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Après un Messie de G.F. Haendel en novembre, le revoici le 12 décembre. Jean-Christophe Spinosi est aux commandes.

09 Déc Publié par dans Musique classique | Commentaires

Après la cathédrale Saint-Etienne, c’est la Halle aux Grains qui accueille Messiah, a sacred oratorio, avec le Chœur les – éléments de Joël Suhubiette, dirigé par le chef Jean-Christophe Spinosi accompagné par l’Ensemble Matheus. Les solistes sont, la soprano Adriana Kučerovǎ, le contre-ténor David DQ Lee, le ténor Topi Lehtipuu, la basse Christian Senn. Ce concert est donné dans le cadre du cycle Grands Interprètes.

Jean-Christophe Spinosi

Depuis plusieurs années, l’exécution de cet ouvrage semble avoir retrouvé des dimensions plus appropriées faisant oublier les masses chorales “monstre“ du XIXè tout comme les masses orchestrales encore récemment au XXè siècle. Les excès sont peut-être maintenant dans l’autre sens où l’on semble se disputer pour décrocher la timbale du style :  le moins d’exécutants possible, un chœur famélique, et même des solistes qui sont pris dans le chœur, en sortent et y retournent chantant devant une petite poignée de musiciens.

La distribution retenue ici paraît tout à fait adéquate pour une interprétation se présentant sous les meilleurs auspices. Le public de la Halle connaît le chef. Pour certains, il est l’enfant terrible de la musique classique. Pour d’autres, il est un véritable musicien-chorégraphe doté d’une pulsation rythmique et d’une exaltation physique hors normes. Jean-Christophe Spinosi bouscule et dérange avec toujours le même désir : celui de proposer des interprétations construites autour d’une dramaturgie forte, seule voie pour rendre accessible à tous, les grands répertoires de l’histoire de la musique.

Ensemble Matheus

Violoniste passionné par de nombreuses formes d’expression musicale, il étudie très jeune la direction d’orchestre. Dès ses premiers concerts, il pense déjà à « décloisonner » les diverses musiques : il devient « baroqueux chez les moderneux, moderneux chez les baroqueux ». Grâce à l’enthousiasme du public et à sa popularité, il est depuis de nombreuses années invité en tant que chef d’orchestre à travers le monde. Passionné de musique de chambre et de musique d’ensemble, il fonde en 1991 le Quatuor Matheus qui devient rapidement  l’Ensemble Matheus, toujours très fier de ses origines bretonnes. Avec, il va mener à bien un énorme travail sur Antonio Vivaldi, et se produire dans de nombreuses salles de renommée internationale. Doté d’une géométrie variable allant de la « formation de chambre » à l’orchestre symphonique, l’Ensemble Matheus s’applique depuis ses débuts à mélanger les différents genres musicaux, interprétant les répertoires du XVIIe au XXIe siècle sur instruments d’époque (baroque, classique, romantique et moderne).

Du répertoire a cappella à l’oratorio, de la musique de la renaissance à la création contemporaine, en passant par l’opéra, travaillant en relation avec des musicologues, allant à la rencontre des compositeurs d’aujourd’hui, Joël Suhubiette consacre l’essentiel de son activité à la direction du chœur de chambre toulousain les éléments qu’il a fondé en 1997. Composé de 20 à 40 chanteurs professionnels, il sera nommé « ensemble de l’année » aux Victoires de la Musique Classique 2006. Joël Suhubiette lui consacre la plus grande partie de son activité en explorant la création contemporaine, le riche répertoire du XXe siècle a cappella, ainsi que l’oratorio baroque et classique. On sait les qualités que requiert une interprétation du Messie de la part des différents pupitres  du chœur et le Chœur les – éléments ne peut qu’ être flatté de participer à cette exécution faisant partie d’une tournée européenne.

