Thomas d’Ansembourg publie Te changer toi peut tout changer aux éditions HarperCollins. Une invitation à repenser en profondeur notre manière de communiquer et d’entrer en relation. L’auteur et conférencier sera présent à Toulouse les 2 et 3 mars 2026 pour une rencontre exceptionnelle avec le public. (Interview ci-dessous)

Thomas d’Ansembourg © Mikael Lafontan
Apprendre à se rencontrer pour mieux se relier
Depuis plus de trente ans, Thomas d’Ansembourg nous invite à un déplacement intérieur. Avec son ouvrage devenu incontournable, Cessez d’être gentil, soyez vrai !, il a ouvert une brèche : celle d’une authenticité courageuse, affranchie des faux-semblants et des conditionnements qui étouffent nos élans profonds. Des milliers de lecteurs y ont découvert qu’apprendre à reconnaître ses émotions et ses besoins n’est pas un luxe, mais une nécessité relationnelle.
Aujourd’hui, avec son nouveau livre Te changer toi peut tout changer, il franchit une étape supplémentaire. Le propos est à la fois simple et radical : les transformations collectives auxquelles nous aspirons — dans nos familles, nos institutions, notre société — passent d’abord par un travail de lucidité personnelle. Changer le monde ne commence pas par dénoncer l’autre, mais par observer ses propres mécanismes, ses réactions automatiques, ses peurs, ses loyautés invisibles.
S’appuyant sur la Communication Non-Violente (CNV) et une longue expérience d’accompagnement, Thomas d’Ansembourg interroge notre responsabilité intime. Comment sortir des dynamiques de domination ou de soumission ? Comment cesser de projeter sur autrui ce que nous refusons de voir en nous ? Comment incarner les valeurs que nous défendons ?
C’est dans cette perspective qu’il sera prochainement à Toulouse pour une rencontre avec le public. Sa venue s’annonce comme un moment privilégié d’échange et de réflexion. Une conférence aura lieu le 2 mars et sera suivi – le jour suivant – d’un atelier sur une journée.
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ENTRETIEN avec Thomas d’Ansembourg
Le titre de votre dernier ouvrage est un message fort « Te changer toi peut tout changer ». En quoi le changement interne est-il si puissant qu’il peut impacter et faire évoluer notre environnement et nos relations ?
Nous sommes souvent pris, malgré nous, dans des systèmes de pensée et de croyances que j’ai appelés des enfer/mements. En en prenant conscience, nous reprenons contact avec notre énergie créatrice et notre potentiel de liberté, ce qui nous fait grandir et contribue à faire grandir notre entourage.
Vous proposez plusieurs pistes pour initier ce changement à commencer par l’importance du langage. Vous dites que « le langage traduit la conscience » et que nous grandissons en intégrant un système de croyances et de pensées automatiques. Comment sortir de cette sorte de spirale verbale ?
Notre vie correspond largement à notre système de pensée. Je peux conserver un langage fixe ou figé et me dire par exemple : je n’y arriverai jamais, je ne suis pas légitime, les autres sont meilleurs que moi. Et dans ce cas je vais obtenir des confirmations de ce système de pensée. Je peux également choisir un langage dynamique qui ouvre une perspective : j’ai besoin de me faire confiance, je peux, petit à petit, y arriver, j’ai besoin de travailler ma légitimité et d’apprendre à connaître et reconnaître mes qualités sans ne plus me comparer. Et cette mise en mouvement intérieur se révèle étonnamment féconde.
Après le langage, vous abordez la connaissance de soi. Vous écrivez qu’il s’agit d’un véritable « enjeu de santé publique ». Pourquoi cette prise de conscience individuelle et collective vous semble-t-elle aujourd’hui indispensable ?
Cette prise de conscience individuelle est un enjeu de santé publique, car un individu qui ne se connaît pas a tôt fait d’accumuler des frustrations dans sa cocotte-minute intérieure. Celle-ci, tôt ou tard, explose et cet individu soit fait porter son dépit ou sa colère aux autres, soit disparaît dans des mécanismes compensatoires et des addictions diverses
Vous évoquez un autre enjeu de santé publique : la gratitude. Dans un quotidien souvent marqué par la pression et l’urgence, quels bénéfices concrets apporte le fait de cultiver la gratitude ?
