Running Man un film de Edgar Wright
L’adaptation au cinéma en 1987 du roman éponyme de Stephen King, paru en 1982, par Paul Michael Glaser avec Arnold Schwarzenegger, nous revient sous forme d’un remake signé Edgar Wright. Une réussite majeure pour ce réalisateur britannique qui trace ici en creux le portrait sans pitié de l’univers des médias, nous renvoyant à nos propres contradictions sans hésiter. Un choc !

Au centre, Glen Powell (Ben) – Crédit : Paramount Pictures
Ben est ouvrier au chômage après avoir soutenu une lutte interne hélas vouée à l’échec. Qu’il ait besoin d’argent pour soigner son bébé laisse de glace son patron. C’est la porte. Point. Les télévisions diffusent jusqu’à plus soif des émissions de jeux dans lesquelles les concurrents s’exténuent physiquement afin d’accomplir des « exploits » et ainsi tenter d’améliorer leur ordinaire. Mais il y en a une qui détient tous les records d’audience : Running Man. Si un concurrent, un runner, arrive à échapper à une horde de tueurs professionnels pendant 30 jours, il gagne 1 milliard de dollars. Après deux secondes de réflexion et malgré l’appel à la raison de son épouse, Ben file vers les qualifications. Il est retenu. Commence alors une fuite en avant qui s’apparente à une course à l’abîme. Mais Ben n’est pas homme à se laisser faire, d’autant que la vie de sa petite fille est en jeu. Alors que le pays entier est à ses trousses afin de donner un maximum de renseignements aux tueurs, Ben rencontre des rebelles, une poignée d’insoumis qui ont, eux, compris depuis longtemps que cette émission est téléguidée par des puissances politico-financières. Ils vont l’aider à tenir le plus longtemps possible en dépit des gigantesques moyens technologiques mis en œuvre pour le tuer par la chaîne de télévision. Car ce que veut le spectateur, c’est voir l’assassinat légal du concurrent. Et plus le délai se raccourcit plus l’audience monte, espérant l’hallali bien calé dans son canapé en train de se goinfrer de crackers.
Non seulement le film est d’une virtuosité d’images et de montage hallucinante, mais il nous tend un miroir diabolique. Bien sûr nous n’en sommes pas là, mais comment ne pas penser en même temps à certaines émissions, plus ou moins de téléréalité, qui s’apparentent aux jeux du cirque. Qu’attend exactement le public ? La chute du candidat ou sa victoire ? Impossible de répondre à cette question… Sans faire de comparaison excessive Wicked : partie II évoque cette manipulation de masse, là sous format rose bonbon, ici c‘est exactement la même chose mais le goût du sang avec.
Le génie du réalisateur est d’avoir discrètement glissé des notes… d’humour dans cette poursuite sans merci. Il a trouvé pour cela en Glen Powell un Ben absolument épatant.
Un très grand film d’action, interdit tout de même aux moins de 12 ans, au cas où il les ferait réfléchir sur les coulisse de la télévision. On ne sait jamais…

