Dans Marty Supreme, en salles le 18 février, Timothée Chalamet dans la peau d’un joueur de ping-pong en quête de gloire.
New York, 1952, Marty Mauser travaille comme vendeur dans le magasin de chaussures de son oncle, mais le jeune homme âgé de vingt-trois ans, passionné de ping-pong, rêve d’être « le visage de ce sport aux Etats-Unis ». Afin de démontrer ses talents, en particulier lors de compétitions à l’étranger, de Londres à Tokyo, Marty va user de ses autres talents : l’art de la combine, de la magouille, de l’arnaque… Porté par une campagne de promotion massive, Marty Supreme, fort de ses neuf nominations aux Oscars, est la machine de guerre (commerciale) conçue pour que Timothée Chalamet décroche sa première statuette de meilleur acteur. On comprend l’intention, mais le film de Josh Safdie laisse pantois.

Marty Supreme – Photo : A24 Films
Exaspérant Chalamet
Ce biopic, inspiré de la vie de Marty Reisman, enchaîne les scènes ridicules sur une musique envahissante gorgée de tubes pop / new wave des années 80 (de l’insupportable scie d’Alphaville, Forever Young, à Peter Gabriel en passant par New Order ou Tears for Fears). Ce décalage musico-temporel ne fonctionne jamais et donne à l’ensemble l’allure d’un long, très long (2h30), clip-vidéo. Evidemment, il y a les parties de ping-pong dont on ne sait ce que la virtuosité doit au numérique tandis que la photographie vintage de Darius Khondji évoque ses collaborations avec David Fincher.
Surtout, il y a Timothée Chalamet (coproducteur du film), l’acteur le plus surcoté de son temps, qui ressemble ici à Groucho Marx jeune et qui occupe chaque plan avec un culot qui évoque celui de son personnage sans foi ni loi. Pour tenter d’atténuer cette omniprésence, quelques seconds rôles ont été enrôlés dans l’aventure. Ainsi, Gwyneth Paltrow, Abel Ferrara ou le rappeur Tyler, The Creator cabotinent sans pouvoir rivaliser avec le numéro exaspérant de Chalamet. Les spectateurs les moins assoupis pourront aussi reconnaître le funambule Philippe Petit, le basketteur George Gervin, le cinéaste David Mamet et quelques autres people lors de furtives apparitions. Cette sorte de Rocky version tennis de table s’achève par un final larmoyant, au sens propre et figuré. Consternant.

