A Toulouse le 7 février, c’est sortie d’hibernation. La Bass Music s’invite dans la ville rose et promet de faire monter la température. Et pas n’importe comment. Pour la première fois, le OHLALA Festival se décline en version hivernale et investit Interférence, nouvelle salle devenue mastodonte des nuits toulousaines. Une date unique, un format resserré, et une promesse claire : condenser en une nuit toute l’âme OHLALA.

Une soirée qui s’annonce des plus dégivrantes © Ohlala Festival
Derrière ce projet, il y a la société OHLALA Productions. Un nom déjà bien installé chez les amateurs de Drum & Bass, Dubstep ou UK Garage, via des formats uniques comme GET IN STEP, EDGE ou SMASH. L’idée de cette édition Winter ? Rassembler ces univers sous le signe d’une même lune, le temps d’une soirée. “On a voulu résumer l’expérience de toutes nos soirées, mais aussi montrer toute la richesse de la Bass Music, avec ses genres et ses sous-genres”, explique Thibaud Moussel, programmateur du festival. “On imagine toujours nos événements comme si c’était la première fois qu’on allait faire découvrir la Bass Music.”
Si OHLALA est historiquement lié à Paris, cette édition hivernale trouve naturellement sa place à Toulouse. Thibaud y vit depuis trois ans, et le lien avec Interférence s’est créé avant même l’ouverture du lieu. Une collaboration qui s’est révélée évidente. “Au début, on se demandait si le format était le bon. Puis on s’est dit que plutôt que de ramener une soirée existante, on pouvait créer un événement exceptionnel, plus grand, pensé pour cet espace.” Avec ses 2 500 places, son sound system L-Acoustics et une acoustique quasi chirurgicale, Interférence n’est pas qu’un décor. C’est un argument artistique à part entière. “Quand on a visité la salle, on a eu cette sensation un peu dantesque. On aimerait que le public ressorte à 6h du matin avec les mêmes étoiles dans les yeux que celles que nous avons eu lors de notre première visite”.
En une soirée, difficile d’empiler les noms à l’affiche. La programmation navigue entre 6 artistes aux univers et aux intentions différentes. Kanine, Mozey, Pythius et Nimda durcissent progressivement le ton au fil de la soirée, jusqu’à des sonorités plus brutes, parfois presque métalliques. Une montée en puissance pensée comme un spectre complet de la Bass Music actuelle. Des artistes aux tonalités éveillant les sens, aux contrastes assumés. “C’est un mélange entre ce qu’on sait qui va fonctionner, nos goûts personnels et une vraie proposition culturelle. Il y a ce côté héritage, mais aussi l’envie de montrer ce qui se fait aujourd’hui dans le monde de la Basse”.
En tête d’affiche, Flux Pavilion signe un retour très attendu à Toulouse, quinze ans après l’explosion de I Can’t Stop. Un clin d’œil à toute une génération, mais pas seulement. “Il y a un air de nostalgie palpable dans le secteur de la musique électronique en ce moment. Ces “anciens” artistes ont une énergie incroyable, une manière de faire qui est différente d’aujourd’hui. Se baser sur cet héritage, c’est important.”

Flux Pavillion, pionnier aux basses massives et aux drops emblématiques © Ohlala Festival
Pour ouvrir la soirée, OHLALA a fait le choix de VISAGES, groupe toulousain affilié au label 1985 Music. Porte-étendard de la scène bass locale, le duo installe d’emblée une atmosphère immersive, idéale pour plonger le public dans l’univers sonore de la soirée. Un choix loin d’être anecdotique. “On n’avait que six slots. La programmation est très resserrée, donc chaque choix compte. C’était important pour nous d’avoir des artistes locaux, mais surtout des artistes qui font sens artistiquement.” Un ancrage local qui résonne avec l’histoire de la scène toulousaine. Résidant de la ville rose depuis maintenant 3 ans, le programmateur s’en est d’autant plus vu inspiré. “Ici, la Drum & Bass est historiquement très marquée par le neurofunk, plus sombre, plus intense. C’est différent de Paris, par exemple, où c’est souvent plus mélodique.”

Visages, basses profondes, textures variées et énergie immersive © Ohlala Festival
Organiser une première édition Winter dans une salle de cette envergure n’allait pas de soi.
“On s’est dit que faire 2 000 personnes à Toulouse pour une première, c’était peut-être trop ambitieux. Mais au vu de la reconnaissance que nous avons et du public Bass, très fidèle, on a été rassurés. » Et quel public ! Pour cette édition comme les précédentes, le OHLALA a l’habitude d’accueillir un public de passionnés. “C’est un style un peu niche, les consommateurs de cette musique connaissent très souvent toute les line-up”.
Cette édition hivernale se veut grande première, mais n’est pas un one shot. Si l’avenir reste conditionné à l’accueil du public, l’envie d’inscrire OHLALA dans le paysage toulousain est bien présente. “Si tout se passe bien, c’est clairement le début de quelque chose. On voulait déjà élargir le festival, qu’il ne soit plus qu’à un seul moment de l’année. Là, c’est le premier événement Bass Music à Interférence, et, on l’espère, le début d’un partenariat.” À plus long terme, OHLALA voit grand, sans renier son ADN. “On aimerait que le festival devienne un faiseur de tendances. Créer un format qui permet à cette musique d’exister autrement.”
Et peut-être que tout est résumé là. Dans cette volonté de faire vivre la Bass Music sans la figer, de la transmettre comme une première fois, même après dix ans de carrière.





