La sortie du dernier Disney, une version live de Blanche Neige, a fait hurler toutes sortes de réseaux. Qui relevait des propos des deux actrices principales, qui criait à la trahison, qui prenait le parti des acteurs nains remplacés ici par des personnages numérisés, etc. Tout ce petit monde bien informé scrutait dans son rétroviseur la Blanche Neige de 1937, un chef d’œuvre, à cette époque-là, particulièrement novateur. Attribuant parfois au passage les droits pour ce conte à la firme aux grandes oreilles. Erreur ! L’histoire de Blanche Neige se perd dans la nuit des temps et relève de la tradition orale allemande, une tradition mise sur papier par les frères Grimm en 1812. Autant reprocher alors à Richard Wagner d’avoir adapté les Eddas nordiques dans sa Tétralogie. On voit bien que tout ce remue-ménage ne tient pas une seconde si ce n’est pour de mauvaises raisons.

Blanche Neige (Rachel Zegler) et les 7 nains – Crédit : Disney Enterprises Inc.
Passons à l’essentiel, le film de Marc Webb.
Il nous met immédiatement dans les pas d’un Roi et d’une Reine qui viennent d’avoir une petite-fille alors qu’une tempête de neige s’abat sur leur route. Un flocon tombe sur le visage du bébé qui se retrouve baptisé derechef Blanche Neige. Pour cette famille et ce royaume admirablement gouverné, les malheurs vont se succéder. La Reine meurt, le Roi prend une nouvelle épouse, que l’on va nommer La Méchant Reine, puis part au combat. Il n’en reviendra pas. La Méchante Reine, un brin sorcière, a une obsession : demeurer la plus belle femme du royaume. Un miroir magique la rassure là-dessus régulièrement. Mais voilà, le temps a passé, Blanche Neige, reléguée par sa belle-mère au rang de souillon, a grandi et le miroir révèle un jour que c’est elle la plus belle. Grosse colère de qui vous savez. La suite, avec la pomme et tout le reste, vous la connaissez par cœur. Sauf une chose, le prince charmant sensé réveiller Blanche Neige de son sommeil magique et éternel, est ici une sorte de Robin des bois qui œuvre pour le retour d’une royauté plus proche du peuple. Je ne vous en dis pas davantage. Quant aux 7 nains, avec un vrai coup de cœur pour un Simplet fabuleux d’émotion, ils sont numérisés, devenant ainsi des personnages magiques faisant entrer la légende dans une histoire très actuelle dans laquelle une jeune fille tente de marcher sur les traces vertueuses de son papa. C’est une comédie musicale bien sûr et l’on retrouve avec plaisir quelques mélodies bien connues de 1937. Rachel Zegler (Blanche Neige), Gal Gadot (La Méchante Reine) et Andrew Burnap (Jonathan, le nouveau « prince charmant », plutôt convaincant d’ailleurs) sont les têtes d’affiche d’un film conjuguant à la perfection l’humour, le fantastique, les effets spéciaux, l’émotion, l’action et le suspense. N’hésitez pas à aller l’applaudir en famille.