Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Le Trésor de la Sierra Madre de John Huston
1925, dans la ville de Tampico au Mexique, la route de Dobbs, Américain fauché contraint à la mendicité, croise celle de l’un de ses compatriotes, Curtin, aussi mal loti que lui. Après avoir été embauchés comme charpentiers sur un bateau par un escroc qui refuse de les payer, les deux hommes rencontrent dans un foyer pour indigents Howard, un vieux prospecteur d’or qui leur parle des risques et des avantages de son métier passé. Tentés par la perspective de devenir riches, Dobbs et Curtin convainquent Howard de partir à la recherche d’un filon dans la Sierra Madre…

Sept ans après son premier film, Le Faucon maltais, John Huston retrouve ici Humphrey Bogart pour l’un de ses rôles les plus sombres et les plus complexes. Adapté du roman du mystérieux et mythique B. Traven, Le Trésor de la Sierra Madre, sorti en 1948, mêle le film d’aventures au western moderne avec des touches de film noir et même de comédie. Le sens du spectacle (attaque d’un train, tempête de sable, fusillades…), cher à Huston, ne néglige pas la peinture de personnages ambivalents traversant les cercles de l’enfer pour se perdre ou se retrouver.
Rire sardonique
Evidemment, c’est la soif de l’or – et donc de l’argent – qui est au cœur du film. La rivalité, la cupidité, la paranoïa, la folie (en particulier chez Dobbs) s’invitent au cours de cette chasse au trésor. A l’inverse, une scène avec des Indiens mexicains rappelle les vertus du don et du contre-don. Le vieux sage Howard (interprété par Walter Huston, le père de John, qui obtiendra l’Oscar du meilleur second rôle) avait eu beau prévenir ses jeunes compagnons des risques encourus dans cette quête, le vertige les emporte.

Il y a mille richesses dans Le Trésor de la Sierra Madre, devenu un classique et qui permettra à Huston de récolter deux Oscars (meilleur réalisateur et meilleur scénario adapté), mais ce sont sans doute les éclats de rires à la fin du film qui rendent l’œuvre inoubliable. Comme dans Quand la ville dort ou L’Homme qui voulut être roi, John Huston montre de façon sardonique l’absurdité et la vanité d’une condition humaine aveuglée par son appétit de conquête.
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