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Insondable Hélène Grimaud, toujours aussi énigmatique

17 Nov Publié par dans Musique classique | Commentaires

« La pire des choses, c’est de croire que l’on a fait fausse route alors qu’on n’est pas allé jusqu’au bout. » Fascinante Hélène Grimaud Tout comme elle fut elle-même saisie d’émotion, à sept ans, en entendant la musique de l’Allegretto de la Septième de Beethoven, la musicienne a, tout de suite, comme envoûté les publics rencontrés lors de ses premiers concerts et récitals, il y a déjà plus de vingt-cinq ans.. Depuis, elle est toujours restée sur le devant de la scène médiatique, mis à part quelques éclipses. Elle reste l’une des personnalités musicales les plus marquantes de sa génération. Dans le cadre de Grands Interprètes, elle retrouve, le 20 novembre, la scène de la Halle qu’elle connaît bien et un public qu’elle affectionne.

Hélène Grimaud - Mat Hennek (DG)

De l’artiste, on évoque ses dons qu’elle a fort nombreux. Excellente pianiste, sa main gauche est qualifiée de redoutable d’efficacité. Peut-être parce qu’elle est gauchère ? Une tentative d’explication est lancée ! Le regard est toujours aussi intense, le sourire toujours présent mais un brin étrange, les yeux, toujours bleus, évidemment, vifs, magnétiques, cette couleur et cette intensité qui ont su  “capturé“ les fameux loups.

« La plupart des œuvres commencent par une lutte avec le corps qui se dissout dans la musique et devient esprit. Il s’agit ensuite d’emporter le corps avec soi dans ce monde nouveau – et de voir qu’il est soudain capable de choses impossibles dans la vie réelle : voler, planer, être en apesanteur. »

Mais, elle ne passe pas toute sa vie devant son clavier. Elle vous dira que l’on peut progresser sans être assis devant et que le travail mental lui est, par exemple, très important. Ce travail intérieur qui permet de savoir précisément ce que l’on veut concrétiser, l’important étant que les doigts n’aient plus qu’à obéir à une représentation mentale aussi claire que possible.  Elle réfléchit aussi, médite, aussi et écrit, aussi. Trois livres sont à son actif. Qui sait, pour combler une envie non aboutie de composer pour le piano ?

« Le rôle de l’artiste est de témoigner de la capacité du beau à racheter l’espèce humaine. »

Admise au Conservatoire de Paris dès l’âge de treize ans, elle remporte le premier prix de piano trois ans plus tard, en 1985. Elle poursuit sa formation avec György Sándor et Leon Fleisher, deux “monuments“ du piano. En 1987, elle donne son premier récital à Tokyo et est invitée par Daniel Barenboïm à jouer avec l’Orchestre de Paris.

C’est le début d’une carrière fulgurante. Elle se produit avec de nombreux orchestres prestigieux sous la direction de chefs renommés, et ses premiers disques sont récompensés très rapidement par des prix.

Entre ses débuts, en 1995, avec le Philharmonique de Berlin sous la direction de Claudio Abbado, et ceux, en 1999, avec le Philharmonique de New York sous la direction de Kurt Masur – deux jalons importants et deux succès parmi tant d’autres – s’insère un autre type d’événement : elle fonde dans l’État de New York le Wolf Conservation Center («Centre de protection des loups»).

C’est sa rencontre fortuite avec un Canis lupus, dans le nord de la Floride, qui fait naître son amour pour l’espèce en danger et la décide à ouvrir un centre de sensibilisation à l’environnement. « Pouvoir participer activement à la protection des animaux et les remettre à la place qui est la leur, il n’y a rien de plus gratifiant », estime-t-elle.

Mais l’engagement d’Hélène Grimaud ne s’arrête pas là : elle est également membre de Musicians for Human Rights, un réseau mondial de musiciens et de personnes qui s’attachent à promouvoir une culture des droits de l’homme et du changement social dans le domaine musical.

