Toulousains, toulousaines, tendez l’oreille…. vous entendez ? Mais si ! Ces mélodies entraînantes, qui ramènent l’esprit en été. Vous sentez ? Cette sensation que les soirées à Toulouse auront bientôt un air de port lointain et de plage de sable fin ?Vous savez, ces soirs où la Garonne semble chalouper lorsque les rues se mettent à vibrer. Au détour de l’une d’elles, des percussions donnent envie de tout lâcher et de suivre le rythme. Cette année, du 30 janvier au 8 février, ces soirs-là auront un coupable : CUBA HOY !

La 29e édition promet joie, couleurs et musiques d’ailleurs
Pour sa 29ᵉ édition, le festival revient poser ses valises, ses tambours, ses voix et ses histoire dans la ville rose. Et pas question de faire dans la demi-mesure. CUBA HOY, c’est une plongée tête la première dans les cultures d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique. Une immersion qui promet d’apporter musiques, couleurs et joie débordante à Toulouse.
Derrière cette aventure, il y a YEMAYÁ, association toulousaine qui milite pour l’accès à la culture pour tous. Depuis trente et un ans, elle fait son chemin à force de terrain, de création, de médiation, de rencontres, et de festival. Autant dire que CUBA HOY n’est pas un simple événement posé pour faire joli dans l’agenda culturel. C’est le témoin, chaque année, d’histoires racontées à travers musique et chant. 10 jours portés par des valeurs de croyances, de luttes, de récits tant intimes qu’universels, racontés par celles et ceux qui les vivent.
Cette année, le mot d’ordre est clair : la fête comme acte de résistance. Il n’aura échappé à personne, ce vent d’air anxiogène qui souffle sur le monde depuis quelque temps, et il n’a surtout pas échappé au collectif. Alors voilà, pour ne pas restreindre les moments de joie et de partage qu’offre le festival, sans pour autant nier les maux actuels du monde, YEMAYÁ refuse de s’y résigner.. CUBA HOY choisit la joie, le collectif et surtout l’espoir. Malgré les obstacles budgétaires, malgré les vents contraires que connaît le secteur culturel, le festival garde le cap. Avec l’humain, la bienveillance et la tolérance comme boussoles.
Et ça s’entend dès les premières notes.

La45, groupe toulousain de musique caribéennes ©Cuba Hoy
Le point d’orgue ? Issac Delgado y su Orquesta, icône absolue de la musique cubaine moderne, surnommé El Chévere de la Salsa. Ne vous attendez pas “juste” à un concert, car c’est une vraie secousse. Timba, salsa, son, bolero-cha : c’est le genre de soirée où le corps se lâche tout seul et où même les plus timides finissent par battre la mesure du pied (au minimum).
Mais réduire CUBA HOY à quelques têtes d’affiche serait passer à côté de l’essentiel. Le festival se vit comme un parcours, voire presque comme une traversée. Un soir, on commence par un apéro-concert de batucada qui sent Rio de Janeiro. On enchaîne avec un spectacle musical et théâtral où tangos, sambas et boléros se mêlent avec humour. Puis on termine la nuit en milonga, par un tango qui emporte la fête jusqu’au lever du soleil.

La Cantariza, Chorale latino americaine ©Raphael Kann
Un autre soir, ce sont les voix créoles qui prennent possession du Théâtre des Mazades. Le 5 février, la salle se transformera en caisse de résonance pour un gospel afro-caribéen vibrant. Autour de Cyprien et de son Umoya Gospel Journey, sept choristes unissent leurs voix à celles de Julian Babou & Co pour une création pensée spécialement pour CUBA HOY. Des chants nés de résistance, portés haut et fort par des voix chargées de mémoire.

Umoya Gospel Journey, groupe de gospel toulousain ©Cuba Hoy
Ce festival, c’est aussi une attention particulière portée à la pratique amateur et à l’inclusivité. Des bals participatifs, des ateliers ouverts à toutes et tous, des projets qui mêlent enfants, personnes âgées, personnes voyantes et non-voyantes. Des percussions jouées à l’unisson par des générations qui, ailleurs, ne se croiseraient peut-être jamais. Des ateliers où l’on découvre que la danse et la musique peuvent être des langages communs. Mais c’est aussi des temps plus calmes, avec des lectures, des films, des débats autour de l’identité, des cheveux, des clichés, de ce que l’on projette sur les corps et les cultures. Des discussions de grands qui se croisent avec des contes brésiliens pour les petits et des cabarets-théâtre caribéens dans un joyeux enchevêtrement de mots, de gestes et de voix.
Dans les salles, les tiers-lieux, les églises, les MJC, on circule d’un univers à l’autre. Comme une croisière dont les excursions seraient chaque étape du festival. On croise des artistes confirmés, des amateurs passionnés, des bénévoles infatigables. On boit un verre, on partage des plats aux mille saveurs, on discute avec des inconnus qui, le temps d’une soirée, peuvent même devenir compagnons de danse.

Percusound aux Grande Fête des Percussions @Pierre Chanteux
Et quand tout s’arrêtera et que la dernière note rebondira sur les briques roses, il restera cette sensation d’avoir voyagé sans quitter Toulouse. CUBA HOY fait toucher du doigt un monde à plus de 10h d’avion. En somme, une joyeuse parenthèse, oui, mais pas seulement. CUBA HOY refuse les cases. Il danse, chante, rit, et par-dessus tout, célèbre ce mélange de cultures, de personnalités et d’origines. Pour cette nouvelle édition, YEMAYÁ répond, comme chaque année, à leur promesse d’une culture partagée avec sincérité, qui peut rassembler, émouvoir et faire danser, même quand le monde valse un peu trop.
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