Pauline Rambeau de Baralon, alias P.R2B, a sorti en décembre son deuxième album, «Presque punk», pas vraiment rock dans le style mais qui électrise les sentiments. La chanteuse sera en concert le 21 mars au Rex de Toulouse.

Pauline alias P.R2B. Photo Olivia Schenker
A une époque où il faut frapper les esprits d’emblée, P.R2B a choisi la difficulté. Son patronyme robotique ne révèle en rien ce qu’elle produit, même si son registre est la musique électronique. Où est le cœur, la chair, la puissance des sentiments – qui sont le sel de la demoiselle – dans cette appellation glaçante ? En tout cas, il s’avère que, malgré des critiques élogieuses, P.R2B semble échapper à l’attention du grand public. Son 2e album, « Presque punk », n’apparaît nulle part dans les ventes d’albums, même en queue de peloton, alors que Théodora, Helena, Santa et Aya (Nakamura) tiennent le haut du pavé. Et puis, Zaho de Sagazan a bien désacralisé sa noble identité sans rebuter quiconque, sauf quelque bas du casque sur les réseaux sociaux.
Piano épuré, touches de synthés
Place donc à Pauline Rambeau de Baralon et à ce disque dont nombre de chansons nous accrochent et ne nous lâchent plus. « Opening » oscille entre chuchotements et synthés opératiques. « Presque punk » démarre en piano-voix avant de s’orienter vers quelque chose de plus percutant. « Cristal » développe une impression d’angoisse oppressante. « Amnésie » joue aussi la carte du piano épuré, teinté de synthés discrets et de chœurs légers. Son goût pour la ballade, Pauline (osons le prénom seul) le manifeste aussi sur « Amnésie », « Tout réinventer » et « Bizarre », trois des sommets de l’album avant « J’aime la vie », belle manière de conclure, dans une formule obsédante répétée comme un mantra.
Des « boulots de merde » en duo avec Philippe Katerine
Une chanson, « Bullshit job », se remarque immanquablement par son thème (les « boulots de merde ») et la façon de le traiter sous forme de comptine sautillante, à laquelle participe l’impayable Philippe Katerine, patron gagné aux vertus de la dissidence joyeuse. La force de Pauline, qui est par ailleurs réalisatrice de clips et compositrice pour le cinéma, réside aussi dans ses textes qui bousculent, opposant les rêves, la contemplation du ciel, la liberté de la danse au cafard, à la détresse, à la violence, aux « mecs affreux ». Dans un ensemble « presque punk » qui décoiffe et séduit tout à la fois.
P.R2B, en concert au Rex de Toulouse samedi 21 mars à 19h30. Tarif : 25 euros.

