Magma, un film de Cyprien Val
Guadeloupe 1976, voilà le cadre du troisième opus du réalisateur Cyprien Val. C’est un souvenir d’enfance de ce cinéaste qui prend corps ici. Ce souvenir c’est celui de La Soufrière, un volcan toujours en activité et potentiellement dangereux.

Marina Foïs (Katia) – Crédit : Pyramide Distribution
Cyprien Val nous met dans les pas d’un binôme de volcanologues. Katia, la Directrice de l’Observatoire Volcanologique de Guadeloupe, et Aimé, un jeune guadeloupéen, passionné lui aussi par ces monstres tapis dans les entrailles de notre Terre. Alors que Katia doit prendre en charge une autre mission et compte bien emmener avec elle le jeune homme dans le but de parfaire sa formation, voici que des explosions retentissent. La Soufrière serait-elle en train de se réveiller ? Après examens sur le terrain, la conclusion est négative. Sauf que les explosions commencent à se succéder dangereusement. Nous assistons à une véritable valse-hésitation entre les Autorités et l’Observatoire, et entre les scientifiques eux-mêmes. Le Préfet s’en émeut et, principe de précaution oblige, va faire évacuer de Basse-Terre plus de 70 000 habitants. Cela durera plus de trois mois ! Aucune éruption n’aura lieu, nous le savons bien aujourd’hui. L’intérêt majeur de ce film, dans lequel se glisse malgré tout un brin de suspense, est certainement l’approche technique et scientifique de la volcanologie. Il nous fait appréhender la difficulté de la prévision autant météorologique que sismique. De nombreuses incertitudes déstabilisent les diagnostics quant aux poussées magmatiques. Nous en apprenons beaucoup sur le sujet. Le film creuse aussi cette sensation d’intranquillité permanente et exaltante propre au territoire volcanique et l’attachement des autochtones quant à leur territoire. Danger ou pas. C’est un vrai docu-fiction porté, si l’on peut dire, sans grande conviction faut-il regretter tout de même, par Marina Foïs (Katia) et Théo Christine (Aimé), un jeune comédien que nous avons connu bien plus convaincant devant la caméra de Nicolas Maury en 2021(Garçon Chiffon) et devant celle de Gaël Morel en 2024 (Vivre, Mourir, Renaître). Il n’empêche, un film passionnant.