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Sol Gabetta – Bertrand Chamayou, un duo au sommet violoncelle – piano

13 Fév Publié par dans Musique classique | Commentaires

Jeudi 26 février, à 20h à la Halle aux Grains, et dans  le cadre du Cycle Grands Interprètes, c’est un duo au sommet de musique de chambre qui nous est offert par les deux artistes, la violoncelliste Sol Gabetta, et le pianiste Bertrand Chamayou, dans des œuvres de Beethoven, Mendelssohn et Chopin.

Le programme sera le suivant :

Ludwig van Beethoven [1770-1827]
Variations pour violoncelle et piano sur « Bei Männern, welche Liebe fühlen » de la Flûte enchantée de Mozart, en mi bémol majeur, WoO 46     (10 mn)

Felix Mendelssohn [1809-1847]
Sonate pour violoncelle et piano n°2, en ré majeur, opus 58    (28 mn)

entracte ~ 20 mn

Frédéric Chopin [1810-1849]
Sonate pour violoncelle et piano, en sol mineur, opus 65          (29 mn)
Grand Duo Concertant sur des thèmes de Robert le Diable        (13 mn)

Quelques mots sur ces deux artistes :

Sol Gabetta   Photo: Marco Borggreve

« Equilibre et élégance aristocratique … intensité et légèreté du toucher dans un équilibre quasi-miraculeux »  The Glasgow Herald

 Sol Gabetta atteint une renommée internationale lorsqu’elle obtient le « Crédit Suisse Young Artist Award » en 2004 et fait ses débuts avec le Wiener Philharmoniker et Valery Gergiev. Née en Argentine, Sol Gabetta remporte son premier concours à l’âge de dix ans, puis le « Natalia Gutman Award » ainsi que les félicitations au « Concours Tchaïkovski » de Moscou et à la « ARD International Music Competition » de Munich.

Nommée aux « Grammy Award », Sol Gabetta reçoit le « Gramophone Young Artist of the Year Award » en 2010 et le « Würth-Preis des Jeunesses Musicales » en 2012.

Après le grand succès de ses débuts avec le Berliner Philharmoniker et Sir Simon Rattle au Festival de Pâques de Baden-Baden en 2014, Sol Gabetta se produit à la Staatskapelle Berlin en Décembre 2014. Autres faits saillants pour la saison 2014/15 : ses débuts avec le Toronto Symphony Orchestra, une tournée européenne avec le London Philharmonic Orchestra et Vladimir Jurowski, ainsi qu’une série de récitals en compagnie de Bertrand Chamayou, avec qui elle publie un album CD en 2015.

Sol Gabetta se produit déjà, avec les plus grands orchestres et chefs d’orchestre du monde, collabore très étroitement avec les chefs Giovanni Antonini, Mario Venzago, Pablo Heras-Casado et Thomas Hengelbrock.

En été 2014, elle est artiste en résidence au Schleswig-Holstein Musik Festival, après des résidences à la Philharmonie et au Konzerthaus Berlin. Sol Gabetta est invitée régulièrement dans des festivals tels que Verbier, Gstaad.

Sol Gabetta se consacre de manière intensive à la musique de chambre, jouant dans des salles prestigieuses telles que le Wigmore Hall de Londres, le Palau de la Música Catalana de Barcelone et au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, avec des partenaires de grande renommée comme Patricia Kopatchinskaja, Baiba Skride et surtout Bertrand Chamayou. Sa passion pour la musique de chambre l’a conduite à fonder en Suisse le Festival « Solsberg ».

Sol Gabetta a été nommée instrumentiste de l’année 2013 aux « Echo Klassik Awards », pour son interprétation du Concerto pour violoncelle de Chostakovitch avec le Berlin Philharmonic dirigé par Lorin Maazel.

Grâce à une allocation généreuse privée octroyée par le Rahn Kulturfonds, Sol Gabetta joue sur l’un des violoncelles les plus rares et précieux, le Guadagnini datant de 1759.

Sol Gabetta enseigne à l’Académie de Musique de Bâle depuis 2005.

Bertrand Chamayou @ Marco Borggreve

Bertrand Chamayou fait partie des artistes désormais incontournables de la scène musicale. Doté d’un très vaste  répertoire, impliqué dans la création contemporaine et passant d’un style à l’autre avec une facilité déconcertante, il impose aujourd’hui une assurance et une imagination saisissantes, ainsi qu’une remarquable cohérence dans son propos artistique.

Qualifié encore de jeune pianiste ! sa biographie est déjà impressionnante, puisque l’artiste est rentré très vite dans le cercle des pianistes « tête de gondole », et la concurrence est pourtant rude, très rude. Ses qualités pianistiques y sont pour l’essentiel mais aussi les qualités propres du personnage qui font l’unanimité.

