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Les cantates de Bach et l’OCT

17 Déc Publié par dans Musique actuelle | Commentaires

Le programme du concert d’abonnement de l’Orchestre de Chambre de Toulouse en cette fin d’année, retrouve les fondamentaux de la musique sacrée occidentale en la personne de Bach le Grand ! Les cantates de Johann Sebastian Bach occupent une place à part dans l’histoire de la musique. Gilles Colliard et ses musiciens ont décidé d’en présenter trois exemples parmi les plus significatives. Ils invitent à cet effet deux chanteurs solistes, le contre-ténor Guillaume Figiel Delpech et la basse Jean-Claude Sarragosse.

L’Orchestre de Chambre de Toulouse pendant une présentation de Gilles Colliard

« Le but de toute musique est la gloire de Dieu » écrit Bach qui ne se concevra jamais que comme un artisan au service d’une transcendance qui par définition lui échappe. Dans l’Allemagne luthérienne qui place la musique au cœur de l’office et de la vie sociale, Johann Sebastian Bach appartient à une dynastie de musiciens qui depuis des générations travaillent pour l’Église.

Après un bref intermède de cinq ans à la cour de Coethen où il écrit la plupart de ses œuvres purement instrumentales et dont beaucoup sont « italianisantes », il retourne volontairement à une situation de « cantor », rôle composite mélangeant l’enseignement du latin, celui de la théologie et celui de la musique. Ces années de cantor à Leipzig sont pourtant d’une extrême fécondité : 48 cantates, deux « Passions » et la Messe en si mineur, comme si Bach avait retrouvé un équilibre après une vie de cour pour laquelle il n’était pas fait. Dans ses cantates, Bach nous démontre que sa science inépuisable qui sidère aujourd’hui encore tous les musiciens lui permet de souligner au mieux les passions humaines et c’est pourquoi elles nous émeuvent tant aujourd’hui encore.

 

« Celui qui chante prie deux fois » disait Martin Luther mettant la musique au cœur de l’office. Nul besoin d’être croyant de nos jours pour sentir dans la musique de Bach l’espérance d’un monde meilleur et la certitude de son avènement.

 

Originaire de Bordeaux, le contre-ténor Guillaume Figiel Delpech découvre la musique à 7 ans en entrant au Conservatoire de Bordeaux en classe de violon. Il y étudiera ensuite le violon alto et la guitare classique. Il entre en 2003 dans la classe de chant de Jacques Schwarz au Conservatoire à Rayonnement Régional (de Bordeaux, d’abord, puis de Toulouse en 2004). En 2007, il rejoint la classe d’Étude du Style Vocal du département de musique ancienne du Conservatoire de Toulouse sous l’égide de Jérôme Corréas. Il a participé à l’enregistrement de l’intégrale des Lamentatio de Constanzo Festa (Arion) encensé en 2008 par la critique. Il est titulaire d’un Prix de chant et d’un Prix d’Étude du Style Vocal du département de musique ancienne, du CRR.

Après des études de musicologie à l’Université de Toulouse, Jean-Claude Sarragosse est diplômé du CNIPAL de Marseille. Il obtient ensuite un premier prix au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la classe de William Christie. Il débute sa carrière au sein d’ensembles vocaux comme La Chapelle Royale (Philippe Herreweghe), Sagittarius (Michel Laplénie), Les Jeunes Solistes (Rachid Safir) et sera membre des Arts Florissants (William Christie) pendant plus de cinq ans avec lequel il participera à de nombreux concerts et opéras (Atys, Médée, Castor et Pollux…) ainsi qu’a plusieurs tournées internationales (Brésil, USA, Chine, Australie, Canada…). Invité par les ensembles vocaux ou instrumentaux, il chante l’oratorio (Passions et cantates de Bach, Requiem de Fauré, de Mozart, Le Messie de Haendel, La Création de Haydn, Noces de Stravinsky…) avec les éléments (Joël Suhubiette), La Fenice (Jean Tubery), Akademia (Françoise Lasserre), Jacques Moderne (Joël Suhubiette), Mensa Sonora (Jean Maillet) avec lesquels il enregistre de nombreux disques.

Passionné par le répertoire de la mélodie et du lied, il se produit avec les pianistes Corine Durous ou Nathalie Steinberg au Festival de la Médina de Tunis, dans les Alliances Françaises du Brésil et du Mexique, au Festival de Saint-Céré, au Mai musical de Perpignan, à la Fondation Boris Vian d’Eus, au théâtre de Dijon.

 

Serge Chauzy 

Une Chronique de Classic Toulouse

mardi 18 décembre et jeudi 20 décembre
Saint Pierre des Cuisines
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