Joël Suhubiette

Quatre solistes et pas des moindres : la soprano Adriana Kučerovà relativement jeune, dirons-nous et fréquentant déjà les plus grandes scènes de l’art lyrique de Vienne, Berlin, Milan, Paris, et donc Toulouse. Le contre-ténor David DQ Lee que Philippe Jaroussky n’hésite pas à citer parmi les révélations de ces dernières années parmi la nouvelle garde des contre-ténors. C’est tout comme pour les nouveaux venus parmi les ténors dont fait partie le finlandais Topi Lehtipuu. Quant au baryton chilien Christian Senn, c’est un des plus recherchés pour le répertoire du bel canto, tout autant que dans Mozart, ou le baroque et la musique de Bach.

Tout cela énuméré, cela fait une fort belle affiche pour le 12 décembre.

Le Messie compte bien, à côté des deux Passions de Jean-Sébastien Bach, parmi les illustrations musicales les plus parfaites de l’écriture sainte. Son titre Messie, est un nom hébreu qui signifie « l’oint du seigneur », celui qui conduit au royaume de Dieu. Haendel va réussir dans cette œuvre la synthèse entre le bel canto de l’opéra italien et l’oratorio avec des éléments de la musique d’église de l’Allemagne centrale et du Nord, ainsi qu’avec l’anthem anglais.

A l’encontre des grandes œuvres de Bach, qui donnent à l’auditeur plutôt l’impression d’être des grandes cantates surdimensionnées ainsi que des méditations évangéliques empreintes d’un très fort sentiment de repentir et d’humilité, ce Messie ressemble plutôt à un oratorio sans lien liturgique qui fait se dérouler la vie et le calvaire. Le Christ nous y est présenté dans une sorte de continuum temporel fait du passé, du présent et du futur. Se succèdent, en fonction des choix du chef, et regroupés en trois parties, une cinquantaine de numéros sur deux heures de musique avec entracte, celle-ci judicieusement placée, c’est-à-dire surtout pas après le “tube“, le fameux Alleluia !!! mais avant, ce chœur n’étant pas le dernier numéro de l’ouvrage !

Les paroles proviennent entièrement de la prose noblement cadencée de la Bible anglaise : la Authorized Version de 1611. Plus occasionnellement, le librettiste Charles Jennens s’appuie sur la version de la Grande Bible de 1539, celle que conserve le Livre des Prières anglican. Auteur de la compilation, Jennens, nobliau riche et vaniteux, combine adroitement les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il cherche à illustrer l’accomplissement des prophéties du Messie de l’Ancien Testament dans les événements évangéliques. Il sépare l’oratorio en 3 parties, d’une durée totale d’environ cent quarante minutes.

A ce jour, il n’existe pas une version dite définitive.

n°1 – Récitatif, accompagné ( ténor) : “Confort ye, my people, saith your God” (Isaïe 40, 1-3)

n°2 – Air (ténor) : “Every valley shall be exalted” (Isaïe 40, 4)

n°3 – Choeur : “And the glory of the Lord shall be revealed” (Isaïe 40, 5)

n°4 – Récitatif, accompagné (basse) : “Thus saith the Lord of Hosts :”
(Aggée 2, 6-7 ; Malachie 3, 1)

n°5 – Air (alto) : “But who may abide the day of His coming ?” (Malachie 3, 2)

n°6 – Chœur : “And he shall purify the sons of Levi” (Malachie 3, 3)

n°7 – Récitatif (alto ou mezzo-soprano ou contreténor) : “Behold, a virgin shall conceive”
(Isaïe 7, 14 ; Matthieu1, 23)

n°8 – Air de l’alto ou contreténor ou mezzo : “O thou that tellest good tidings to Zion”
(Isaïe 40, 9 ; 60, 1)

n° 9 – Chœur : même incipit

n°10 – Récitatif accompagné (basse) : “For behold, darkness shall cover the earth”
(Isaïe 60, 2-3)

n°11 – Aria de basse : “the people that walked in darkness” (Isaïe 9, 2)

n°12 – Chœur  : “For unto us a child is born” (Isaïe 9, 5)

n°13 – Intermède : Pastoral Symphony ou Pifa

n°14 – Récitatif : soprano “there where shepherds abiding in the field“ (Luc 2, 8)
puis accompagné “And lo, the angel of the Lord came upon them” (Luc 2, 9)
Récitatif : “And the angel said unto them”
puis accompagné “And suddenly there was with the angel“ (Luc 2, 10-11, 13)