Lors des saisons à venir, il se produira au Théâtre des Champs-Elysées, au Wigmore Hall, au Konzerthaus de Vienne, à la Tonhalle de Zurich, à l’Auditori de Barcelone, aux Grands Interprètes de Toulouse, au Prinzregententheater de Munich, et sera l’invité de nombreux orchestres dont l’Orchestre de Paris, le Rotterdam Philharmonic Orchestra, le Cincinatti Symphony Orchestra, le Wroclaw Philharmonic, l’Orchestre National de France.

En 2014, Bertrand Chamayou signe un contrat d’exclusivité avec le label Erato, label qui fait une sorte de come-back pour les vétérans de la musique classique ! Le premier fruit de cette collaboration est un disque Schubert sorti en février 2014. Suivra, début 2016, une intégrale Ravel que le pianiste proposera sur scène à travers le monde.

Ses précédents enregistrements pour le label Naïve avaient été très remarqués et notamment, en 2011, l’intégrale des Années de Pèlerinage, couronnée de nombreuses récompenses. (Gramophone’s Choice, Choc Classica, Diapason d’Or de l’Année 2012 et Victoire de la Musique du meilleur enregistrement de l’Année). Et, au programme de deux soirées d’affilée dans le cadre de Festival Piano aux Jacobins.

Cette même année, Bertrand Chamayou a reçu une Victoire de la Musique classique comme Soliste Instrumental de l’Année. Il avait déjà obtenu en 2006 une Victoire dans la catégorie “Révélation”, couronnant un parcours déjà très prometteur.

Bertrand Chamayou se produit sur les plus grandes scènes internationales ainsi que dans les plus grands festivals. Le Festival Piano aux Jacobins de Toulouse, qui lui est très fidèle depuis ses débuts, l’invite aussi à son édition chinoise à plusieurs reprises, les Festivals, de la Roque d’Anthéron, de la Chaise-Dieu, de Besançon, où il à remplacé au pied levé Krystian Zimerman, de la Côte Saint-André, de Radio France et Montpellier qui lui a offert une résidence en 2013…

Il joue sous la direction de tous les chefs de réputation mondiale, aux côtés de nombre d’orchestres de renom. A chaque fois, la liste est trop longue à citer!!

La musique contemporaine occupe une part importante de son activité. Il a travaillé avec des légendes vivantes de la création comme Henri Dutilleux ou György Kurtag. Il est invité dans le cadre du festival « Présences » à jouer les concertos de Thomas Adès et de Esa-Pekka Salonen.

Son activité de chambriste est aussi essentielle, et il se produit régulièrement avec ses amis Sol Gabetta, Renaud Capuçon, Daishin Kashimoto, Augustin Dumay, Antoine Tamestit, Gautier Capuçon, Nicolas Baldeyrou, Alexeï Ogrintchouk, David Guerrier, Paul Meyer, Emmanuel Pahud, les quatuors Ebène, Belcea, Ysaÿe…

Natif de Toulouse, Bertrand Chamayou est remarqué dès l’âge de 13 ans par le pianiste Jean-François Heisser dont il a suivi par la suite l’enseignement au Conservatoire de Paris. Dans le même temps, il a travaillé assidûment aux côtés de l’illustre Maria Curcio à Londres, et a reçu les conseils éclairés d’un grand nombre de maîtres, dont Murray Perahia.

Bertrand Chamayou a par ailleurs à son actif des réalisations ambitieuses comme le cycle des Vingt regards sur l’Enfant-Jésus d’Olivier Messiaen à l’occasion du centenaire du compositeur ou les Douze Etudes d’exécution transcendante de Liszt, données maintes fois en concert, et dont résulte un « live » salué unanimement par la critique (Sony Classical).

Quelques mots sur les œuvres interprétées :

7 Variations en mi bémol majeur sur le duo “ Bei Männern, welche Liebe fühlen“ extrait de « La Flûte enchantée », WoO 46

Thème : Andante

Variation I
Variation II
Variation III
Variation IV
Variation V : si prenda il tempo un poco più vivace
Variation VI : Adagio
Variation VII : Allegro, ma non troppo

A côté des cinq sonates pour piano et violoncelle, Beethoven a eu, plus qu’une prédilection, un véritable rapport privilégié avec le genre de la variation. Il offrira trois séries de variations au violoncelle, la dernière en date de 1801 étant celle interprétée ce soir. Beethoven voit sans doute dans ce type de composition, l’occasion de briller comme pianiste en duo, la chance aussi d’approfondir sa connaissance de l’écriture pour violoncelle et surtout, de perfectionner sans cesse l’art de varier un thème, qualité qui jouera un rôle capital dans sa révolution musicale.

