N121 Bus de nuit un film de Morade Aïssaoui
Porté par un trio de jeunes comédiens absolument épatants, le premier long de Morade Aïssaoui est un instantané de la violence ordinaire qui gère trop souvent le quotidien de notre temps.

Gaspard Gevin-Hié (Simon), Riad Belaïche (Aïssa) et Bakary Diombera (Oscar) – Crédit : Ripley Films.
Aïssa, Oscar et Simon, trois potes à la vie à la mort, vont fêter un heureux évènement dans une boîte de nuit. C’est le moment du retour, celui de prendre à la volée le bus de nuit, le N 121. Les portes se ferment devant leurs nez mais le chauffeur, un brave homme, revient ouvrir et les faits monter, couvert de remerciements. En gagnant leurs sièges, une mini-bousculade entraîne des mots pas très sympathiques. Le ton monte rapidement, les gestes se font agressifs. Un pistolet fait son apparition… C’est le début d’un angoissant périple qui trace devant nous tout un portrait de notre société actuelle, avec ses bons et surtout ses mauvais côtés. Devenus preneurs d’otages à leur insu, nos trois jeunes ne savent plus comment se sortir de ce guêpier. Les choses s’accélèrent. Un passager, Dimitri, prend le contrôle du bus et brûle tous les interdits. Un coup de feu éclate…
Des seconds rôles parfaitement distribués entourent un trio de jeunes acteurs d’une puissance de feu ahurissante.
Chacun dans son style et son rôle, ils nous donnent à voir la désespérance mais aussi la résilience d’une jeunesse désemparée. Riad Belaïche campe un Aïssa courageux, pragmatique, vindicatif mais réfléchi aussi, Bakary Diombera est un Oscar à la vie compliquée, violent au plus profond de lui, Gaspard Gevin-Hié trace le portrait de Simon, le « blanc » du groupe, perdu, parfois distant, tentant de reprendre pied dans cette aventure nauséabonde qui en dit long sur notre temps.
Un montage hyper serré et d’une folle énergie ajoute à ce véritable thriller sociétal le rythme insensé qui est bien celui qui accélère sans frein nos vies en ce moment…
Un vrai regard sur une jeunesse d’aujourd’hui qui ne demanderait qu’à vivre en paix dans la jungle d’un monde d’adultes à bout de nerf.

