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Rio Loco : quand la Garonne se jette dans l’Océan Indien

09 Juin Publié par dans Festival, Musique | Commentaires

Le Rio Loco #2017 promet une édition insulaire brûlante. Il met au coeur de sa riche programmation les perles musicales de l’Océan Indien. Le festival toulousain le plus international de tous réouvrira ses portes les 15,16,17 et 18 juin, à la traditionnelle Prairies des Filtres. Au croisement de plusieurs civilisations, les Comores, la Réunion, Madagascar, Maurice, Mayotte, Rodrigues, les Seychelles et Zanzibar revendiquent une identité musicale originale. Aperçu de la programmation.

© Patrice Nin

Le festival Rio Loco pour ses 20 ans

Le salegy de Madagascar

Le groupe Saramba entamera les réjouissances le jeudi 15 juin en fin d’après-midi. Saramba c’est la rencontre de membres issus de différentes régions de Madagascar et de leurs instruments traditionnels et acoustiques. Le groupe est attaché à ses coutumes diverses, à partir desquelles il tire sa richesse. Saramba ou « femmes » dans le Sud-Ouest de l’île, et sa cheffe de file Claudine Robert Zafinera ou Dina sauront faire voyager les festivaliers dans la riche culture traditionnelle malgache.

L’époux de cette dernière, Eusèbe Jaojoby, le « roi du salegy », occupera la scène Pont-Neuf vendredi 16 juin. Il est sans conteste l’un des fondateurs du salegy moderne, cette musique traditionnelle, de danse malgache. Il est aussi son ambassadeur sur la scène internationale. Sa voix claire est sa signature, et depuis peu l’artiste renoue avec le salegy classique. Le « roi » laissera sa place au « petit prince du salegy » Wawa, le samedi 17 juin. Ce jeune auteur, interprète et musicien est l’un des artistes malgaches les plus populaires aujourd’hui. Il fait partie de cette nouvelle génération engagée et énergique, au style nouveau et impétueux. 

© Wawa2

Wawa

Madagascar toujours : Damily invitera les festivaliers à (re)découvrir le tsapiky, pour la première soirée de concerts du jeudi. Le tsapiky est né de la rencontre des musiques modernes africaines et populaires des villages malgaches du sud-ouest de l’île. Damily chante, puis accélère le tempo pour faire danser la foule, puis « casse un peu le jeu » pour reprendre son souffle.

D’autres grands noms de la musique malgache seront également de la partie, à l’image de Toko Telo réunissant D’Gary, Monika Njava et Régis Gizavo qui proposeront leur « blues de l’Océan Indien ». Et bien d’autres encore…

© Bir Images

Toko Telo

Le maloya de la Réunion

La scène du Pont-Neuf accueillera jeudi 15 juin, Danyèl Waro, le « héraut du maloya » : le maloya, cette musique, chant et danse, aujourd’hui inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Né pour exprimer la douleur des esclaves dans les plantations sucrières, il est porteur de valeurs : une musique représentative de l’identité réunionnaise, illustration du métissage culturel. Le poète créole Danyèl Waro propagera son blues spirituel et métissé et présentera son dernier album « Monmon », véritable ode aux mères.

Skip&Die vs Lindogo est le croisement de l’Afrique du Sud, des Pays-Bas et de La Réunion. Cette rencontre laisse apparaitre un « maloya electropical » hors norme. La chanteuse Cata.Pirata et le producteur Jori Collignon convoquent le groupe Lindogo pour un assemblage exotique et explosif. Ce savant mélange s’inspire des rythmes du monde entier : cumbia, ghetto tech, funk, carioca, … pour clôturer cette première soirée à la Prairie des Filtres.

SKIP&DIE – Maloya Magic (with Lindigo)

La chanteuse de maloya, Christine Salem sera elle aussi présente sur la scène Village, le vendredi soir. Spirituelle, sa musique blues est libre de tous les affranchissements et sa voix intense est reconnaissable entre mille. Le quintette Gren Sémé viendra présenter son deuxième album « Hors sol » : un album avec au coeur ce maloya aux rythmes plutôt sombres et envoutants, le vendredi sur la scène du Pont-Neuf. Enfin, l’artiste Labelle qui dépasse les styles musicaux et les influences invitera les festivaliers à découvrir le maloya et les musiques électroniques qu’il entrecroise étonnamment : un résultat surprenant et profond, à découvrir le samedi soir, sur la scène Village.

© Franck Loriou

Christine Salem

Le bal de l’Afrique enchantée plonge dans l’Océan Indien pour faire le pont entre toutes ces îles et l’Afrique. La célèbre émission de France Inter propose depuis 2010 maintenant un formule de bal conté pour découvrir l’Afrique et la portée poétique, politique et historique de sa musique. C’est la promesse d’un voyage musical dans ces îles de l’Océan Indien pour explorer les cousinages avec l’Afrique et pour clôturer le festival, le dimanche 18 juin.

Un riche programme qu’il est difficile de décrire intégralement, tant il offrira aux festivaliers d’incroyables surprises et découvertes : Moriarty présente Wati Watia Zorey Band, Menwar, Kool Kreol Konektion, Deba, pour ne citer qu’eux …

© N'Krumah Lawson Daku 2015

Moriarty présente : Wati Watia Zorey Band

Rosemary Standley & Marjolaine Karlin & Friends

Le festival n’oublie pas le jeune public bien au contraire, avec une généreuse programmation. Entre autres, le Comorien Ahamada Smis présentera son spectacle « Les chants de la mer », le voyage initiatique de Twamaya. Par cette représentation, l’artiste slameur et musicien valorise le patrimoine culturel des Comores et son répertoire musical contemporain, tirés de multiples origines. Au programme encore, la compagnie Cirquons Flex avec Cirk an zékliLa Pli i donn, des spectacles pluridisciplinaires et itinérants : le cirque, un langage universel que la compagnie sait inscrire dans l’espace public et dans tout le festival pour l’occasion.

Et puis le Rio Loco, c’est surtout une atmosphère, une ambiance, une immersion dans ces cultures insulaires. D’abord, l’affiche de Jean-Marc Lacaze. Elle est une incroyable composition de symboles de ces îles de l’Océan Indien : le portrait d’une femme sakalava (ethnie malgache), ornée d’un masque masonjoany et surmontée d’une petite sapèl à lambrequin créole. Mégot exposera lui aussi. Le street artiste réunionnais met au coeur de son travail la roche. Les couleurs, les formes et les signes qu’il utilise sont un langage : un « chaman du rocher ». A découvrir également l’imaginaire créole de Kid Kreol & Boogie ou encore la photographie humaniste de l’artiste malgache Pierrot Men.

Marjorie Lafon 


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Festival Rio Loco

15,16,17 et 18 juin

Prairies des Filtres

Les îles de l’Océan Indien

Billetterie

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Crédits Photos

Le festival Rio Loco pour ses 20 ans © Patrice Nin

Wawa © Wawa2

Toko Telo © Bir Images

Christine Salem © Franck Loriou

Moriarty présente : Wati Watia Zorey Band Rosemary Standley & Marjolaine Karlin & Friends © N’Krumah Lawson Daku 2015

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