n°15 – Chœur : “Glory to God in the highest” (Luc 2, 14)

n°16 – Air de soprano : “Rejoice greatly, O daughter of Zion“ ( Zacharie 9, 9-10)

n°17 – Récitatif de alto ou mezzo ou contreténor : “Then shall the eyes of the blind be opened“ (Isaïe 35, 5-6)

n°18 – Air soprano ou duo mezzo-soprano : “He shall feed His flock like a shepherd,”
(Isaïe 40, 11 ; Mathieu 11, 28-29)

n°19 – Chœur : “His yoke is easy, and His burthen is light”  (Mathieu 11, 30)

 

DEUXIEME PARTIE

“Le sacrifice du Christ et sa condamnation”

n°20 – “Behold the Lamb of God” (Jean 1, 29)

n°21 – Air de contralto ou contreténor ou mezzo  : “He was despised and” (Isaïe 53, 3 ; 50, 6)

n°22 – Chœur : “Surely, he hath borne our griefs” ( Isaïe 53, 4-5)

                      : “And with His stripes we are healed“

n°23 – Chœur : “And we like sheep have gone astray “ ( Isaïe 53, 6)

n°24 – Récitatif accompagné (ténor) : “All they that see Him laugh Him to scorn ” (Ps 22, 8)

n°25 – Choeur : “He trusted in God that He would deliver Him” (Ps 22, 6)

n°26 – Récitatif accompagné (ténor) : “Thy rebuke hath broken His heart” (Ps 69, 21)

n°27- Arioso : ténor : “Behold, and see if there be any sorrow” (Lamentations 1,12)

n°28 – Récitatif accompagné (soprano) (ou ténor) : “He was cut off out of ” (Isaïe 53, 8)

n°29 – Air ténor (ou soprano) : “but thou didst not leave His soul in hell” (Ps 16, 10)

n°30 – Chœur : “Lift up your heads ; O ye gates” (Ps 24, 7-10)

 

ENTRACTE

n°31 – Air de basse ou contralto ou …… : “Thou art gone up on high” (Ps 68, 18)

n°32 – Chœur : “The Lord gave the word” (Ps 68, 12)

n°33 – Air (soprano ou duo soprano-mezzo : “How beautiful are the feet of” (Rom 10, 15)

n°34 – Chœur ou ténor : “Their sound is gone out into all lands” (Romans 10, 18)

n°35 – Air (basse) : “Why do the nations so furiously rage together” (Ps 2, 1-2)

n°36 – Chœur : “Let us break their bounds asunder” (Ps 2, 3)

n°37 – Récitatif (ténor) : “He that dwelleth in heaven” (Ps 2, 4)

n°38 – Air (ténor) : “Thou shalt break them with a rod of iron” (Ps 2, 9)

n°39 – Hallelujah ! (Apocalypse. 19 : 6 ; 11 : 5 ; 19 : 16)

 

TROISIEME PARTIE

“ Le Christ triomphant”

n°40 – Air (soprano) : “I know that my Redeemer liveth” (Job 19, 25-26 ; I Cor. 15, 20)

n°41 – Chœur : “Since by man came death” ( I Corinthiens. 15, 21-22)

n°42 – Récitatif accompagné (basse) : “Behold, I tell you a mystery” (I Cor. 15, 51-53)

n°43 – Air (basse) : “the trumpet shall sound“ (I Cor, 15, 52-53)

n°44 – Récitatif contralto ou mezzo : “Then shall be brought to pass”

n°44b – Duo : mezzo et ténor : ”O death, where is thy sting” (I Cor. 15, 55-56)

n°45 – Chœur : “But thanks be to God” (I Cor. 15, 57)

n°46 – Air soprano : “If God is for us” (Romains, 31-34)

n°47 – Chœur : “Worthy is the Lamb that was slain” (Apoc. 5, 9, 12-14)
Chœur : Amen

Michel Grialou

mercredi 12 décembre à la Halle aux Grains (20h00) – Réservation

 

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