Pour la plupart d’entre nous, fonder et diriger un centre de protection des loups ou faire une carrière musicale florissante serait suffisant pour remplir une vie. Hélène Grimaud, elle, trouve encore le temps de cultiver une autre passion : l’écriture. Son premier livre, Variations sauvages, paraît en 2003 et ne tarde pas à être traduit en anglais, en japonais, en néerlandais et en allemand. Il est suivi en 2005 de Leçons particulières, à la fois roman et autobiographie, et en octobre 2013 d’un autre roman en partie autobiographique, Retour à Salem.

Son vaste programme de tournées a repris et la fait sillonner le monde entier et jouer toujours avec les plus grands. Ainsi, la seule année 2013 fut particulièrement bien remplie avec Brahms occupant une place de premier plan dans ses programmes. Son avant-dernier disque en date, Duo, avec la violoncelliste Sol Gabetta, remporte l’ECHO 2013 dans la catégorie “Enregistrement de musique de chambre de l’année”. En septembre 2013, parût un enregistrement des deux concertos pour piano de Brahms sous la direction d’Andris Nelsons.

Hélène Grimaud

Hélène Grimaud est également une chambriste ardente et passionnée, qui joue fréquemment dans les grands centres musicaux et les festivals les plus prestigieux avec un large éventail de musiciens instrumentistes dont, Sol Gabetta, Jan Vogler, Truls Mørk, Clemens Hagen et les frères Capuçon mais aussi chanteurs comme Thomas Quasthoff, Rolando Villazón,.

Son programme est annoncé construit sur un thème : l’eau. La variété des œuvres capables d’en faire partie pourra entraîner d’autres changements dont vous pourrez vous informer en sachant que, si telle ou telle œuvre est remplacée ou rajoutée, même au dernier moment, l’artiste, avec toutes ses qualités, reste celle que vous admirez et que vous viendrez écouter.

« Peut-on être artiste sans être obsessionnel ? Se remettre en question, ne jamais en avoir assez de creuser la partition et de changer la lumière qui l’éclaire, c’est ça, notre oxygène. »

Hélène Grimaud a décidé d’insuffler un peu de contemporain et le récital débutera alors avec :

Wasserklavier de Berio suivi de

Rain Tree Sketch II de Takemitsu

 Fauré

Barcarolle n°5 (7′)

Schubert/Liszt 

Auf dem Wasser zu singen, D.774 (4′)

Ravel

Jeux d’eau (6′)

Ondine (Gaspard de la nuit, n°1) (6′)

 

Albeniz

Almería (Iberia, Cahier II, n°2) (9′)

Liszt

Au bord d’une source (?)

Les jeux d’eau de la villa d’Este (7′)

St François de Paule marchant sur les flots (Légende n°2) (10′)

 

Janacek

Dans les brumes

Debussy

La Cathédrale engloutie (Préludes, Livre I, n°10) (6′)

Ondine (Préludes, Livre II, n°8) (?)

Reflets dans l’eau (Images, Livre I, n°1) (?)

Poissons d’or (Images, Livre II, n°3) (4′)

Pour les Arpèges composés (Etudes, Livre II, n°11) (5′)

L’Isle joyeuse (5′)

 

Et parce que Johannes Brahms est finalement, un de ses compositeurs incontournables, pour qui elle éprouve toujours la même tendresse, qu’un récital sans sa présence est……presqu’inconcevable :

 

Brahms

Sonate n°2 en fa dièse mineur, opus 2

« La beauté d’un concert, c’est cette fraction de seconde où le temps s’arrête, où les choses s’altèrent sous l’effet de l’émotion. »

Toutes les citations sont reprises dans des propos tenus par Hélène Grimaud.

Michel Grialou

Hélène Grimaud - Les Grands InterprètesLes Grands Interprètes
Halle aux Grains – jeudi 20 novembre 2014
Réservation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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