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Venise sur Garonne

13 Fév Publié par dans Musique classique | Commentaires

L’ensemble de cuivres anciens de Toulouse, Les Sacqueboutiers, ne manque pas d’imagination. En collaboration avec le Conservatoire à Rayonnement régional de Toulouse, ses musiciens, précurseurs du renouveau d’un répertoire flamboyant, proposent aux Toulousains un programme musical réunissant les plus belles œuvres originales consacrées au cornet à bouquin et à la sacqueboute par les grands compositeurs vénitiens de la Renaissance. Les somptueuses Canzone de Giovanni Gabrieli constituent l’épine dorsale de ce luxueux florilège. Pas moins de vingt-trois musiciens spécialisés dans ce répertoire participent à cette ambitieuse résurrection musicale.

C’est vers la fin de la Renaissance que Venise s’est imposée comme une destination touristique réputée en Europe : de France, d’Angleterre ou d’Allemagne, on se presse vers la lagune pour admirer les trésors architecturaux, les mœurs politiques particulièrement libérales des citoyens de la République, ou leur sens aigu du commerce, notamment avec les Orientaux.

Le pont du Rialto qui enjambe la Garonne ! - Photo montage Stéphane Canihac -

À Venise également, les pèlerins de toute l’Europe embarquent pour la Terre Sainte, et il n’est pas surprenant que cet afflux de visiteurs ait généré la production de brochures qui font figure d’ancêtres de nos guides touristiques modernes. Ces publications ne manquent pas de mentionner, parmi les curiosités les plus remarquables, la haute qualité musicale des offices religieux qui se tiennent dans la ville, en premier lieu à la basilique Saint-Marc : les témoignages des touristes étrangers insistent en particulier sur la richesse et la variété du groupe instrumental qui accompagne les chanteurs, comme le précise par exemple Jean Baptiste du Val, secrétaire de l’ambassadeur du roi de France en 1607 : « Il s’y fit un concert des meilleurs musiciens qu’ils eussent, tant de voix que d’instruments, principalement de six petits jeux d’orgues, outre celui de l’église qui est fort bon, et de trombones ou sacqueboutes, haultbois, violles, viollons, luths, cornets à bouquins, fleustes douces et flageolets ».

La qualité des exécutions musicales n’était pas le seul argument qui pouvait convaincre un jeune musicien étranger de venir achever sa formation à Venise : la ville était en effet connue depuis longtemps pour occuper la première place en Europe dans les domaines de l’imprimerie musicale et de la facture instrumentale.

Les Sacqueboutiers : une partie des musiciens participant au concert du 20 février - Photo Classictoulouse -

Pour illustrer cette effervescence musicale, Les Sacqueboutiers offrent, le 20 février prochain à l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines, un florilège de pièces instrumentales signées du principal maître d’œuvre de cette magnificence, Giovanni Gabrieli. Outre une succession de canzone etsonate extraites de ses fameuses Symphoniae Sacrea, seront exécutées deux brillantes partitions de Bendinelli et Cesare, contemporains de Gabrieli, mais également deux pièces d’hommage en imitation, de Cyril Chantelot, actuel professeur au Conservatoire de Toulouse.

Pour rendre justice à la solennité de cette musique, le groupe de base desSacqueboutiers s’est élargi à un ensemble de musiciens issus de divers horizons. Aux cuivres anciens se joignent instruments à cordes et à anche, ainsi que plusieurs orgues, à l’image des orgues de tribune de la basilique Saint-Marc de Venise. Des élèves des Conservatoires de Toulouse et de Lyon viennent participer à la fête ainsi que trois membres éminents du pupitre de trombone de l’Orchestre National du Capitole, experts en matière de sacqueboute : David Locqueneux, Aymeric Fournès et Fabien Dornic.

Serge Chauzy
Une Chronique de Classic Toulouse

Saint-Pierre des Cuisines
Jeudi 20 février à 20h00
Les Sacqueboutiers

 

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