Mardi 10 mars, la maison de ventes aux enchères Marambat – de Malafosse en collaboration pour l’organisation d’évènements avec la prestigieuse Maison Christie’s, leader mondial du marché de l’art, propose une journée d’expertises gratuites à l’Hôtel des Ventes du 7 rue d’Astorg. Maître François de Malafosse présente l’événement.

Camille de Foresta © Christie’s
Quels types de biens ou d’objets le public vous soumet-il lors de ces journées d’expertise ?
Tout, absolument tout. Grâce à notre partenariat, les spécialistes de Christie’s seront là. Ils viennent deux fois par an et ce mardi 10 mars seront notamment présents les spécialistes d’art d’Asie, de tableaux anciens, de bijoux, de montres, de tableaux modernes… Par ailleurs, nous avons décidé de faire participer à cette journée les experts avec lesquels nous travaillons au quotidien ici. Il y a aura notre expert en livres Eric Casteran, notre expert en armes Gilles Sigro, notre expert en art du XXème Maxime Grail… Ce seront donc douze spécialistes dans tous les domaines qui proposeront leurs compétences pour répondre à tout le monde, toute la journée, dans toutes les spécialités.
Pour certains biens, on peut penser que beaucoup de gens se renseignent via Internet. Qu’apporte une expertise comme celle que vous proposez ?
Oui, le phénomène se développe. C’est un peu comme les sites spécialisés dans la santé. Quand on a un symptôme ou une interrogation, on consulte ces sites, mais ensuite on va chez le médecin. Là, c’est pareil. Internet offre certains moyens pour trouver des estimations. Il y a aussi des logiciels d’intelligence artificielle qui permettent, par exemple, d’identifier une chaise design. Ce sont d’ailleurs des outils que nous utilisons également, notamment dans les inventaires. Pour autant, au final, il faut se tourner vers des experts pour avoir confirmation. Je pense, entre autres, au domaine des tableaux anciens où l’intelligence artificielle n’est pas efficiente. En outre, le recours à un expert apporte une responsabilité juridique. Quand nous faisons une vente aux enchères, nous sommes responsables de ce que nous vendons. Pendant trente ans, les gens peuvent revenir vers nous et se faire rembourser si l’objet n’était pas conforme à ce qui avai été vendu. Ce n’est évidemment pas le cas lorsque vous vendez par exemple sur Internet à travers des sites marchands classiques.
Faut-il absolument apporter l’objet à expertiser ou bien des photos peuvent-elles suffire ?
Non, ce n’est pas obligatoire. Pour des bijoux, c’est nécessaire car cela se regarde avec une loupe, cela se pèse. Il y a un certain nombre d’analyses à faire. En revanche, on ne va pas demander aux gens de venir avec leur tableau ancien qui mesure deux mètres par trois. Des photos d’ensemble, du dos, de la signature fournissent déjà un très bon moyen d’entrer en conversation avec l’œuvre et d’essayer de s’approcher d’une expertise. Après, pour certaines spécialités ou certaines œuvres, des photos n’offrent qu’une première idée, une première impression, mais si l’on pense être face à quelque chose d’intéressant, nous nous déplaçons très vite, en France comme à l’étranger, pour voir les œuvres et les avoir vraiment en mains.

© Christie’s
Combien de ces objets ou de ces biens passent-ils ensuite en salle de ventes après ces journées d’expertises ?
C’est très variable. Nous gardons pas mal de choses à Toulouse car elles sont sous les écrans radar de Christie’s qui a un seuil d’exigence très élevé. Par exemple, pour l’art du XXème, ils ne sont pas intéressés en-dessous de 20 000 euros. Pour les tableaux anciens, c’est autour de cette même valeur. Par ailleurs, pour certaines personnes, ces journées sont une première approche de ce monde des commissaires-priseurs et des salles de ventes qui peut paraître réservé à quelques connaisseurs, ce qui n’est pas du tout le cas. Des gens viennent aussi simplement pour connaître la valeur d’objets qu’ils veulent transmettre à leurs enfants. En général, après ce type de journée, une vingtaine d’objets sont mis en vente à Toulouse et une dizaine partent à Paris, Hong-Kong, Londres ou ailleurs, en fonction des spécialités.
Le profil des gens qui viennent chez vous a-t-il évolué ces dernières années ?
On se tourne généralement vers nous lors d’une succession, pour un changement de déco ou parce que l’on a découvert dans un grenier un tableau dont on ignorait l’existence… Ce qui a changé est le rapport avec les gens, notamment à travers le recours à Internet que nous évoquions précédemment. Avant, les gens ne faisaient pas de recherches et venaient directement nous voir. Aujourd’hui, ils se sont souvent renseignés de leur côté ou ont demandé avis auprès d’une autre maison de ventes.
Quand avez-vous lancé ces journées d’expertises gratuites ?
Nous avons commencé ce partenariat en 2020 et c’était la première fois que Christie’s réalisait dans le monde un partenariat de ce type. Comme cela a été couronné de succès et que notre collaboration au quotidien avec Christie’s est également très riche, nous avons poursuivi. Depuis, Christie’s vient chez nous tous les six mois, traditionnellement en mars et en octobre.

Maîtres François de Malafosse et Xavier Marambat
Faut-il prendre rendez-vous pour cette journée du 10 mars ?
Les gens peuvent prendre rendez-vous, mais nous serons ouverts de 9 heures à 17 heures sans interruption. Il y a parfois des moments de forte fréquentation et d’autres moments très calmes. Donc, nous incitons plutôt à prendre rendez-vous, de façon à ce que chacun soit reçu convenablement, tout en offrant aux gens la liberté de venir selon leurs disponibilités.
Quelles ont été les belles découvertes lors des précédentes journées d’expertises ?
Il y a eu une peinture sur soie de Tran Binh Loc qui a été vendue à Hong-Kong deux millions et demi de dollars de Hong-Kong. Il y a eu aussi un tableau de l’atelier de Quentin Massys, qui a été réalisé autour de 1520, que j’avais récupéré dans la chapelle d’un château du Lot trois semaines avant que Christie’s vienne. Quand ils sont arrivés, ils ont immédiatement vu qu’il s’agissait d’une œuvre remarquable. On l’a vendu quelque temps près de 500 000 euros, c’est-à-dire quasiment plus cher que le château qui n’était pas en bon état… Lors de ces journées, il y a eu un tableau du peintre brésilien Antonio Bandeira que nous avait apporté quelqu’un. Christie’s a vu l’œuvre pour la première fois à l’occasion de l’une de ces journées d’expertises et nous l’avons vendu à New York, dans une vente consacrée aux peintres d’Amérique du Sud, pour près de neuf cents mille dollars. Evidemment, il y a également des choses plus modestes comme des Patek Philippe ou des bijoux qui ont été vendus à Genève, des vins qui ont été vendus à Londres… Le fait de rassembler nos propres experts auprès de ceux de Christie’s ouvre encore plus l’éventail des objets à nous soumettre. Grâce à Christie’s, les gens peuvent vendre partout dans le monde des pièces d’exception, mais chacun peut venir avec son objet, sa peinture ou son bijou et être reçu par quelqu’un de compétent. Toutes les spécialités sont couvertes.
Toulouse | mardi 10 mars, 10h à 18h
Adresse : Hôtel des Ventes de Toulouse, 7, rue d’Astorg, 31000 Toulouse
Site Internet
Contacts :
contact@marambat-malafosse.com / Tel. : 05 61 12 52 02
cdeforesta@christies.com / Tel. : 06 46 13 24 40


