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Les musiques du « Sagittaire » avec Les Sacqueboutiers

09 Avr Publié par dans Musique classique | Comments

L’ensemble de cuivres anciens de Toulouse, Les Sacqueboutiers, porte loin et haut l’excellence de la ville rose en matière musicale. Depuis quarante ans cette année, ce groupe de passionnés, de redécouvreurs d’un passé glorieux et fécond, parcourt le monde pour y diffuser essentiellement les plus belles partitions composées pour leurs instruments, ancêtres des cuivres actuels. En outre, les musiciens qui le composent n’hésitent pas à explorer des territoires originaux et peu visités, à croiser leurs talents avec ceux d’artistes d’autres disciplines. Ils sont de retour à Toulouse le 15 avril pour un concert exceptionnel en association avec le Conservatoire à Rayonnement Régional de la ville rose.

Les Sacqueboutiers sont en effet rejoints, pour ce programme, par les classes du département de musique ancienne du CRR et par la classe de chant de son professeur, Jacques Schwarz. Cette rencontre se produit dans le cadre de la nouvelle entité de cet établissement, baptisée Pôle des Arts Baroques, qui s’adresse à des musiciens confirmés souhaitant aborder le répertoire des musiques anciennes. Le programme de ce concert offre, en l’église du Gesu de Toulouse, un florilège de pièces vocales et instrumentales du grand compositeur allemand de la Renaissance, Heinrich Schütz.

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L’intérêt pédagogique consiste tout d’abord à familiariser les étudiants de la classe de chant lyrique avec le style du répertoire du début du XVIIème siècle, période qui a vu la naissance de l’opéra. Il leur permet en outre de se familiariser à la pratique de la polyphonie avec des instruments et de mettre en évidence l’influence de la musique italienne du début du XVIIème siècle sur la musique allemande.

Né à Köstritz en 1585, Heinrich Schütz est l’un des compositeurs les plus représentatifs du premier baroque allemand. Aux côtés, notamment, de Samuel Scheidt et de Johann Hermann Schein, il est généralement considéré comme le plus grand musicien allemand antérieur à Johann Sebastian Bach, et l’un des plus importants de la musique occidentale au XVIIème siècle avec Claudio Monteverdi.

Après deux voyages à Venise, pour travailler d’abord avec Giovanni Gabrieli (en 1609), puis avec Claudio Monteverdi (en 1628), il revient à Dresde en étant rompu au style musical italien, aux antipodes de sa propre culture germanique. Il fut surnommé Sagittarius (« Sagittaire » en français) en référence à la traduction latine de son nom (Schütze = Sagittarius).

Les pièces inscrites au programme du concert du 15 avril appartiennent aux recueils des Symphoniae Sacrae I et II (1629 et 1647) et à celui des Sept dernières paroles du Christ en Croix (Venise, 1662). Elles mêlent de manière expressive les voix et les instruments. Les textes, en allemand ou en latin, sont accompagnés par l’ensemble constitué de deux cornets à bouquin, quatre sacqueboutes et un continuo constitué d’un théorbe, d’une viole de gambe et d’un orgue positif. Un groupe d’étudiants aguerris rejoignent donc Jean-Pierre Canihac, cornet à bouquin, Daniel Lassalle, sacqueboute et Jacques Schwarz, basse, pour donner vie à ce répertoire d’une prodigieuse richesse musicale et expressive.

Notons que l’entrée à ce concert sera libre, dans la mesure des places disponibles.

Serge Chauzy
Une chronique de ClassicToulouse

Renseignements et réservations :

Entrée libre

Billets disponibles au Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse
Tél: 05 61 22 39 36

Programme du concert donnés le 15 avril
à 20 h 30 en l’église du Gesu, 22 rue des Fleurs, Toulouse

* H. Schütz
Symphoniae Sacrae (Venise 1629 et 1647)

Attendite Popule meus (basse, 4 tromboni)

Venite ad me (ténor,
2 cornetti)

In venerunt me custodes civitatis (soprano, alto,
3 tromboni)

Anima mea, Adjuro vos (soprano, ténor,
2 cornetti, trombone)

Erbam dich mein, o Herre Gott – Choralkonzerte 1624 – (alto, 2 cornetti,
2 tromboni)

Veni dilecte mi (soprano, alto, ténor, basse, cornetto, 3 tromboni)

Fili mi Absalon (basse,
4 tromboni)

Meine Seele erhbet den Herren – Symphoniae Sacrae II, 1647 – (soprano, 2 cornetti,
3 tromboni)

Die sieben Worte Jesu Christi am Kreuz (tutti)

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