À Toulouse, Salvador Dalí ne s’imagine plus. Il s’approche, s’infiltre, déborde. Jusqu’au 8 février, l’hôtel Albert 1er accueille la collection de Mickaël Mamou consacrée à l’artiste espagnol. Une visite qui nous plonge dans un univers où le rêve dialogue avec l’inconscient, où le temps se déforme et où l’imaginaire flirte avec la provocation.

Une mise place de la collection du sol au plafond
Loin du parcours de musée classique, l’exposition se déploie sur deux pièces, à l’arrière de l’hôtel, dans une ambiance des plus intimistes. Les œuvres vont du sol au plafond, en passant par les murs et le centre de la pièce. La scénographie enveloppante invite à ralentir, à observer et à se laisser happer par une centaine d’œuvres et de créations aussi diverses qu’inattendues. Dalí s’y révèle autant multiple qu’insaisissable.
L’exposition ne se contente pas de montrer. Elle raconte. Ou plutôt IL la raconte. Mickaël Mamou enrichit la visite d’explications passionnées. Chaque œuvre devient le point de départ d’une anecdote précise, nourrie de dates, de contextes, de souvenirs. Chez Dalì, rien n’est laissé au hasard : un symbole, un détail, des affiches en apparence anodins ouvrent sur une facette méconnue de l’artiste. “C’est ce qui est fascinant avec lui ; il transforme tout”, explique le collectionneur. La collection révèle un Dalí que l’on rattache trop souvent au surréalisme. Lui-même revendiquait un style qui allait au-delà : l’hyperréalisme métaphysique. Jeux de carte revisités, objets de maroquinerie, médailles d’argent… tant de techniques qui illustrent l’univers très hétéroclite de l’artiste. « Dalì aimait dire que ses peintures ne sont même pas 10 pour-cent de son talent ».
Autodidacte et passionné d’art, Mickael Mamou consacre depuis plus de trente-cinq ans sa vie à l’œuvre et à la compréhension de Dalí. Sa rencontre avec l’univers du peintre en 1989, au Théâtre-Musée de Figueras, agit comme un choc fondateur. Quelques années plus tard, ses voyages aux États-Unis, puis ses échanges avec des collectionneurs espagnols, approfondissent cette fascination. “Dalì était un artiste aux mille talents, animé par une folie créatrice. Il a exploré avec la même audace toutes les techniques artistiques possibles. C’est l’artiste total par excellence”. Une rencontre décisive survient en 2008, celle d’Enrique Sabater, secrétaire personnel du peintre. “Lorsqu’il m’a présenté pour la première fois la collection, il était épaté du grand nombre d’histoires que je pouvais associer à chaque œuvre”, raconte Mickaël. Une relation de confiance s’installe alors et le secrétaire lui transmet non seulement un savoir précieux sur l’artiste mais également une partie de ses œuvres.

La fameuse « horloge fondue » de Dalì
Le choix de l’hôtel Albert 1er n’est pas anodin. “Ce lieu incarne l’élégance et l’authenticité du patrimoine local et réunit tout ce qui fait la force d’une rencontre artistique : intimité, caractère et émotion”, explique le collectionneur. Toulouse, l’une de ses villes d’attachement personnel, offre, avec l’hôtel, un écrin à la hauteur de cette exposition singulière. Plus qu’une rétrospective, Dalí s’invite à Toulouse propose une expérience. Celle de ne pas seulement voir l’art, mais de le vivre. Le temps d’une visite, de se laisser porter par les couleurs, l’originalité, et l’imagination. Comme Dalí l’aurait sans doute souhaité.
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