En janvier, la création locale prend la scène. Jusqu’au 31, La Spirale revient pour une troisième édition qui assume son rythme et assure de faire émerger un gros lot de nouveaux talents. Huit dates, six scènes, vingt-cinq artistes, une même ligne de mire : donner de l’espace à ceux qui construisent, (depuis trop longtemps) dans l’ombre, la future scène musicale de la région.

La carte blanche de Wawad en 2025, qui avait enjaillé le Théâtre des Mazades
Un festival sans stars. Sans nom connus. Les salles sont bookées par des talents prêts à être découverts. “Le repérage des artistes se fait toute l’année”, explique Hovor Robert, organisateur du festival. “Nous en contactons parfois certains pour leur proposer une date mais beaucoup nous écrivent eux-mêmes, nous présentent leurs projets. Nous sommes ensuite en contact permanent avec eux.” Dans le milieu depuis plus de vingt ans, l’équipe de la boîte de programmation a appris à observer avant de programmer. “La plupart des artistes qui se greffent à La Spirale ont compris nos valeurs. Ils viennent aussi pour partager leur expérience et pour espérer pouvoir aider à leur tour.”
Car La Spirale ne se contente pas d’aligner des dates. “Ce qui nous différencie, c’est l’accompagnement. On offre des résidences avec les artistes, on les aide à solidifier leurs créations, leurs projets. Pour nous, on renforce également nos partenariats avec les lieux qui les accueillent.” Dans les résidences, les artistes prennent le temps de travailler leurs morceaux, leurs gestes, leur mise en scène. Ils répètent, expérimentent et échangent. Le concert devient alors l’aboutissement d’un cheminement, pas seulement un ‘passage éclair’. Une logique de temps long, offre de beaucoup d’opportunités.
Cette année, le festival élargit encore son périmètre. “On sort de Toulouse. On va dans des lieux qui n’ont pas l’habitude d’accueillir des artistes. Nous allons à la rencontre d’un public que les gens ont trop peu l’habitude de voir ; des personnes en situation de handicap”, précise l’organisateur. Une démarche assumée, presque militante. Un temps fort a particulièrement incarné cette volonté : le week-end Tissez pour ne pas rompre de samedi dernier. “L’idée, c’est de réunir, de créer des liens. Des jeunes en situation de handicap qui dansent et performent avec des personnes valides. Mélanger les publics, mais sans forcer. Juste permettre la rencontre.” Un moment pensé comme un espace commun, où le corps devient langage, illustrant complètement la force du lien humain entre danse et musique.
Autre rendez-vous marquant. Vendredi et samedi, c’est la carte blanche confiée à Wawad, beat boxeur de renom et parrain du festival cette année. Une soirée orchestrée par l’artiste placée sous le signe de la découverte et d’invités mystères. Des talents qu’il a personnellement choisis et avec lesquels il assure un remake de l’ambiance lors de la précédente édition. Wawad et ses invités ont déjà prouvé ce que peut devenir une scène quand on renverse les codes : en 2025 déjà, ils avaient transformé le théâtre en vraie piste de fête. Samedi, la performance se transformera en un terrain de jeu collectif et un corps à corps sonore avec l’espace et le public. Une transmission naturelle, presque évidente.
Avec une fréquentation attendue entre 2 000 et 3 000 personnes et un réseau solide de partenaires culturels et associatifs, La Spirale continue de tracer sa voie. Un festival à hauteur humaine qui, depuis trois ans, fait émerger des artistes qui donnent à la scène occitane un véritable terrain d’élan.





