Le Mage du Kremlin, un film d’Olivier Assayas
Au départ il y a le succès littéraire éponyme de Giuliano da Empoli, sorti en 2022. Olivier Assayas le dit lui-même, lorsqu’il lui est proposé de l’adapter pour le cinéma, il pense, dans un premier temps, que cette adaptation pose des problèmes insurmontables. Et il avait raison car, malgré l’aide du russophile Emmanuel Carrère sur le scénario, le résultat est consternant. Et tout d’abord il y a l’anglais en lieu et place du russe comme langue du film. Que l’on parle la langue de Shakespeare sur la planète Pandora n’est pas un vrai problème, vous en conviendrez, mais ici c’est quasiment rédhibitoire. Business oblige… Ensuite il y a un transparent Paul Dano dans le rôle du mage en question, ici Vadim Baranov, en réalité Vladislav Sourkov (né en 1964). A l’origine du concept de la démocratie souveraine et de la verticalité du pouvoir, c’est lui qui aurait porté Vladimir Poutine (né en 1952) au sommet du pouvoir. Encore faut-il être prudent sur ce genre d’affirmation…

Jude Law (Vladimir Poutine) et Paul Dano (Vadim Baranov) – Crédit : Curiosa Films
Le film est l’illustration d’une interview entre un personnage fictif et Vadim Baranov alors sorti du circuit. Cette fiction « artistique » couvre une trentaine d’années du pouvoir poutinien. Nous assistons ainsi à la Révolution orange, à l’annexion de la Crimée, au départ pathétique de Boris Eltsine…). Tout cela conté par le mage avec le piquant d’un annuaire du téléphone ! Les quelques furtives apparitions de Jude Law en Tsar mettent même mal à l’aise car son personnage est toujours à la manœuvre d’une guerre qui n’est pas près d’en finir.
Clairement, au bout d’un moment, l’ennuie s’installe. Et le film dure 2h13. Il ne nous révèle rien de particulier d’autant que les quelques oligarques présentés sont connus depuis longtemps pour leurs activités de mafieux milliardaires.
La violence qui règne dans les cercles de pouvoir en Russie aujourd’hui, pour s’avérer parfois plus radicale que par ailleurs, n’est pas non plus une nouveauté dans l’univers de la politique, un univers placé sous le signe de la domination.
Olivier Assayas nous a habitué à une autre tenue…

