Gourou, un film de Yann Gozlan
Celui qui a la parole a le pouvoir ! Cette vérité, mille fois assénée, ne suffit pas à éviter les dérives de la manipulation. Certains coachs d’aujourd’hui ont compris le système, haranguant des foules de plusieurs milliers de personnes, leur promettant l’émergence de forces Insoupçonnées qui sommeillent en elles, utilisant le spectre sonore afin de briser la frontière de la réflexion et du jugement chez l’auditeur, qui, du coup, avale tout comme une sainte parole.

Pierre Niney (Matthieu Vasseur) – Crédit : Jérôme Prébois
Matthieu Vasseur est l’un d’eux. La scène liminaire nous le montre à son zénith. La machine est bien huilée, l’argent coule à flot continu. Son laïus répété mille fois conjugue la provocation à l’onirisme, au fantasme et à l’occulte. Quoi qu’il en soit, après être passé à la caisse vous vous sentirez un autre homme. Mais voilà qu’au Ministère de la santé, quelqu’un se demande si, quand même, il ne faudrait pas demander leur diplôme à ses vendeurs d’illusions. Matthieu n’en a pas. Auditionné par un conseil ad hoc, il sent le sol se dérober … Comment se sortir de cette affaire?
C’est l’acteur fétiche de Yann Gozlan, Pierre Niney, qui endosse, en littérale surchauffe, ce rôle de bonimenteur vénéneux. Car il fallait cette carrure de comédien pour incarner un tel personnage, d’autant que l’image flamboyante qu’il impose à ces pauvres malheureux réunis en troupeau est essentielle pour leur faire croire au discours.
Un film qui devrait ouvrir les yeux et le mental de nombres de personnes fragiles et trop perméables aux promesses les plus illusoires.

