La Maison des femmes, un film de Mélisa Godet
Il y a des films qui sont nécessaires, peu importe leur forme et leur achèvement. S’ils se doublent d’un geste cinématographique, c’est encore mieux. C’est le cas du premier film de Mélisa Godet. Le scénario s’inspire étroitement d’une institution créée en 2016 à Saint-Denis, baptisée La Maison des femmes, dont le but est de venir en aide aux femmes victimes de violences en tous genres.

Marie Rouge
C’est la gynécologue-obstétricienne Ghada Hatem-Gantzer qui est à l’origine de cette structure regroupant soignantes et soignants de toutes disciplines. Sans être un biopic, le film sous rubrique évoque le quotidien de ces derniers, submergés de demandes de soins, d’aide psychologique, de logements, de sécurisation aussi, de dossier à remplir, etc. Luttant contre l’indifférence, voire plus, de l’Administration à l’encontre de leur action, affrontant des situations plus que tendues, mettant en péril parfois leur identité et leur vie privée, ils se battent envers et contre tout pour aider des victimes à se battre elles-mêmes contre un sort peu enviable.
Film choral regroupant quelques figures bien connues du 7e art hexagonal : Karine Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amanra, Juliette Armanet, Pierre Deladonchamps et bien d’autres, ce film invite au casting une poignée de comédiennes remarquables de présence pour incarner les victimes. Si les violences sont largement évoquées, elles ne sont jamais montrées car le film se voit par le prisme des soignants. Cela n’empêche pas quelques plans-séquences donnant la parole aux femmes violentées, excisées, violées, d’être d’une puissance de suggestion bouleversante.

