Les Enfants de la Résistance, un film de Christophe Barratier
Nul n’ignore l’immense et légitime succès en librairie de la bande dessinée, aujourd’hui déclinée en 9 tomes, de Benoît Ers et Vincent Dugomier : Les Enfants de la Résistance. Christophe Barratier en a compilé les deux premiers pour en faire un film d’une formidable humanité, fidèle au principe de la BD : montrer plutôt que démontrer. Une réussite !

Octave Gerbi (Eusèbe), Nina Filbrandt (Lisa) et Lucas Hector (François) – Crédit : Axel Films Production
Nous sommes dans un petit village encore, au début du film, en zone libre, à la frontière de la ligne de démarcation. Le maréchal Pétain, via la radio, va signifier aux Français les vertus d’une collaboration fructueuse avec les vainqueurs… La zone libre est envahie et le petit village avec. Sauf qu’ici, tout le monde n’est pas d’accord… Affichages sauvages et sabotages vont « accueillir » les envahisseurs. Derrière ces actes de résistance se cache un trio… d’enfants : François (Lucas Hector), Lisa (Nina Filbrandt) et Eusèbe (Octave Gerbi), trois acteurs absolument épatants. Personne n’est au courant de leurs agissements, ni Marcel (Artus, gigantesque, bouleversant), ni le Père Proslier (Gérard Jugnot, toujours aussi juste et émouvant), ni le maire (Pierre Deladonchamps) et encore moins Germain le bistrotier un brin collabo (Julien Arruti, celui-là même qui nous fait tordre de rire dans le Marsupilami !).
La guerre vue à hauteur d’enfant, avec ses zones de flamboyance et ses zones grises sur lesquelles chacun se pose silencieusement bien des questions in petto…
Le film ne se veut pas une thèse de troisième cycle sur cette période mais le reflet d’un drame vu au travers du regard des enfants. Bien sûr certaines figures sont caricaturales, encore une fois en fidélité parfaite avec le genre BD, mais cet opus, tout public, s’adresse peut-être principalement à la nouvelle génération, celle qui se gave sans trop réfléchir de réseaux dits sociaux. C’est une trace de notre Histoire, meurtrière certes mais qui a révélé aussi le courage d’une Nation refusant le diktat allemand.
Merci à Christophe Barratier de mettre sous les yeux du plus grand nombre les abominables dérives des dictatures. Est-ce vraiment utile aujourd’hui ? La question ne se pose même pas !