La pratique de la gratitude nous apprend à sortir, petit à petit, des habitudes de la culture du malheur, ce que j’appelle le goût du drame, l’attachement à la souffrance, la tendance à voir systématiquement le verre à moitié vide alors qu’il est surtout à moitié plein. Il s’agit d’une hygiène de conscience : tout comme nous nourrissons notre être physique de bonne nourriture fraîche pour nous assurer une bonne santé et une bonne humilité, nous avons besoin de nourrir notre être psychique de bonne et belle nourriture. La gratitude se révèle être un très puissant levier de transformation personnelle parce qu’elle apporte de l’ancrage, de la profondeur et de l’inspiration.
Autre attitude essentielle dans la relation à soi et aux autres : l’écoute. Et écouter, dites-vous, « c’est la fermer ». Que révèle cette formule sur notre rapport à l’autre et à la présence ?
« Ecouter, c’est la fermer », cette formule lapidaire est une invitation à nous rappeler que, la plupart du temps, nous ne savons pas que nous ne savons pas écouter : nous interrompons l’autre, nous argumentons pour avoir raison, nous donnons d’emblée des conseils qui n’ont pas été demandés, nous prétendons savoir pour l’autre… Écouter sans interrompre est le meilleur moyen d’éviter des malentendus qui ne sont souvent que des mal écoutés. C’est aussi le meilleur moyen de prendre le temps de chercher ce qui nous rassemble, au-delà de ce qui paraît nous séparer. L’écoute empathique est un enjeu de base du vivre-ensemble. Je suis, depuis trente ans, émerveillé chaque jour par le pouvoir transformateur de l’écoute.
Enfin, vous terminez en nous invitant à « réenchanter le monde ». Parmi toutes les pistes que vous proposez, quel est le premier pas que chacun peut faire pour amorcer ce « ré-enchantement » personnel ?
Je pense que nous sommes nombreux, nombreuses à connaître, soit parmi nos proches, parents et grands-parents, soit parmi nos héros de livres ou de films, des personnes qui, par leur attitude, leur dégaine à travers les événements, leur regard particulier, témoignent d’une capacité à enchanter la vie, à la rendre belle, savoureuse et désirable. Ce potentiel est en chacun de nous. Si nous assistons aujourd’hui à un grand désenchantement, particulièrement auprès des jeunes, c’est sans doute que nous avons besoin d’apprendre ou de réapprendre à poétiser la vie, malgré et au-delà des innombrables contrariétés. Je rêve d’un monde ou tout citoyen, toute citoyenne passerait plusieurs semaines par an, immergé dans la nature – les forêts, les montagnes, la mer – pour s’imprégner à la fois de la majesté des paysages qui se perdent à l’horizon et du fascinant raffinement de la moindre mousse, de la plus simple fleur, et apprendrait ainsi à s’enchanter de la vie dite sauvage et de la beauté de nos compagnons autre qu’humains. Et plusieurs heures, très régulièrement, à prendre conscience de tous les accomplissements et créations humaines : le chant, la polyphonie, les chœurs, la danse, la musique – du simple pipeau à l’orchestre symphonique –, la peinture, la sculpture, etc., mais aussi les soins et la pédagogie, l’architecture, l’ingénierie et les prouesses de la science et de la médecine…
Vous serez à Toulouse les 2 et 3 mars pour une conférence et un atelier autour de la libération des programmations et de l’élan de vie. En quoi ces rencontres participent-elles à ce mouvement de réenchantement du monde que vous évoquez dans votre ouvrage ?
En proposant ces occasions de faire des prises de conscience transformatrices, j’ai à cœur d’encourager les humains à se défaire de ce qui les entrave et à connaître le meilleur d’eux-mêmes pour le mettre au service de la vie communautaire,
Te changer toi peut tout changer • HarperCollins


