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« L’exercice de l’Etat », un film de Pierre Schoeller

08 Nov Publié par dans Cinéma | 1 commentaire

Au cœur de la pratique étatique

Ce n’est pas que les films traitant de sujets politiques manquent à l’affiche, le dernier opus de Xavier Durringer (La Conquête), et bien d’autres illustrent parfaitement ce thème. Mais le film de Pierre Schoeller a quelque chose de plus. Outre que nous sommes devant un vrai, beau et grand produit cinématographique, le réalisateur de Versailles (2008) nous propose une plongée en apnée dans le fonctionnement de l’Etat à son plus haut niveau : Elysée, Matignon, Ministères. Pour cela, il nous met dans la trace du Ministre des Transports (Olivier Gourmet superlatif, mais qui en aurait douté ?). La séquence liminaire donne le rythme. En pleine nuit, il est tenu au courant d’un terrible accident. Nous sommes en hiver, en pleine montagne un bus est tombé dans un ravin, plusieurs enfants sont morts. Il est hors de question que l’Etat ne soit pas présent. Démarre alors une course contre la montre (voiture, hélico) afin de rassurer, si tant est, la population, les familles. L’Etat fait son devoir et prend ses responsabilités. Les mots de circonstances, mille fois répétés en toutes occasions, sont servis aux rescapés. Retour à la maison. Mission accomplie. Commencent alors les réunions avec les collaborateurs, dont le DirCab, pièce maîtresse de tout ministère. C’est ici Michel Blanc, toujours aussi juste et épatant. Il s’agit de désamorcer une bombe : la privatisation des gares SNCF. De son vivant, martèle le Ministre, jamais cela ne se fera. Ce que s’empresse de contredire à la tv son collègue du Budget dans les heures qui suivent. Bonjour la discipline gouvernementale ! Et ce n’est qu’un début… A vrai dire, et malgré quelques longueurs et inutilités, ce film se suit comme un thriller. Ni de gauche, ni de droite, il met à nu l’exercice, au sens étymologique, de l’Etat. Comment ce monstre dont tout le monde se méfie aujourd’hui, fonctionne-t-il ? Quels sont ses ressorts ? Les réponses font froid dans le dos, même si elles ne nous étonnent guère…

Robert Pénavayre

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Un commentaire

  • Vous insistez à juste titre sur le rôle « compassionnel » de l’Etat qui apparaît à plusieurs reprises (l’accident de car, mais aussi l’enterrement d’une personne décédée dans l’exercice de ses fonctions…). A l’inverse, un homme politique accidenté peut également bénéficier au regard de l’opinion d’un « capital de sympathie »… et en jouer! Un très bon film de décryptage de la « technique » politiques.
    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez Dasola


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