Aujourd’hui, la Cité de l’Espace est considérée comme le point névralgique de la recherche scientifique et de la conquête spatiale sur le territoire français. Depuis 1997, cette structure toulousaine explore les milieux de l’astronomie et de l’astronautique, sous l’œil attentif d’un grand nombre de chercheurs et de professionnels du spatial.
Vendredi 13 février 2026, Sophie Adenot s’est envolée vers la Station Spatiale Internationale, une étape majeure pour l’aéronautique français puisque 25 ans après Claudie Haigneré, Sophie devient la seconde française à séjourner dans l’ISS. À cette occasion, la Cité de l’Espace a créé l’exposition Epsilon, mettant à l’honneur la mission éponyme menée depuis l’espace.

Photo : Lou Deneuville
Le décollage de Sophie Adenot, une réussite pour le spatial français
Le 13 février dernier, la Cité de l’Espace s’est transformée en lieu de retransmission géant. Plus de 3 000 toulousains ont répondu à l’appel et sont venus assister, tous ensemble, au décollage imminent de Sophie Adenot vers l’ISS.
11h15, la tension monte ; 5… les intervenants du Centre National d’Etudes Spatiales se tournent vers l’écran géant installé dans le Planétarium, 4… les images montrent la fusée sur le point de décoller, 3… focus sur les équipes de la NASA qui s’immobilisent, 2… le public retient son souffle, 1… plus aucun bruit dans la salle, 0… le moteur rougit, des flammes en sortent, la fusée SpaceX Falcon 9 commence son inertie et prend son envol depuis Cap Canaveral en Floride. Moment de flottement, la fusée prend de la vitesse, le premier module se détache, suspense, puis les premiers mots des techniciens de la NASA confirment que tout se passe pour le mieux et, à Toulouse, le public retentit et applaudit ce décollage réussi.
Rendre la science plus pédagogique et immersive
L’exposition Epsilon, c’est aussi le résultat de cet engouement porté autour du spatial et de l’aéronautique à Toulouse. Pendant les 9 prochains mois, durée de la mission, les équipes du CNES, via le Cadmos (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) proposeront des expériences pédagogiques et immersives qui plongeront les visiteurs dans le quotidien de l’astronaute française de l’Agence spatiale européenne (ESA) à bord de l’ISS.
« Au cours de sa mission, Sophie Adenot va réaliser pas moins de 200 expériences. Ces dernières seront mises en lumière par des contenus vidéo, des contenus imagés et des prototypes, pour la plupart réalisés par nos équipes », explique Sébastien Rouquette, responsable du développement d’expériences au CNES de Toulouse. « On présentera également des modèles de qualification, c’est-à-dire des maquettes qui présentent les instruments dans des phases de développement avancées qui se rapprochent des modèles que l’on a envoyés dans la Station Spatiale », ajoute-t-il.
Dès votre arrivée au -1 de la Cité, vous serez accueillis par un message audio inédit de Sophie Adenot, qui donne le ton de l’expérience. Position de l’ISS en temps réel, vidéo de survol de la Terre, retransmission des moments forts de la mission εpsilon (sortie extra-véhiculaire, expériences expliquées par des experts), affichage des données clés et interventions filmées des membres de l’équipage au sol ; tout est mis en place pour que chaque visiteur se transforme en apprenti astronaute, comme s’il faisait lui-même partie de la mission.

Photo : Lou Deneuville
« Le milieu du spatial a besoin de femmes, il faut oser tenter des études scientifiques »
Le 5 mars dernier, la Cité de l’Espace et Odyssée Spatiale ont réuni quatre femmes qui contribuent au spatial de demain. Morgane Lecas, directrice stratégique & relations publiques pour Astroscale France, Célia Pelluet, ingénieur optique & capteurs quantique au CNES, Agnès Cousin, astronome adjointe à l’IRAP et co-responsable de l’engin Supercam (robot Persévérance sur Mars) ainsi que Julie Fauré, chargée de projets astronomie & Planétarium à la Cité Espace ont partagé leur parcours et répondu aux questions des plus curieux lors d’une table ronde.
« Aujourd’hui, il a été prouvé que les femmes ont autant de capacité à réussir des études scientifiques que les hommes, il faut simplement oser », affirme Célia Pelluet. « On nous donne souvent l’impression que pour réussir des études d’ingénieur, il faut être un génie, et que les femmes n’en sont pas capables, alors que c’est tout le contraire. Il faut persévérer, et se décharger de ce syndrome de l’imposteur comme quoi une femme ne pourrait pas avoir les mêmes opportunités qu’un homme, ou réussir les concours », ajoute Morgane Lecas.

Photo : Lou Deneuville
Chaque personne a son rôle à jouer dans le spatial
Au premier rang, devant elles, se trouvent une quinzaine de collégiennes venues spécialement pour l’occasion. « Avez-vous eu des difficultés à entrer dans le milieu du spatial ? », intervient l’une d’entre elles. « Pas vraiment, je ne me suis jamais laisser décourager par les préjugés que l’on peut avoir sur les femmes qui empruntent la voie scientifique. Au contraire, ça m’a motivée et mon entourage m’a soutenue car il savait que c’était ce que je voulais faire depuis petite », confie Agnès Cousin. « Vous savez, on peut aussi travailler dans le milieu du spatial sans études scientifiques, personnellement j’ai fait des études de droit. Le plus important, c’est de saisir sa chance, de prendre contact avec des entreprises, de se créer des opportunités », affirme Morgane Lecas.

Photo : Lou Deneuville
Pour ces quatre professionnelles, chaque personne a son rôle à jouer dans le spatial afin que l’égalité homme-femme s’accentue davantage. « L’objectif que nous recherchons, c’est la parité. Chacun est bon dans son métier et a un regard différent pour contribuer à l’amélioration de notre domaine », explique Julie Fauré. « Plus les années passent, plus les chiffres montrent des améliorations dans les postes attribués aux femmes. Je pense que l’objectif ultime serait que nos interventions ne soient plus axées sur de la place de la femme dans le milieu du spatial mais simplement sur notre métier et de ce qu’il en retourne. C’est ça qui donnera envie à plus de filles de se lancer dans des études scientifiques », détaille Célia Pelluet.
Sophie Adenot est le parfait exemple qu’il ne faut pas se poser de limites. Ingénieur, militaire puis astronaute, elle a su trouver sa voie et exercer sa passion, qui sera à retrouver lors de l’exposition Epsilon à la Cité de l’Espace jusqu’à début 2027.

