François Damiens incarne un flic « à l’ancienne » et Audrey Lamy une inspectrice en apparence coincée dans « Police flash 80 », comédie burlesque régressive sur une équipe de bras cassés confrontés à un trafic de drogue. Souvent hilarant.

Audrey Lamy, François Damiens et Thomas Ngijol. Photo Julien Panié
Si vous regardez la bande annonce, vous avez compris l’idée : « Police flash 80 » s’amuse avec les clichés du genre et le fossé entre l’humour pas toujours léger des années 1980 et les « interdits » censés frapper aujourd’hui la grosse rigolade d’antan. Vous y avez aussi découvert quelques-uns des gags les plus drôles du film de Jean-Baptiste Saurel, montés sur « Les démons de minuit », tube décidemment inusable des Toulousains du groupe Image. Le long-métrage tient-il toutes les promesses de sa présentation choc ? En grande partie, oui.
Damiens et Lamy, duo explosif
Rien que pour François Damiens, gros poulet pataud à la fois lourdaud et attachant, le film vaut le coup. Idem pour la prestation d’Audrey Lamy, policière fringuée comme une bourgeoise chargée d’enquêter sur un trafic de drogue en compagnie de son collègue macho et de deux jeunots, l’un geek avant l’heure (Brahim Bouhiel en bizut maladroit) et l’autre adepte du travestissement (Xavier Lacaille, très marrant). Leur chef (le toujours azimuté Philippe Rebbot) a choisi cette équipe, « la plus nulle du commissariat », pour mener à bien (ou plutôt pour complètement foirer) une enquête qui s’annonce mouvementée. « Police flash 80 » a été coécrit par Thomas Ngijol (qui interprète le rôle d’un animateur de MJC suspect) en pensant fortement à la série des « Police Academy » américains de la même époque. Outre les gags, qui font souvent leur effet, il s’est attaché à créer des personnalités plus subtiles qu’il n’y paraît et des situations qui vont au-delà d’une intrigue cousue de fil blanc – et dont on se fiche éperdument.
Sardou l’idole
Malgré quelques inévitables baisses de régime, le film fonctionne à plein tube. Et ne nous prive pas du plaisir – un brin régressif – de réécouter « Nuit sauvage » (Les Avions), « Cargo de nuit » (Axel Bauer), « Etienne, Etienne » (Guesch Patti) ou « Paris latino » (Bandolero). Quant à Michel Sardou, idole évidente de notre policier bas du casque – mais très sympa quand même, répétons-le – il est cité en majesté avec une version inédite des « Lacs du Connemara », source d’un gag qu’on ne vous révélera pas. A noter deux bonus d’avant séance à cette évocation décalée des années 1980 : un générique Médiavision-Jean Mineur avec pub pour la Peugeot 205 et une pub Pathé chantant les louanges de son 3615 sur Minitel. Toute une époque…
« Police flash 80 », de Jean-Baptiste Saurel. Actuellement au cinéma.

