La Cinémathèque de Toulouse rouvrira ses portes le 10 avril, dotée d’une 3e salle et entièrement rénovée. Avant de renouer avec le 69, rue du Taur, les spectateurs sont invités à se rendre au Pathé Wilson pour deux dernières programmations hors les murs consacrées à François Truffaut puis à Akira Kurosawa et à d’autres films de leur « galaxie » artistique.

Jean-Pierre Léaud dans « Les quatre cents coups ». Photo Cinémathèque de Toulouse
François Truffaut avait fait l’objet d’une large rétrospective, en 2019, à la Cinémathèque de Toulouse. Du 6 janvier au 5 février, on le retrouvera avec trois œuvres majeures, complétées par une « galaxie »de films « amis », qui ont nourri son admiration ou qui se placent dans le droit fil – romanesque et parfois exalté – de son œuvre. L’ouverture de la programmation se fera avec « Jules et Jim » (1962), adaptation d’un roman de Henri-Pierre Roché publié 9 ans plus tôt. Soit un trio amoureux qui, dans les années 1900, se cherche, se trouve et se perd dans une ambiance de comédie tragique. Captivante, troublante, merveilleuse, Jeanne Moreau embarque Oskar Werner et Henri Serre dans un magistral « Tourbillon de la vie » – titre bien connu de la chanson du film, signée Serge Rezvani. A ce drame seront associés trois autres histoires de ménages à trois très dissemblables : la comédie « Sérénade à trois », d’Ernst Lubitsch (1933), la longue traversée du désir selon « La maman et la putain », de Jean Eustache (1973) et le marginal « Wild Side », de Sébastien Lifshitz (2004). Plus « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain », de Jean-Pierre Jeunet (2001) puisque la demoiselle en question est fana de « Jules et Jim ».
Bergman, période sensuelle
Coup d’éclat, coup de cœur, coup de foudre, « Les quatre cents coups » (1959), décalage bouleversant de la jeunesse de Truffaut, sera complété par le très sensuel « Monika », d’Ingmar Bergman (1953), le jazzy « Petit fugitif » new yorkais du trio Engel, Orkin et Ashley (1953), le rugueux et percutant « L’enfance nue », de Maurice Pialat (1968) et l’admirable « Esprit de la ruche », de Victor Erice (1973).

« Ran », d’Akira Kurosawa.
Quant à « Tirez sur le pianiste » (1960), comédie sur fond de film noir adaptée d’un roman de David Goodis, elle montre à quel point François Truffaut s’est nourri de cinéma américain, notamment celui, revendiqué par le metteur en scène, de Nicholas Ray et Samuel Fuller. Et combien Charles Aznavour était un grand comédien, à l’attachante fragilité. En bonus seront projetés « Les passagers de la nuit », de Delmer Daves (1947), autre adaptation de David Goodis, « Johnny guitare », de Nick Ray (1953), western féminin, « La tête contre les murs », de Georges Franju (1958), avec déjà Aznavour, et « Chungking Express » de Wong Kar-Wai (1994).
Kurosawa, de bruit et de fureur
Le même principe (trois chef-d ‘œuvres associés, chacun, à quatre autres films) sera appliqué à Akira Kurosawa du 7 février au 15 mars, avec en tête de gondole « Rashomon » (1950), théâtre d’une vérité à géométrie variable et deux grandes fresques épiques : « Les sept samouraïs » (1954) et « Ran » (1985).
« Galaxie Truffaut » (du 6 janvier au 5 février) et « Galaxie Kurosawa » (du 7 février au 15 mars) avec la Cinémathèque de Toulouse au Pathé Wilson.

