre de musique proposé, c’est quelque chose de recherché ?
Oui, il y a quand même une grande attention à proposer des projets multiculturels. Des musiques, en tout cas, où l’on peut retrouver une guitare à 12 cordes, classique, flamenca, électrique, acoustique, du banjo… Moi, je veux qu’une petite fille puisse se dire : “je peux faire de la guitare moi aussi”. Il y a une forme d’accessibilité dans ce qui est proposé, pour ne pas être uniquement dans la technique pure. Et bien sûr, il y a aussi une représentation des identités féminines. Depuis deux ans, on est à l’égalité sur la représentation féminine, donc c’est possible. Quand on prend le temps de le faire, on peut y arriver. La programmation apporte aussi cette palette musicale assez riche. Aujourd’hui, c’est vrai que l’instrument organique se perd de plus en plus sur scène, même s’il est encore présent. Donc remettre cet instrument au centre de la scène est important.

Affiche festival ©DR
En dehors des concerts chaque soir, est-ce que le festival propose des événements pour prolonger l’expérience ?
Depuis trois ans, on a un partenariat avec Cultura Balma. On organise un showcase pour la deuxième année. Il a lieu le 26 mars avec Mélys. Ça permet d’avoir une capsule supplémentaire pour toucher notre public du nord de Toulouse, un peu plus proche du centre-ville. On fait également des médiations scolaires. On touche plus de 500 élèves tous les ans. Les artistes vont rencontrer des élèves dans quasiment chaque commune. Ce sont des moments très précieux pour nous. On va aussi à la rencontre des seniors de la maison de Launaguet depuis de nombreuses années. Ça permet de créer du lien et d’amener la musique là-bas. Ce maillage sur le territoire permet de rassembler, et ce sont des valeurs essentielles du festival. On veut vraiment amener la musique là où elle ne s’entend pas forcément.
On sait que c’est une période assez compliquée pour le financement des festivals. Comment arrivez-vous à vous en sortir ?
Il faut savoir que le festival est subventionné à plus de 90 % par les communes partenaires. On a aussi des mécènes, mais malheureusement, ils se désengagent d’année en année. On en a perdu trois en deux ans. Aujourd’hui, avec les politiques culturelles nationales, certaines subventions ne sont plus acquises, comme celles du département et de la région. Nous sommes deux personnes à l’année dans l’équipe. Ensuite, on travaille avec une community manager et une illustratrice. Il faut aussi pouvoir pérenniser nos emplois et assurer une sécurité qui ne l’est plus vraiment aujourd’hui. On a donc lancé une campagne de dons. C’est très important pour nous, notamment pour mieux rémunérer les artistes et les équipes techniques. Cette campagne durera jusqu’à la fin du festival. Cette année, il y a aussi une nouveauté : le pass, avec différentes formules, très attractives. On propose des tarifs accessibles, qu’on n’a pas augmentés depuis 20 ans. C’est une politique forte du festival. Si on veut continuer ainsi, il faudra trouver de nouveaux financements et des solutions pour tirer notre épingle du jeu.

Communiqué appel aux dons ©DR
Programmation du festival
Pour cette 34ème édition, le festival revient pour 10 jours du 19 au 29 mars 2026. Les villes qui l’accueillent sont : Aucamville, Balma, Bruguières, Fonbeauzard, Gagnac-sur-Garonne, Launaguet, Saint-Alban et Gratentour. La billetterie est disponible juste ici.
- Jeudi 19 mars : The Cinelli Brothers à Gagnac-sur-Garonne
- Vendredi 20 mars : Mauve à Fonbeauzard
- Vendredi 20 mars : Irina Gonzalez à Launaguet
- Samedi 21 mars : Biréli Lagrène, , Stéphane Belmondo, Rémi Vignolo et André Ceccarelli à Bruguières
- Dimanche 22 mars : Danger Zoo à Gratentour
- Jeudi 26 mars : Oscar Emch à Saint-Alban
- Vendredi 27 mars : Mélys à Aucamville
- Samedi 28 mars : Kiko Ruiz à Aucamville
- Dimanche 29 mars : Ciné-concert-goûter à Aucamville
Festival de guitare d’Aucamville et du Nord Toulousain


