Et si la brique, symbole incontournable de Toulouse, devenait une douceur à croquer ?
Dans la famille des trompe-l’œil originaux, je demande la Briquole ! Depuis fin janvier, cette gourmandise est disponible à la vente et à la dégustation, pour le plus grand plaisir des habitants de la ville rose.
Il y a deux ans, Xavier Nizard, gérant du Briquetier et dirigeant d’une entreprise spécialisée dans la fabrication de briques, Fabian Trapani, directeur associé chez Flatdesign et co-fondateur d’un showroom de mobilier haut de gamme et Céline Marciano, Cake Designer réputée ont eu l’idée ingénieuse de mettre à l’honneur le patrimoine toulousain avec la Briquole.

Crédit : Lou Deneuville
Mais alors, qu’est-ce qu’une Briquole ?
Céline : Une Briquole, c’est un trompe l’œil aux allures d’une brique mais en format rétrécit, pour que ça soit plus facilement transportable. Nous sommes partis sur une recette simple, qui puisse plaire au plus grand nombre, c’est à dire un enrobage chocolaté craquant avec, à intérieur, un gâteau légèrement imbibé au citron. On voulait vraiment créer une gourmandise subtile, avec des saveurs qui contrastent entre-elles, une couleur faite naturellement et sans aucun conservateur.
L’idée a-t-elle germé chacun de votre côté ou était-ce une évidence collective ? Toulouse avait-elle, selon vous, un “manque” identitaire dans l’univers gourmand ?
Fabian : Un soir on se baladait au marché de Noël du Capitole avec Xavier et on a remarqué qu’il y avait plusieurs stands de cannelés, spécialités de Bordeaux, mais aucun qui mettait en avant les spécialités culinaires toulousaines. Je pense qu’ensuite, l’idée a doucement germé du côté de Xavier qui me l’a ensuite présentée et, évidemment, j’étais partant pour participer à ce projet. Après une courte réflexion, je lui ait tout de suite dit « je connais la meilleure personne qui pourra nous aider, c’est Céline ».
Xavier : Pour l’anecdote, quand j’étais petit, ma grand-mère me racontait toujours qu’à l’époque, lorsque de nouveaux voisins s’installaient dans le quartier, on leur offrait une brique pour leur souhaiter la bienvenue.
Céline : La Briquole n’est ni une pâtisserie, ni une confiserie mais vraiment une gourmandise, dans le sens où l’on ne peut pas vraiment l’identifier à quelque chose de pré-existant puisque c’est un produit qui , à mon sens, est très identitaire. C’est un hommage au patrimoine toulousain et bien sûr que notre souhait serait que la Briquole devienne iconique à Toulouse.

Crédit : Lou Deneuville
Comment vos univers respectifs en tant qu’artisans ou créateurs ont-ils dialogué lors de la création de ce produit (texture, design, goût) ?
Céline : En fait, c’est justement nos univers respectifs très différents qui ont donné vie à cette gourmandise, on est très complémentaires. Je me suis occupée de la production et de la recette, Xavier représente la genèse, l’ADN de la Briquole, Fabien a réalisé le design de la marque, les boîtes…
Fabian : Nos premières discussions se sont déroulées là où nous nous trouvons aujourd’hui, au Muséum de Toulouse. Je pense pouvoir dire que l’on a apporté chacun notre brique à l’édifice mais que pour nous trois, notre démarche a aussi été guidée par cet aspect culturel, comme une envie de vouloir créer un produit qui soit à 100% en adéquation avec le patrimoine toulousain.
La Briquole est-elle pensée pour les Toulousains ou pour les visiteurs ?
Céline : Juste avant de lancer officiellement notre produit, on a fait une petite expérience de micro trottoir qui a été très pertinente pour nous car elle nous a permis d’aborder les toulousains plus librement. Faire déguster notre gourmandise, c’est le meilleur moyen de savoir si notre produit plait, tant au niveau du goût que du design et de l’idée. On a d’ailleurs eu beaucoup de retours positifs sur l’originalité de l’idée.
Fabian : C’est vrai que beaucoup de personnes nous ont dit « mais pourquoi on y a pas pensé avant? ». Ce test nous a aussi permis d’aborder les touristes en visite à Toulouse pour avoir un regard extérieur sur notre idée. Au final, ils ont trouvé ça génial de pouvoir ramener une spécialité chez eux après les vacances, donc le pari est réussi. Quand on a créé la Briquole, c’était aussi dans l’optique de proposer une spécialité originale qui puisse être un cadeau que l’on apporte lors de dîners, en retour de voyage à sa famille etc…
Xavier : Créer un produit comme la Briquole, ça permet aussi de montrer aux toulousains et au public extérieur l’importance des briques dans le paysage régional. Depuis le Covid, les grandes institutions chargées de la fabrication des briques sont en chute libre, faute de commandes, la Briquole se veut aussi être un rappel subtil de l’importance de nos métiers pour le patrimoine Toulousain. Où que l’on pose nos yeux, elles sont là, alors il faut les préserver.

Crédit : La Briquole
Comment va se dérouler la commercialisation de la Briquole ? Y-a-t-il des nouveautés en production ?
Fabian : Pour l’instant, nous passons par nos partenaires de distribution à retrouver sur notre site. On commence à chercher de nouveaux points de chute comme avec l’Entrecôte où l’on a mis en place le café Briquole. On attend d’autres partenaires hôteliers, des Coffee Shops, traiteurs… mais pourquoi pas décliner en cocktail Briquole puis dans des épiceries, petites boutiques etc…
Céline : Notre stratégie c’est de faire petit à petit, brique par brique pour arriver à poser les bases et les fondations de notre produit. La Briquole, c’est vraiment la marque avec un produit phare que l’on souhaite décliner avec la Murette, une tablette de chocolat en forme de murs de briques avec une sortie prévue le mois prochain et la Guirose, des briquettes de guimauve roses qui viendra agrémenter votre le début de votre été (sortie prévue mai-juin).

