En France, le cinéma d’animation est un domaine d’une richesse infinie. En témoigne à nouveau « Planètes », de Momoko Seto, fantastique voyage sans paroles en compagnie de quatre graines de pissenlit confrontées à des éléments en furie. Une merveille.

« Planètes »: ses plantes extraordinaires, ses insectes géants. Photo Miyu
Les plus grands festivals s’ouvrent désormais au cinéma d’animation. A Cannes, en mai dernier, deux films ont eu les honneurs de la programmation – certes hors compétition ou dans les sections parallèles. « Arco », d’Ugo Bienvenu, est depuis sorti avec succès, en octobre. A cette aventure écologique associant une petite fille et un garçon venu du futur succède « Planètes », de Momoko Seto, odyssée de graines de pissenlit qui s’envolent de la Terre, détruite par des météorites, vers un territoire inconnu dans l’espace. Les plantes sont d’une fragilité gracile. Elles vont pourtant lutter vaillamment contre les multiples dangers qui se présentent. Il y a les crapauds, les limaces et de nombreux insectes, filmés comme des géants à l’échelle des toutes petites graines (commentaire récurrent des jeunes spectateurs : « Bah, dégueu ! »).
Eléments déchaînés
Et puis les éléments déchaînés : torrents, incendies, paysages glacés ou désertiques, rendant la survie si difficile. Coécrit par la réalisatrice Momoko Seto et l’Aveyronnais Alain Layrac, le film reprend le schéma classique du héros en apparence fragile devant faire preuve d’imagination et d’adaptabilité pour survivre. On pense dans ce registre au formidable « Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau », de Gints Zilbalodis, présenté au Festival de Cannes en 2024 et véritable triomphe international l’automne de cette année-là. Avec comme autre point commun le choix du « sans paroles », remplacé par une musique électronique et des créations sonores (de Quentin Sirjack et Nicolas Becker) qui réussissent à être signifiantes mais jamais redondantes ou pesantes.
Superbes images
Et puis aussi des images magnifiques, mélangeant scènes animées et prises de vues réelles de paysages (en Bretagne, en Islande, au Japon…) et de plantes (filmées en Timelapse, pour les voir pousser en accéléré). Pour un résultat qui fascine et enchante, qu’on soit versé dans l’approche scientifique (des chercheurs au CNRS ont participé à l’aventure), dans la pure poésie ou l’épopée fantastique.
« Planètes », de Momoko Seto, au cinéma mercredi 11 mars (à partir de 8 ans).

