À côté des productions d’opéras et de ballets, la brochure vous présente aussi des événements qui se déroulent au Théâtre du Capitole dans les meilleures conditions puisqu’en effet, c’est toujours à la place dévolue après achat de votre billet. Ainsi pas de précipitation ! mais évitez d’arriver au dernier moment d’autant que les portes ouvrent maintenant pratiquement une heure avant le moindre spectacle.

Annick Massis © Gianni Ugolini
Question Récital, le premier, le mardi 2 décembre, accueillera une grande dame du chant lyrique en la personne d’Annick Massis qui fait l’honneur au Théâtre du Capitole de faire ses adieux sur son plateau. Et l’on se remémore les excellents moments d’émotions vécus dans ses prestations passées sur notre scène “capitoline“. Annick Massis est un grand soprano drammatico d’agilità e di forza. C’est l’une des vocalità les plus complexes de l’histoire du chant. Le public l’a entendu récemment dans Lucrèce Borgia et auparavant dans Lucia di Lammermoor, et encore dans Leïla des Pêcheurs de perles, ou Philine dans Mignon, …Une carrière internationale lui a permis d’aborder environ soixante-dix rôles majeurs et on ne va pas énumérer toutes les scènes qui l’ont accueillie, des plus prestigieuses aux plus discrètes mais tout aussi émouvantes et triomphales. Le programme n’est pas déterminé mais qu’importe. Antoine Palloc sera le pianiste accompagnateur “phare“.

Matthias Goerne © Caroline de Bon
Le jeudi 16 avril, suivra une figure devenue familière au Capitole, et incontournable, que le public réclame maintenant à chaque programmation de saison, c’est le baryton-basse ou baryton Matthias Goerne. On ne présente plus Matthias Goerne ici, tellement le public a pu apprécier toutes les qualités de son chant, et de son jeu, dans nombre de récitals mais aussi d’ouvrages lyriques. Le Maître du lied fut époustouflant lors de son dernier récital Schumann-Brahms, ici même. Toujours dans l’engagement en public, avec sa voix d’une dynamique et une plasticité étonnantes, doué de ressources d’imagination et de sensibilité de timbre semblant inépuisables, il rend chacune de ses prestations en récital, unique.
On souhaite juste que, lors de son prochain récital, il n’y ait aucun inconscient qui tente de le prendre en photo ou, pire, de l’enregistrer. Ce serait Vulcain déchaîné qui s’abattrait sur l’inconscient mal élevé. Une fois a suffi.
Ajoutons que nous aurons le privilège de le retrouver dans un domaine totalement inattendu, celui de la mise en scène ! mais oui, et pas d’un opéra disons anonyme. Tout simplement, un Richard Strauss, Salomé. Ainsi, l’empereur du lied affronte la perverse, sulfureuse et morbide héroïne du compositeur. Nous l’attendons avec grande, très grande impatience.

Jakub Józef Orliński © Jiyang Chen
Dernier récital avec la “coqueluche“ des contre-ténors, j’ai nommé en effet l’irrésistible artiste polonais Jakub Jósef Orliński. C’est pour le jeudi 23 avril. Il sera accompagné au piano par Michal Biel. Son programme, peu courant, en est d’autant plus excitant, soit des Songs de Henry Purcell et John Dowland. Nous sommes en plein dans la musique anglaise du XVIIè et XVIIIè.
Sachons qu’Henry Purcell fut un compositeur prolifique, réputé pour ses Livres de Chansons tout comme John Dowland ou bien plus tard Benjamin Britten. On ignore la véritable date de naissance, 1658 ? par contre, on sait qu’il meurt un 21 novembre 1695, d’où une vie relativement courte, soit comme Mozart, 36-37 ans ? Il décède alors que sa renommée a à peine franchi la Manche. Le musicien n’est pas voyageur. Mais on peut remarquer que le jeune homme n’a pas encore vingt ans alors qu’il a déjà exercé au moins cinq métiers de la musique : choriste, instrumentiste, copiste, conservateur des instruments royaux et compositeur, ce dernier dont il sera le plus illustre représentant de l’histoire musicale anglaise. En quelques années, il fournira à l’église d’Angleterre assez de richesses pour l’élever jusqu’aux cieux.
Quant à John Dowland, né, sûrement en 1563 ! il est un des rares compositeurs dont la renommée s’appuie aujourd’hui sur un nombre relativement restreint d’œuvres. Ses compositions sont presque entièrement écrites pour son propre instrument, le luth. Beaucoup de chansons et de ses partitions pour ensembles (consorts) étaient à l’origine des compositions pour luth, et c’est en tant que luthiste qu’il devint célèbre dans toute l’Europe, de l’Angleterre à Paris, en passant par l’Italie, l’Allemagne et même la cour de Christian du Danemark. Au contraire de Purcell, lui fut par contre un “sacré“ voyageur ! Dès le Premier Livre, on remarque chez le compositeur ce don inimitable pour la mélodie et pour les textes, malgré la forme en strophes, ainsi que l’aptitude à donner du sens à ses choix harmoniques, sans rentrer dans les détails. Peut-être entendrons-nous : I saw my Lady weep, d’une exceptionnelle beauté avec son exploration de la mélancolie dans l’amour que notre contreténor chante si bien dans d’autres mélodies.
Midis du Capitole
Ce sont des moments de plus en plus prisés et que certains amateurs d’art lyrique ne rateraient sous aucun prétexte. Le premier, c’est pour le mercredi 1er octobre avec Adriana Bignagni Lesca accompagnée au piano par Nino Pavlenichvili.
On attendra le mercredi 28 janvier pour le rendez-vous Grandes voix d’opéra, en partenariat avec Afica Lyric’s Opera avec trois artistes, la soprano Élizabeth Moussous, la mezzo Raphaële Green et la basse Kofi Hayford, tous accompagnés par la pianiste Thomas Tacquet.
Jeudi 26 février, c’est Brooklyn Suites avec le ténor Zachary Wilder et l’alto Arnaud Thorette et au piano Johan Farjot. Au programme, Mozart, Weill, Gershwin, Schubert, Bernstein, …
Mercredi 22 avril, nous retrouvons la mezzo Irina Sherazadishvili découverte dans Fenena du Nabucco donné en ouverture de saison et qui a fort brillamment assumé le remplacement de Cornélia dans le Jules César de Haendel. Au piano, Nino Pavlenichvili.
Enfin, pour clore, le jeudi 28 c’est le retour d’Adèle Charvet au Capitole, mezzo qui sera en alternance Carmen dans l’opéra de Bizet pour cette fin de saison. Au piano, Florian Caroubi.
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