L’improvisation prend ses quartiers au The Petit London. Un jeudi sur deux, le sous-sol du bar se transforme en scène ouverte. Les jams donnent un nouveau souffle à certains musiciens et poussent les curseurs jusqu’au bout de la nuit.
Il suffit de descendre quelques marches pour que tout commence. Habituellement simple sous-sol où l’on vient boire un verre et se poser, l’espace du The Petit London se métamorphose en une scène à part entière avec le Jam en Cave. Les murs colorés enferment la chaleur, le public s’agglutine, à peine à 50 centimètres des musiciens. Une proximité presque troublante, qui rappelle les bars de jazz parisiens. Un groupe lance la soirée avec un set de 20 à 25 minutes, histoire de donner le ton. Puis les instruments changent de main, et place au jam.

Session jam au The Petit London ©Mila Lartigue
“Un jam c’est une scène ouverte avec des instruments à disposition pour que les gens puissent venir et s’exprimer sur des choses musicalement tous ensemble en improvisation ” résume Maxime. Jazz, soul, funk, drill… La fête et l’improvisation s’étirent jusqu’à minuit portée par une euphorie collective, avec une rotation impressionnante. Jusqu’à 60 personnes lors de la dernière jam. Ici, chanteurs, rappeurs, musiciens ou curieux de passage se relaient, soutenus par un public qui participe pleinement. “J’ai vu des personnes essayer des choses complètement folles et se sentir libérées”, confie-t-il.
Le nouveau rendez-vous du quartier
Derrière ces soirées, une dynamique simple, celle d’un lieu et de ses habitués. Institution du quartier depuis plus de 30 ans, le The Petit London a été repris il y a un an et demi par Marion. En discutant des événements capables de faire vivre le bar, une idée refait surface. “À l’époque Maxime organisait des jams à la fac et il nous a dit qu’il pourrait en organiser ici aussi. C’est lui qui s’occupe du matériel et d’animer”, raconte-t-elle.
Habitué du lieu, habitant du quartier et passé par la fac de musicologie, Maxime relance alors le concept. Depuis plus d’un an, les jams s’installent durablement dans le quotidien du bar. “Un jam ça sert à rallier du monde, permettre à des gens de venir s’exprimer sur scène alors qu’ils ne l’ont peut-être jamais fait avant”, explique Maxime.

Marion et Maxime sont prêts à recevoir les musiciens ©Mila Lartigue
Des instruments qui reprennent vie
Deux micros, une batterie, une basse avec ampli, une guitare et son ampli, un clavier, une table de mixage : tout est prêt. Les musiciens soufflants, notamment les saxophonistes, arrivent avec leurs propres instruments. Le reste est là, accessible, prêt à être apprivoisé. “Il y a des instruments qui dorment un petit peu trop longtemps dans des placards”, sourit Maxime. Ici, ils retrouvent une utilité, une voix, un public. Tous les âges se mélangent, les niveaux aussi. “On encourage tout le monde à venir. Les vrais musiciens s’adaptent aussi avec ce qu’ils jouent”. Dans ce sous-sol devenu point de ralliement, à quelques centimètres seulement des artistes, tout le monde retient l’instant partagé. Une scène ouverte où chaque jeudi sur deux à 20 heures, la musique se joue au présent.
The Petit London
7 rue Pierre-Paul Riquet • Toulouse

