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BOUDU – Le magazine de société Toulousain

13 Jan Publié par dans Médias | Commentaires

De prime abord, BOUDU n’est pas qu’un magazine : c’est un beau magazine. Au second abord, on découvre que c’est, aussi, un bon magazine.

Un bon magazine se distingue des autres par sa capacité à vous apprendre, durant votre lecture, des choses dont vous vous souviendrez après. Un bon magazine vous parle, plus que vous ne le lisez.

BOUDU 1

BOUDU parle de la société, dont il aborde tous les aspects constitutifs: sa mémoire et sa culture, ses ambitions et ses divertissements, la solidarité et la politique. Journal indépendant, fondé par quatre journalistes toulousains* et financé par le crowdfunding, ses articles pratiquent l’art de l’ellipse, cherchant jusque dans les marges le cœur de son sujet, qu’on serait tenté de synthétiser par la question : « Qu’est-ce que l’identité toulousaine ? »

La couverture du premier numéro, sorti en Novembre 2015, fut offerte à Omar Hasan, pilier droit du Stade Toulousain devenu chanteur lyrique. A l’intérieur, on y trouve une interview de Jean-Luc Moudenc, un portrait de Bernardo Sandoval, un reportage sur les pères au foyer et le récit incroyable d’un projet de bétonnage du Canal du Midi sous l’ère Pompidienne.

BOUDU 2

Pour le deuxième numéro, la rédaction a rencontré Rémi Branco, chef de cabinet de Stéphane Le Foll, mais aussi, le descendant de l’un des six membres de la tribu Sioux débarqués à Toulouse et Montauban à la fin du XIXème siècle. On y découvre un reportage-photo, sublime, sur les désormais anciennes frontières de la région Midi-Pyrénées, et une interview du beat-boxer toulousain Johnny Madness, devenu star du télé-crochet panarabe « Arabs Got Talent ».

Il suffit de lire ce deuxième opus pour comprendre que le mensuel a été pensé sur le long terme. BOUDU travaille en profondeur. Son souci est autant encyclopédique et conservatoire qu’informatif et anecdotique. Ce parti-pris définit son objectif : raconter une histoire de Toulouse qui a la valeur d’un récit universel.

Le magazine nous rappelle que Toulouse est un lieu de confluence des cultures, des passions et des contradictions, et que c’est cette mixité, cette richesse qui lui offre sa stature de capitale régionale.

BOUDU n’est pas que beau et bon: BOUDU est utile. Longue vie à lui.

Trois questions à Sébastien Vaissière, journaliste, chef d’édition et co-fondateur de BOUDU :

BOUDU se situe à la croisée du magazine de société, du magazine culturel et de la revue d’art, dans la lignée d’un Technikart ou d’un Vanity Fair. Quelle était votre envie derrière la création d’un tel magazine ?

BOUDU est un magazine généraliste tout ce qu’il y a de plus classique dans la forme. Sa singularité réside principalement dans le fait que son sommaire n’est pas classé par thématique (société, politique, sport), mais par genre journalistique (reportage, récit, conversation, monologue,enquête, petit format etc.). Seule la partie culture est sanctuarisée, avec trois rubriques récurrentes : La première, Gros œuvre, consiste en un long reportage sur des artistes au travail en non en phase de « promotion » (l’idée consiste à explorer le processus de création). La deuxième, Palette, est une carte blanche donnée à un journaliste qui traite un sujet libre. La troisième, La claque, établit un lien entre une œuvre d’art, un objet de design ou un bâtiment, et une personnalité qui la/le commente.

Nous partageons avec Vanity Fair le format, avec Technikart l’envie de parler de culture autrement, avec Society la passion du journalisme narratif… notre envie est assez simple : proposer à Toulouse un magazine généraliste classique mais soigné, comme on aimerait nous-même en lire, destiné à des lecteurs pour qui la lecture est source de plaisir. Nous essayons de publier des articles sérieux écrits avec le sourire.

BOUDU 3

Avec son sous-titre, « Le magazine de société toulousain« , Boudu revendique son identité régionale. Souvent, l’adjectif « régional » est assimilé à une conception conservatrice de la culture et du territoire. Quelle définition souhaitez-vous lui donner ?

L’adjectif « régional » n’est pour nous qu’une indication de la zone de diffusion du magazine. Nos articles sont ancrés dans le territoire. Toutefois, comme vous l’avez certainement constaté à la lecture, nous publions chaque mois un article en lien avec les problématiques régionales, écrit par un correspondant à l’étranger.

Quant au fait que nous soyons toulousains, c’est incontestable. Il n’y a rien de régionaliste là-dedans. Nous sommes des provinciaux. Nous n’en avons pas honte, nous ne le brandissons pas non plus comme un étendard. Nous aimons pratiquer le journalisme ici, chez nous, blottis entre la chaîne des Pyrénées au Sud, l’Atlantique à l’ouest et la Méditerranée à l’Est. Nous aimons y chercher des histoires à raconter, des figures à rencontrer. Pour un journaleux de presse régionale, c’est enfoncer une porte ouverte que citer Miguel Torga, mais je le fais quand même pour enfoncer le clou ! : « l’universel, c’est le local moins les murs ».

Quant à la dimension culturelle conservatrice induite par le terme « régional », je ne sais trop que vous répondre. Dans BOUDU, nous explorons davantage les processus de création que les politiques territoriales de la culture.

Sebastien Bournac

Le troisième numéro vient de sortir en kiosque. Que peuvent y trouver les lecteurs ?

Un Portrait fleuve de Didier Lacroix, grande figure toulousaine du rugby, des affaires, de la tauromachie. Un papier étonnant sur des familles décidées à tenter l’aventure de l’habitat participatif. Un dîner au Flunch avec les amis des extraterrestres. Les propos fleuris de l’architecte Rudy Ricciotti. Le sourire galvanisant d’une jeune fille, espoir du badminton français, qui a décidé de prendre son destin en main. Une interview décoiffante de Sébastien Bournac, nouveau directeur du théâtre Sorano. Et tout un tas d’autres choses à lire entre les lignes.

Eva  Kristina Mindszenti

* BOUDU a été fondé par Jean Couderc (rédacteur en chef), Matthieu Sartre (rédacteur en chef photo), Sébastien Vaissière (chef d’édition) et Philippe Salvador (journaliste rédacteur).

BOUDULe troisième numéro est en kiosque.

Site internet : http://www.boudulemag.com/

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