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l’ONCT dans un programme “tras los pirineos“

26 Oct Publié par dans Musique classique | Commentaires

L’orchestre accompagne en première partie la soprano française, Patricia Petibon, à nouveau toulousaine, dans un concert placé sous le signe de l’Espagne.

L’artiste chante toutes sortes de musiques, de Lully et Haendel à Bernstein, en passant par Mozart et Debussy, avec une affection toute particulière pour la musique baroque italienne, objet de son grand retour dans un récital au Salon Rouge du Musée des Augustins, février 2011, et aujourd’hui, cap sur les mélodies espagnoles.

Au cours de ces dernières années, ce ne fut pour l’artiste qu’une succession exaltée de prises de rôles et de prises de risques, Patricia Petibon s’aventurant toujours plus loin dans l’exacerbation de ses sentiments, repoussant sans cesse les limites de ses interprétations. Mais, tout cela, sans perte de contrôle, sans se brûler, ni se consumer, enfin, jusqu’à cette première partie de concert ! qui offre à l’ “enfant terrible“ l’occasion d’exprimer à nouveau toute l’étendue de son potentiel vocal et théâtral.

La “Petibon touch“ pourra manifester toute sa liberté de ton dans les morceaux choisis qui demandent tous, une interprétation à la fois brillante et expressive, ainsi qu’une grande habileté pour déjouer les pièges de partition mettant la voix à rude épreuve.

« Dès mon enfance, j’ai été intriguée et fascinée par la culture espagnole, parce qu’elle est une symbiose entre l’outrance et la subtilité. Elle exalte les émotions avec fierté et raffinement. C’est une culture qui vient de la terre, du peuple. »

A côté des mélodies choisies de Manuel de Falla, Enrique Granados et Joaquin Turina, un évènement, Patricia Petibon nous offre la première audition en France des Quatre chansons sur des paroles de Alvaro Escobar Molina pour soprano et orchestre constituant l’opus Mélodias de la Melancolia, œuvre de Nicolas Bacri composée en 2010.

Pour l’accompagner, c’est tout l’Orchestre National du Capitole de Toulouse qui lui sert d’écrin sous la direction du nouveau chef de l’Orchestre du Licéo de Barcelone, Josef Pons.

Somptueuse deuxième partie de concert avec trois œuvres d’inspiration ibérique de Maurice Ravel, Alborada del gracioso, Rhapsodie espagnole et,……..un certain Boléro. Trois œuvres qui vont vous permettre de découvrir des instruments, et surtout des percussions, que l’on rencontre plutôt rarement !

De 1919, Alborada del Gracioso (« aubade du bouffon »), en version pour orchestre correspond à la quatrième pièce d’un recueil pour piano intitulé Miroirs. D’une durée de 7 à 8 minutes, c’est une réussite complète pour cette évocation aux couleurs rutilantes, mettant en œuvre toutes les ressources de l’orchestre avec une frénésie grinçante : crotales ( !!!), castagnettes, harpes, xylophone recréent une Espagne palpitante et excessive.

De 1907,la première grande œuvre orchestrale du compositeur, la Rhapsodie espagnole, d’une durée de 16 minutes environ, est une leçon de choses côté instrumental. Vous découvrirez le sarussophone, mais aussi, tambour de basque, tam-tam, célesta, xylophone, triangle et castagnettes, etc…En quatre mouvements, elle se termine par Feria, véritable enchantement sonore, sommet d’une partition magistrale grâce au don exceptionnel de la couleur instrumentale de son compositeur.

Le 22 novembre 1928, le public de l’Opéra de Paris sait-il qu’il assiste à la création d’une des pages les plus célèbres de la littérature orchestrale du XXè siècle, le fameux Boléro, musique pour un ballet commandée par la  danseuse, Ida Rubinstein. La nomenclature orchestrale est trop longue à énumérer avec ces différents, clarinettes,  trompettes, ou saxophones, et même hautbois avec le hautbois d’amour ! Tout ça pour une pièce n’utilisant aucune forme connue, aucun développement thématique, aucun luxe harmonique, hormis les deux mélodies voisines qui se développent sur le rythme d’un boléro et se répètent indéfiniment, avec un « caractère obsédant et horrifiant » devant rendre l’œuvre « insupportable », dixit Maurice Ravel. Les seules variations sont apportées par les changements de timbres et le continuel crescendo qui définit –  coup de génie sans égal – la dynamique de l’œuvre.

Quant à la durée, 15’ ou moins, c’est trop rapide, 18’ et plus, c’est beaucoup trop lent ! Dur le tempo !

Michel Grialou

ONCT – Jeudi 3 novembre à la Halle aux Grains – 20h

Réservation

Photo Patricia Petitbon : Felix Broede / Deutsche Grammophon •   Photo Josef Pons :  A. Bofill

 

 

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