1801, deux nouvelles productions du Singspiel de Mozart sont données pour la première fois à Vienne. Si l’édition originale des deux premières séries de Beethoven étaient décrites comme des œuvres pour piano “avec violoncelle obligé“, cette nouvelle série est tout simplement intitulé “pour le clavecin“, sans mention de l’instrument à archet ! Pourtant, pour la première fois, les deux instruments sont traités comme des partenaires égaux.

Leur égalité est directement lié au thème lui-même, disposé tel que le piano prend la partie de Pamina, et le violoncelle, la voix de Papageno qui lui répond. 

Sonate de Felix Mendelssohn-Bartholdy

C’est la seule sonate de Mendelssohn écrite avec quatre mouvements, et sans conteste, le sommet de sa création pour violoncelle et piano. Un Allegro assai vivace très alerte faisant penser aux premières mesures de la Symphonie italienne de par son exubérance, d’un seul tenant. Suivent un Allegretto scherzando, très ample, tour à tour, mystérieux, espiègle, nostalgique puis un Adagio, page empreinte de ferveur toute religieuse, un beau et grand mouvement lent. Mendelssohn y fait dialoguer  un choral protestant pianistique, tout empreint de solennité, et un récitatif hassidique éloquent et déclamé. Et à la réexposition, il les superpose dans un apaisement plein de noblesse. On retrouve ici la passion du compositeur pour Bach. N’oublions pas que c’est lui qui, à vingt ans, ressuscite à Berlin, la Passion selon Saint-Matthieu, oubliée depuis cent ans.

Le Finale est un joyeux rondo, extrêmement virtuose pour les deux instruments, un véritable tourbillon musical.

La durée totale de la Sonate est de presque demi-heure.

Chopin

Cette Sonate en sol mineur fut jouée pour la première fois chez le compositeur le 23 avril 1847 par Chopin et Franchomme en l’honneur de la comtesse Delphine Potocka.

La sonate vient après les trois pour piano et sera sa dernière. Elle est en quatre mouvements :

Allegro de forme sonate
Scherzo en ré mineur
Largo
Finale : Allegro en sol mineur

Le premier est aussi long que les trois suivants réunis. L’importance donnée à chaque instrument est la même.

Dans l’ample premier mouvement, la  musique, tantôt douce, tantôt hésitante, reflète l’état d’âme du compositeur. On y décèle une grande puissance dramatique, parfois retenue, parfois libérée. Le deuxième mouvement, Scherzo, montre un fort contraste : le violoncelle chante, et le piano étincelle de brio avec des allures de mazurka. Le « trio » (partie centrale) est très lumineux, comme un vol d’oiseau. Le troisième mouvement, Largo, est un court moment de tendresse, un doux rêve entre deux moments plus saisissants.

Le dernier mouvement, Finale: Allegro, est construit comme un rondo opposant trois mélodies contrastées. La mélodie est inspirée par la tarentelle, le violoncelle et le piano se font écho, ou s’opposent.

Quant à la durée d’exécution, elle est d’environ trente minutes. La première parisienne de cette sonate fut donnée salle Pleyel et ce fut le dernier concert de Chopin à Paris. D’ailleurs, il était tellement affaibli qu’ils ne donnèrent pas le premier mouvement.

Les œuvres pour violoncelle et piano de Chopin paraissent inséparables du grand violoncelliste Auguste Franchomme puisque c’est après avoir fait sa connaissance que va paraître ce Grand Duo Concertant sur des thèmes de  « Robert le Diable ».

Lors de son arrivée à Paris, Chopin est ébloui littéralement par cet opéra de Meyerbeer créé le 21 novembre 1831. Et, à sa manière, il contribue à faire connaître les ouvrages lyriques dont la création fait florès alors à cette époque. C’est la mode des variations et des pots-pourris divers sur des opéras en vogue. Ayons sans cesse à l’esprit qu’il faut une représentation pour que l’ouvrage existe puis se fasse entendre par la suite. D’où l’importance de ces variations et exercices pour piano à quatre mains ou exercices pour deux pianos, …

Quel fut donc le rôle de Franchomme ? Sûrement quelques conseils techniques pour la partie violoncelle, très difficile, trop, au goût du violoncelliste.

Chopin, semble-t-il renia cette partition puisqu’elle ne figure pas dans le catalogue établi à la fin de sa vie.

Ceux qui connaissent l’opéra de Meyerbeer se plairont à repérer au niveau des trois sections du Duo les trois thèmes de l’opéra : un Andantino sur la Romance du ténor au premier acte, un Allegretto sur le thème sautillant du chœur des chevaliers au premier acte toujours, interrompu par un Andante cantabile sur une phrase du Trio du dernier acte.

Michel Grialou

Sol Gabetta / Bertrand ChamayouLes Grands Interprètes
Jeudi 26 février 2015 – 20h00
Halle aux Grains

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