Changer la donne : une série où l’humain s’empare de son quotidien.
A la chance de ses rencontres, Eva Kristina Mindszenti nous propose les interviews d’individus qui, sans vacarme ni tumulte, ont décidé de donner corps à leurs idéaux. Qu’ils agissent dans la culture, la santé ou qu’ils œuvrent pour la dignité animale, ils racontent pourquoi, et comment, ils ont un jour décidé de changer la donne.
Troisième rencontre : Florence et Hélène, fondatrices de l’association de défense animale Animô 31, nous expliquent pourquoi la dignité des plus vulnérables et le devoir de justice sont la responsabilité de tous.

Hélène et Florence / Association Animô 31
Vous avez fondé l’association de défense animale Animô 31. Quel cheminement vous a menées jusqu’à ce point précis ?
Florence : Mon engagement pour la protection animale ne s’est pas imposé d’un coup, mais construit progressivement, à la croisée de mon parcours personnel et de mes convictions profondes.
J’ai toujours été entourée d’animaux, et je suis devenue très tôt militante pour le droit des animaux au sein de l’association Animal Amnesty. J’ai été frappée par l’écart immense entre la place affective qu’ils occupent dans nos vies et la manière dont ils peuvent être traités par la société. J’ai longtemps travaillé dans des domaines éloignés du milieu associatif. Mais au fil des années, les rencontres avec des animaux abandonnés, négligés ou maltraités ont fini par rendre l’engagement incontournable.
La création d’Animo 31 est née de cette nécessité : agir de façon structurée, locale, et durable. Ce n’est pas une vocation héroïque, mais une réponse pragmatique à une réalité trop souvent invisible. C’est un devoir de justice.
Hélène : De mon côté, je suis depuis ma plus tendre enfance entourée d’animaux, notamment des animaux de la ferme (moutons, cochons, chevaux, poules, …). J’ai toujours senti une connexion avec eux et ce devoir de leur apporter mon soutien.
Ceci m’a d’abord poussé vers mon métier actuel de vétérinaire, mais j’ai très rapidement senti que je pouvais et devais faire plus. C’est ma rencontre avec Florence et deux chatons très mal en point, que j’ai pris en tant que famille d’accueil puis adoptés, qui m’a plongée dans la vie associative. Depuis l’arrivée de Minus et Cortex dans ma vie, je me suis pleinement engagée dans la protection animale, et particulièrement avec Animô 31.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste concrètement votre action ?
Animô 31 intervient principalement sur des situations de maltraitance, de négligence ou d’abandon d’animaux domestiques. Concrètement, cela signifie des signalements, des enquêtes de terrain, des échanges avec les autorités compétentes, mais aussi beaucoup de médiation.
Nous accompagnons les animaux vers des soins vétérinaires lorsque c’est nécessaire, vers des familles d’accueil, puis vers l’adoption responsable. Notre action repose sur un réseau de bénévoles, de partenaires vétérinaires, dont Hélène et la Clinique des Acacias, qui est un soutien incommensurable Mais notre travail ne se limite pas à l’urgence. Nous faisons aussi de la prévention, de la sensibilisation, et un important travail pédagogique autour de la responsabilité que représente l’adoption d’un animal

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Que doit absolument savoir une personne qui souhaite adopter un animal ? Quelle est l’erreur la plus fréquente ?
Adopter un animal n’est pas un acte affectif isolé, c’est un engagement sur le long terme. Il faut prendre en compte le temps, le coût financier, les contraintes de santé, de logement, de vacances, et l’évolution de sa propre vie.
L’erreur la plus fréquente reste l’adoption impulsive : choisir un animal pour de mauvaises raisons (l’esthétique, l’émotion du moment, la pression d’un enfant ) sans mesurer ce que cela implique au quotidien. Beaucoup d’abandons pourraient être évités par une réflexion préalable honnête.
Un animal n’est ni un remède à un manque, ni un objet de projection : c’est un être sensible, avec ses besoins, son histoire et son rythme.
La dignité animale est une question de dignité sociétale. Comment peut-on signaler une maltraitance ?
Toute personne peut, et doit, signaler une situation de maltraitance animale.
Cela peut se faire auprès des forces de l’ordre, des services vétérinaires, ou d’associations comme la nôtre, qui peuvent orienter et accompagner la démarche. Il est important de documenter les faits (photos, témoignages, dates), sans jamais se mettre en danger ni agir seul.
Le silence et l’indifférence sont les meilleurs alliés de la maltraitance. La façon dont une société traite les plus vulnérables, humains ou non humains, dit beaucoup de ses valeurs fondamentales.
Comment peut-on vous aider ? Que peut-on vous souhaiter ?
On peut nous aider de multiples façons : en devenant bénévole lors des collectes ou événements, en devenant famille d’accueil, en soutenant financièrement l’association, ou simplement en relayant nos messages et en parlant de la cause animale autour de soi.
Ce que l’on peut nous souhaiter, c’est de devenir un jour inutiles. En attendant, souhaitons-nous de continuer à agir, malgré la fatigue émotionnelle immense que ce travail implique.
Site internet : www.associationanimo31.fr
Contacts : Tél : 06 52 03 81 80
Mail : asso.animo31@gmail.com
Clinique Vétérinaire des Acacias
42 avenue Lucien Servanty
31700 Blagnac
Tél : 05 61 71 24 02

