Chaque mercredi, on rend hommage à un grand classique du cinéma. A voir ou à revoir.
Shining de Stanley Kubrick
Si Shining n’est pas l’un des meilleurs films de Stanley Kubrick, il est l’un des plus marquants car, à l’instar de Psychose d’Hitchcock ou de Rosemary’s Baby de Polanski, cette adaptation d’un roman de Stephen King est devenue un classique du film d’horreur. Jack Torrance, écrivain en mal d’inspiration, accepte un poste de gardien dans un grand hôtel perdu dans les montagnes du Colorado qui ferme ses portes durant l’hiver. Accompagné de sa femme et de leur jeune fils, Danny, la famille aménage donc dans ce vaste écrin propice à l’écriture et coupé du monde. Mais Danny, doté d’un don de voyance, sent que des présences habitent l’hôtel Overlook dont le précédent gardien massacra sa femme et leurs deux filles jumelles avant de se suicider…

Dès sa scène d’ouverture et les vues aériennes sur des paysages majestueux, Shining impressionne par sa puissance visuelle et l’un des enjeux de la mise en scène sera de cantonner l’action dans un quasi huis clos durant plus de deux heures. Le onzième long-métrage du cinéaste américain regorge de scènes ou d’images inoubliables : les déambulations du petit garçon sur son tricycle dans les couloirs de l’hôtel, les apparitions des jumelles, le torrent de sang, le jardin en forme de labyrinthe, Torrance tapant à la machine de façon obsessionnelle ou pourchassant les siens…
Beau et vide
Pour autant, et malgré la virtuosité des mouvements de caméra (en particulier ceux tournés au Steadicam), Shining est un objet creux, vide de tout propos. Juste l’histoire d’un homme qui bascule dans la folie. Le réalisateur de 2001, l’Odyssée de l’espace pouvait-il n’avoir signé qu’un simple exercice de style ? Pour nombre de ses admirateurs, non. Dès lors, des délires interprétatifs (voir à ce sujet le documentaire Room 237) tentèrent de conférer un contenu caché à Shining qui parlerait en réalité du génocide des Amérindiens, de la Shoah ou du programme Apollo 11…

Reste évidemment la composition de Jack Nicholson que l’on trouvera au choix ou en même temps : géniale, grotesque, emphatique, pénible… Souvent à la frontière du cabotinage dans nombre de ses compositions, l’interprète de Vol au-dessus d’un nid de coucou ne se départira pas toujours par la suite des tics et des grimaces usités dans Shining au point de s’autoparodier.
LES FILMS QU’IL FAUT AVOIR VUS


















































































































































































































