Le premier concert de l’année 2026 pour la série des Arts Renaissants recevait l’ensemble vocal et instrumental Les Kapsber’girls. Ce 6 janvier, à l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines, ces quatre musiciennes et chanteuses d’exception présentaient leur programme imaginatif et original intitulé « Che fai tù ? » et construit autour de l’œuvre du compositeur Hieronymus Kapsberger. Cette brillante découverte a recueilli un véritable triomphe de la part d’un public curieux et comblé.

Les Kapsber’girls. De gauche à droite : Gabrielle Varbetian, soprano, Garance Boizot, viole de gambe, Albane Imbs, archiluth, Axelle Verner, mezzo-soprano – Photo Classictoulouse
Les Kapsber’girls, ce sont Gabrielle Varbetian, soprano, Axelle Verner, mezzo-soprano, Garance Boizot, viole de gambe, et Albane Imbs, archiluth, guitare baroque et direction que nous avons pu découvrir au sein du Concert de l’Hostel Dieu, le 16 décembre dernier. Leur nom se réfère donc à l’un des plus fameux compositeurs vénitiens du début du XVIIe siècle : Hieronymus Kapsberger (1580-1651).
Le concert s’ouvre sur la pièce emblématique de ce programme auquel elle a donné son nom : Che fai tù ? (Que fais-tu ?). Les Kapsber’girls gagnent l’une après l’autre le plateau de l’auditorium. On découvre alors les incroyables qualités musicale et vocales de cet ensemble étonnant dont la cohésion évoque celle d’un grand quatuor à cordes. La parfaite justesse, la sensibilité du jeu commun émanent d’une complicité de quatre personnalités attachantes particulièrement liées. Les deux chanteuses font tout simplement de la musique et les deux instrumentistes chantent toutes les pièces programmées avec émotion et ferveur. En outre, tout au long de la soirée, les musiciennes présentent les œuvres et leurs instruments avec pédagogie et humour.

Garance Boizot et Albane Imbs – Photo Classictoulouse
Le programme s’avère parfaitement élaboré sous la forme de sept groupes associant aux œuvres de Hieronymus Kapsbergerdes partitions proches de celles-ci. Ainsi, la première étape de ce voyage réunit la pièce populaire Lascivette pastorelle, de Kapsberger et une série de variations instrumentales (archiluth et viole de gambe) de Bernardo Pasquini ainsi que Tra le speranze e’l timore (Entre l’espoir et la crainte), de Barbara Strozzi, qui associe la belle voix de la mezzo-soprano Axelle Verner à l’archiluth d’Albane Imbs.
La succession des étapes musicales donne à chacune des Kapsber’girls l’occasion de briller dans de nouvelles combinaisons instrumentales et vocales. Ainsi, dans la Chiacona a basso solo de Giuseppe Colombi la viole de gambe déploie une impressionnante virtuosité. Dans L’onda che limpida de Kapsberger, la guitare baroque soutient la touchante expression vocale des deux chanteuses.

Garance Boizot, Albane Imbs et Axelle Verner – Photo Classictoulouse
La soprano, accompagnée par la basse obstinée de la viole et de la guitare baroque, exalte ensuite avec virtuosité l’air célèbre de Tarquinio Merula, Su la cetra amorosa.
C’est à la seule guitare de délivrer la ferveur instrumentale de quelques pièces de danse habilement rythmées de Domenico Pellegrini : Ricercata del primo Tuono, Alemanda seconda et Corrento detta la Grimalda. Cette séquence virtuose s’achève sur les Canarios de Santiago de Murcia.
La dernière étape musicale retrouve Hieronymus Kapsberger avec quelques mélodies touchantes, comme la berceuse Figlio dormi (Dors mon fils), subtilement chantée par Axelle Verner, puis O fronte serena (Ô front serein) et Spiega spiega (Lève la voile), par l’ensemble au complet. Après une pièce pour archiluth seul (Toccata settima), les Kapsber’girls concluent ce programme festif sur deux mélodies particulièrement joyeuses, Corrette pescatori (Courez, pêcheurs) et Sonino (Qu’ils jouent).

Les Kapsber’girls au,salut – Photo Classictoulouse
L’accueil chaleureux du public obtient un prolongement de ce voyage rêvé avec une dernière pièce de Kapsberger, All’ombra.
Oui vraiment, les Kapsber’girls ont illuminé ce début d’année !
Serge Chauzy
une chronique de ClassicToulouse


