Lancées jeudi, les festivités du 60e anniversaire de l’ABC, à Toulouse, se poursuivent jusqu’au dimanche 15 février. De quoi passer des jours et des nuits dans le cinéma art-et-essai de la rue Saint-Bernard.

Jennifer Grey et Patrick Swayze dans « Dirty Dancing ». Photo Splendor Films
Jeudi 12 février, la soirée d’ouverture des 60 ans de l’ABC a affiché complet. « Nous, l’orchestre », documentaire de Philippe Béziat sur l’Orchestre de Paris, ne pouvait trouver qu’un bel écho à Toulouse, dont la réputation culturelle tient beaucoup à l’excellence de l’Orchestre du Capitole. Alternant témoignages du chef, Klaus Mäkelä, et de plusieurs musiciens et scènes de répétitions, le film décrit minutieusement ce qui fait la grandeur du travail d’équipe, teintée parfois de jalousies et de rancœurs. Autre personnage essentiel de « Nous, l’orchestre », le fameux bâtiment de Jean Nouvel édifié, comme un magistral pied de nez, tout près d’un périphérique qui n’a rien d’apaisant. Avant la projection, les spectateurs ont beaucoup apprécié le petit concert de la Chambre napolitaine, ensemble de mandolines et de guitares créé, au sein du Conservatoire de Toulouse, par Julien Martineau. Seul gros bémol à la soirée, l’absence de Philippe Béziat, victime des intempéries ayant largement perturbé la circulation des trains. Le réalisateur a promis de venir à Toulouse au printemps, son film ne sortant que le 22 avril.
Danser ou frissonner?
Vendredi 13, un autre film devait logiquement faire le plein : « Marty Supreme », de Josh Safdie, avec Timothée Chalamet. Pas d’inquiétude pour ceux qui n’ont pas obtenu leur sésame, ce « biopic » consacré à un pongiste hors norme sortant dès mercredi 18 février.
Avant d’évoquer la programmation diurne des 60 ans de l’ABC, signalons deux « Nuits » à même d’exciter la curiosité (et de rappeler des souvenirs) aux cinéphiles. Vendredi, le choix pourra se faire, à partir de 22h30, entre de la danse et des frissons. Dans la première catégorie, on pourra revoir « Les demoiselles de Rochefort » (sur grand écran, c’est vraiment magique !) puis « Dirty Dancing ». Dans la seconde, place aux « Vampires zombies…from space », une comédie horrifique canadienne délirante, complétée par « Love lies bleeding », décrit comme une « romance tournant au cauchemar ».

« Planètes ». Photo Miyu Productions
Samedi 14 février, la « Nuit » sera culte ou déjantée grâce à « Frances Ha » et « Mommy » ou, dans un registre plus léger, « Steak » (le premier Dupieux, effectivement adoré par ses fans) et « Shaolin Soccer » (besoin d’une traduction ?) A moins, au même moment, de participer à une « ciné-boum » (rien à voir avec « LOL » bis) sur une musique de Daft Punk avec le film d’animation japonais « Interstella 5555 : The story of the secret star system ».
L’épopée de graines de pissenlits
Cette dense activité pour noctambules n’empêchera pas de nombreuses découvertes à faire dans la journée. Samedi 14 février à 15 heures, on recommande chaudement le film d’animation « Planètes », de Momoko Seto, racontant le voyage vers les étoiles de 4 graines de pissenlit. Audrey Dussutour, du CNRS, viendra échanger avec le public. L’équipe de l’ABC défend aussi avec flamme un film macédonien, « Le garçon qui faisait danser les collines », dans lequel un jeune berger rêve de devenir musicien. Projection, samedi encore, à 20h30.
Dimanche 15 février, si les trains le veulent bien, Yves Jeuland sera à l’ABC à 14 heures pour présenter son documentaire sur Alain Cavalier, cinéaste de 94 ans passé de quelques films grand public (« Le combat dans l’île », « La chamade » …) à des autoportraits très personnels. Autres points forts de la journée : une séance spéciale consacrée, à 10h30, aux courts-métrages nommés aux Césars ; la redécouverte des « Amours d’une blonde », de Milos Forman, qui fut le premier film à être présenté à l’ABC en 1966, et l’avant-première de « Victor comme tout le monde », de Pascal Bonitzer, avec Fabrice Lucchini.
Bon appétit à tous !

