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Fairy Queen de Purcell, un opéra de 1692 revu et corrigé façon 68, bien déjanté.

16 Mar Publié par dans Opéra | Commentaires

Dans le cadre de ses Rencontres des Musiques Baroques et Anciennes en Midi-Pyrénées, septième édition, Odyssud frappe fort et original avec son spectacle en résidence de création, Fairy Queen d’Henry Purcell. Il correspond au thème de ces septièmes rencontres : « La voix dans tous ses états. » Il nous est offert par la compagnie A Bout de souffle qui justement fait souffler un vent nouveau digne d’une tramontane sur La reine des fées, ce semi-opéra anglais écrit en 1692 par un compositeur alors trentenaire, et qui meurt bien jeune à trente-sept ans en 1695.

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Purcell est l’un des rares compositeurs du XVIIè siècle à offrir une production invariablement de haut niveau. Il trouva sa voix de compositeur dès son adolescence et de cet instant fut incapable d’écrire une pièce ennuyeuse ou terne. Ce qui facilite grandement la tâche de ceux qui s’approprient telle ou telle œuvre et, tout en la manipulant avec talent, brio, imagination et intelligence musicale la détourne mais tout à son avantage. C’est bien le cas ici avec ce semi-opéra qui combine chant, musique et danse, semi-opéra car dans ce type de spectacle lyrique alors donné dans les théâtres londoniens surtout, paroles et musique ont une importance égale et doivent coexister dans une parfaite harmonie.

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Ouvrage à l’atmosphère ludique incontestable, où se mêlent loufoquerie et pathétisme, rires et larmes, The Fairy Queen est une adaptation du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, Purcell devant avant tout écrire de la musique pour les scènes des fées. Mais, en plus des personnages originaux, le compositeur va convoquer également un large éventail de dieux et de déesses, de nymphes et de lutins, de fées et de bergers, de cygnes et de rêveries. Toutes ces figures sont réunies pour une somptueuse cérémonie présidée par le grand dieu Hymen lui-même ! Tout cela ne manque pas de constituer un excellent support pour tous les délires concoctés par notre compagnie A bout de souffle.

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Côté musique, les avis autorisés ne manquent pas de nous faire remarquer que la partition entière de The Fairy Queen reste sa contribution la plus inspirée au monde du théâtre. Exemptée de toute plausibilité narrative, la musique peut déployer une invention souverainement libre. Cinq parties ou « masques » –  divertissements scéniques alors en vogue en Angleterre –  évoquent la nature, le surnaturel, le rêve, l’ivresse, l’amour, la réconciliation.

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Production pleine de furia, la mise en scène de Patrick Abéjean tire parti de la profusion de personnages allégoriques en proposant une esthétique décalée et loufoque inspirée de spectacles « choc » façon Hair, spectacle emblématique de cette période de révolte, à tendance psychédélique et hippie. Les solistes sont bien présents mais aussi un chœur avec pas moins de 50 intervenants ainsi qu’un orchestre de 20 musiciens menés par Stéphane Delincak. Bien sûr, avec ce type de spectacle, la contribution de la chorégraphie, réglée par Chloé Ban, a son importance de même que les costumes de Sohüta.

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Odyssud n’a pas oublié que nous sommes en période encore de Carnaval et vous suggère donc d’assister aux deux représentations proposées le 17 et le 18, costumés mais si possible en respectant la période choisie ! Soyez tous des Jimmy et des Patti !! Et comme les greniers sont passés de mode, les boutiques « vintage » spécialisées vous attendent.

Michel Grialou

Odyssud le lundi 17 et le mardi 18 mars à 20h30

The Fairy Queen - A bout de souffle

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