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Mozart-Brahms, l’apothéose de la clarinette

08 Mai Publié par dans Musique classique | Commentaires

L’Orchestre de Chambre de Toulouse consacre ses concerts du mois de mai à un instrument que Mozart et Brahms ont porté à son zénith. Chacun d’eux a consacré à la clarinette plusieurs des chefs-d’œuvre incontestés de toute l’Histoire de la musique. Pour cet hommage instrumental, Gilles Colliard a invité le clarinettiste français Florent Héau qui sera le soliste des deux partitions phares de ce répertoire.

Digne descendante du chalumeau, la clarinette a trouvé sa place dans tous les styles de musique. Son timbre doux et chaleureux dans les registres grave et médium, percutant lorsqu’elle est sollicitée dans ce sens, a su séduire compositeurs et mélomanes depuis son émergence à la fin du XVIIème siècle. Mozart a su y puiser la plus extrême musicalité, inspiré par l’art de son ami le clarinettiste Anton Stadler. Le concerto qu’il lui a consacré à la fin de sa courte vie est sans doute la pièce classique la plus célèbre qui ait été écrite pour l’instrument soliste. Ce succès est mérité tant l’œuvre est exemplaire. Le deuxième mouvement en particulier fait partie des plus profondes réussites du style classique, conjuguant miraculeusement l’intensité des émotions avec la pudeur que doit prendre leur expression pour mieux nous toucher.

Le clarinettiste français Florent Héau, soliste de la série de concerts du mois de mai

Chez les romantiques, Brahms relève la même gageure. Il compose ses partitions tardives pour cet instrument à l’intention du clarinettiste Richard von Mühlfeld qu’il se plait à présenter comme « Mademoiselle clarinette » en raison de la finesse de son jeu. Bien que parfaitement romantique quant à l’expression des sentiments, Brahms coule son écriture dans la forme purement classique. Rien à voir avec la « musique du futur » à laquelle aspirent Liszt et Wagner. Le projet de Brahms consiste à écrire une musique indépendante des sursauts de l’Histoire, en quelque sorte une musique « éternelle ». Son Quintette pour clarinette et quatuor à cordes, composé au cours du printemps et de l’été 1891, atteint un niveau inégalé de raffinement, de subtilité et de nostalgie automnale.

Florent Héau est le soliste invité de cette série de concerts. Formé au CNSM de Paris dans la classe de Michel Arrignon, puis récompensé de plusieurs Premiers Prix dans des concours internationaux, Florent Héau s’est affirmé comme l’une des figures de l’école française de clarinette, tradition qu’il perpétue sans relâche à travers le monde. Il joue en soliste notamment avec l’European Camerata, l’Orchestre de Bretagne, l’Orchestre de Picardie, l’Orchestre de la Basse-Normandie, l’Orchestre de Nancy, l’Ensemble Orchestral de Paris, le Prague Chamber Orchestra… et de manière plus ludique avec les Bons Becs, pour des spectacles théâtraux et musicaux. Il enseigne la clarinette au CRR de Paris et College of Music d’Osaka (Japon).

Serge Chauzy

une chronique de Classic Toulouse

OrchestrecmaiLes 11 et 12 mai, l’OCT et son soliste seront à l’Escale de Tournefeuille, les 18 et 19 mai à l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse.

Orchestre de Chambre de Toulouse

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