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Bertrand Chamayou, suite : un grand moment de piano

19 Sep Publié par dans Musique classique | Commentaires

Dimanche 18 septembre, 20h

Nouveau triomphe après celui du 2 septembre

L’artiste vient de signer son entrée définitive dans la Cour des Incontournables, ceux qui constituent les piliers d’un Festival, ou d’une saison de salle de concert, et ce sur les cinq continents.

Le Cloître est réfrigéré mais peu importe. La chaîne Mezzo met en boîte le récital-marathon de notre ami Bertrand Chamayou. Une réussite totale que nous ne dissèquerons pas. Les trois recueils des Années de pèlerinage se succèdent sur un mode peut-être plus extraverti que le 2 septembre, le tout avec une assurance démultipliée, un pianiste galvanisé, dénué de tout complexe dans les contrastes, affrontant les fortissimos avec exaltation, jouant du Franz Liszt qu’il semble tutoyer, et non pas simplement des partitions de ……..

Prenez ainsi le temps de lire les réponses très éclairantes qu’il a eu l’amabilité de donner à quelques questions malgré un agenda impressionnant.

Pourquoi avoir choisi d’interpréter et d’enregistrer ce cycle ?

Liszt est un compositeur porte-bonheur depuis le début de ma carrière. Le cycle des Etudes d’exécution transcendante, joué maintes fois en concerts il y a bientôt une dizaine d’années, et dont a résulté un enregistrement quelques années plus tard, a fait beaucoup pour ma réputation.

Chose étonnante, car adolescent je n’aimais pas trop la musique de Liszt. Mes goûts, qui me portait d’abord sur la création contemporaine, englobait quasiment toute l’histoire de la musique, en faisant un blocage sur le 19ème siècle, et particulièrement sur ce qui était le plus proche de l’esprit purement romantique; à savoir Liszt ou Berlioz par exemple.

J’ai redécouvert le romantisme par la littérature, et donc en premier lieu les compositeurs les plus directement en lien avec la poésie et la narration, à savoir Liszt , Berlioz ou Schumann. Chopin et Mendelssohn sont venus ensuite.

Liszt est donc resté un compositeur clé de mon répertoire, car j’ai énormément aimé son côté pluriel, paradoxal , et de ce fait j’ai estimé qu’il fallait brasser une vaste étendue de son répertoire pour réellement rendre justice aux multiples aspects de sa personnalité. Comme on m’associait presque trop à Liszt ces derniers temps, j’avais décidé de m’en écarter un peu, mais, moi qui ne suis pourtant pas un féru des anniversaires et des célébrations, j’ai désiré, en regard du travail déjà accompli , me joindre à cet hommage de 2011, et ai voulu de ce fait « marquer le coup » par cette oeuvre fleuve qui englobe presque toutes les facettes de l’art du compositeur, et dont la durée de gestation montre son long et complexe cheminement artistique.

Que vous évoque ce chef-d’œuvre de la littérature lisztienne ?

Une partie de la réponse est contenue dans la question précédente. Avant tout la trajectoire de la vie de Liszt. Avec 40 années de composition au total , les Années de pèlerinage dessine de façon très nette l’évolution de la pensée “lisztienne“.

Dans ce cycle, avez-vous une préférence pour une œuvre en particulier ?

Une en particulier je ne sais pas. Mais il y a forcément quelques sommets et des pièces plus mineures. Les moments moins substantiels trouvent cependant tout leur sens au sein du cycle , comme de délicieuses et délectables respirations, et on ne saurait d’ailleurs endurer presque 3 heures de musique trop dense. Les sommets sont à mon sens la Vallée d’Obermann et les Cloches de Genève dans la Première Année, Dante et le sonnet 104 dans la 2ème , mais je dois dire que ma préférence absolue va à l’ensemble de la troisième année, qui après les tourments et passions « terrestres » des deux premières parties, nous fait littéralement décoller.

De Franz Liszt, quelles autres partitions aimeriez-vous fixer sur un support ?

Les Harmonies poétiques et religieuses, quelques oeuvres de la fin, des transcriptions de lieder de Chopin, Schubert, Schumann, des paraphrases de Verdi , Rossini, Wagner, des Rhapsodies hongroises, ainsi que, dans longtemps sans doute la Sonate en si mineur.

Un challenge du style, les 2 concertos de Liszt avec l’ONCT à la Halle, ne vous tenterait-il pas ?!!!!!!!!!

Je joue le premier justement avec l’ONCT à la Halle en mars prochain! J’ai beaucoup joué ce concerto, sur instrument moderne , mais je viens également de le graver sur un Erard de 1837 avec le Cercle de l’harmonie (ensemble sur instruments d’époque) et Jérémie Rorher.

Michel Grialou

Revoir le précédent article en date du 27 août

 

 

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